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| >ou l'art de faire admettre presque n'importe quoi à force d'occulter
tout le reste |
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Curieuse civilisation que nous sommes devenue à l'aube
de ce XXIe siècle, toujours préoccupée et affairée.
Autour de nous, la multiplication de besoins artificiels, nous fait courir dans toutes les directions, laissant
filer au passage quelques valeurs fondamentales dont nous aurons sans doute bientôt à nouveau cruellement
besoin. Ces nouveaux besoins semblent provenir de nulle part. Pourtant ils s'accumulent et enveniment nos vies
lorsqu'ils viennent à nous manquer.
Nos réflexes deviennent conditionnés, nos pensées souvent canalisées. Ce qui a peut-être
changé durant les vingt dernières années, c'est qu'à présent, à force
d'exagérations nous nous en rendons de plus en plus compte. Vous-même l'aviez sans doute compris depuis
fort longtemps, dans ce cas veuillez excusez ma naïveté.
Dans ce siècle, marqué par la communication, c'est justement la désinformation qui semble
être un des vecteurs de la manipulation. En disant cela, j'ai l'impression de ressembler un peu à
une certaine Arlette. Mais avez-vous la conviction que j'ai vraiment tort ?
La manipulation, c'est justement lorsqu'on commence à en prendre conscience, qu'elle devient la plus insupportable.
Sans sombrer dans l'extrême où elle serait, de manière obscure à l'origine de toutes
nos attitudes, elle a tout de même pris sacrément pignon-sur-rue dans nos existences. Elle se retrouve
à toutes les échelles de notre société, du sourire exagéré de la poissonnière
pour vous "fourguer" son poisson vieux de trois jours pêché entre deux nappes de pétrole,
au discours posé des politiciens nous démontrant la formidable vraie-fausse régression de
l'exclusion sociale. L'actualité est truffée d'affirmations portées par tel ou tel PdG, déclarant
avec assurance que sa société est toute blanche en pleine marée noire (d'ailleurs dans son
numéro de novembre 1999, le magasine météo.fr avait bien édité un magnifique
reportage mettant en avant la prévention et les imparables moyens d'intervention en cas de catastrophe dont
s'était paré la sus-non-cité société).
Que ce soit la publicité, ou la mode, que ce soit nos dirigeants ou les religions, tous ont recours à
la manipulation. Le problème est qu'aujourd'hui rares sont ceux qui s'y laissent encore prendre. Alors à
quoi cela peut-il encore servir ? Cela est même devenu franchement plus ridicule qu'efficace pour le "manipulateur".
Lorsqu'elle est sue, la manipulation peut pourtant comporter des aspects très distrayants. De tout temps,
il a été amusant d'aller voir un magicien extraire quelque pigeon de sa coiffe, comme sorti de nulle
part. A l'observer de plus près, le pigeon ne semblait pas vraiment savoir ce qu'il faisait là ni
comment il y était seulement parvenu, mais le geste était beau... Aujourd'hui peut-on penser qu'on
a déjà en partie réussi à nous faire prendre la place de ce volatile ?
La manipulation est devenue une maladie, une fièvre, un fléau. Il nous reste heureusement notre jugement
pour accréditer telle ou telle information qu'on nous distille. Nous jugeons du monde à partir de
nos perceptions. Et il en est qui sont passés maître dans l'art de les altérer.
Sans citer Descartes pour qui "les sens sont autant de causes d’erreurs à travers lesquelles il y a
cependant un acte positif de connaissance qui rencontre la réalité". "Il faut dépouiller
toutes nos perceptions pour saisir par l’intelligence seule, la nature réelle ou vraie de l’objet".
"Nos perceptions ne comportent en soi aucune certitude sur la réalité de cet objet"."
Il y a un acte de la faculté de juger qui affirme la réalité de la perception". En somme,
la perception est une hallucination qui sera peut-être interprétée pour vraie selon notre jugement.
Les états affectifs influent éminemment sur la perception. Des thèmes à fort contenu
affectif la troublent Ainsi que les croyances, les sentiments, les passions. Comme l'affirmait Victor Hugo, "Chose
inouïe, c’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors" .
Même si parfois nous aimons nous laisser porter par l'illusion d'une fausse réalité, c'est
les pieds "lestés" et bien sur terre, qu'il faut aborder ce qu'on nous dit.
Manipuler est le contraire de s’adapter. Manipuler c’est agir sans considération pour les objectifs des
autres. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que nous trouvons notre société si mal adaptée
parfois?
La manipulation, comme le secret, est aussi une forme de pouvoir. Les gens qui disposent d’un peu de pouvoir semblent
avoir besoin de l’utiliser. Un exemple en est la censure, qu'elle soit morale, sociale, politique ou religieuse.
Dans l'histoire, les exemples sont nombreux. Qui n'a jamais rêvé de pouvoir un jour flâner dans
les bibliothèques du Vatican ? Déjà en 1564, suite au concile de trente, est publié
"l’index librorum prohibiturum", le catalogue des livres interdits dont la possession ou la seule lecture
entraînait l’excommunication. Combien d'hommes de sciences se sont vu censurés, parfois au péril
de leur vie, car leurs découvertes pouvaient menacer des pouvoirs bien établis (Copernic en est un
bel exemple).
A présent la censure ne fait plus que renforcer l’attrait et amplifier les produits qu’elle veut étouffer.
Alors au nom de quoi, quelqu'un de pareil à vous peut-il juger de ce que vous avez le droit de savoir ou
non, de ce que vous devez penser, ou devriez faire ? D'ailleurs ce n'est pas en ayant accès à des
informations plus complètes, plus justes, fussent elles subversives que l'on devient forcément décadent.
Personnellement je ne me suis pas senti pousser des instincts cannibales après avoir lu "le silence
des agneaux" pas plus que les gens n'ont changé leur comportement sexuel après avoir vu "Jules
et Jim".
Les nouveaux "seigneurs" d'aujourd'hui s'appellent politiciens, hauts fonctionnaires d'état, présidents
de conseils ou de directoires. Ils mènent leur guerre avec des armes nouvelles en justifiant leurs gestes
par la défense des acquis moraux ou sociaux et par la peur d’une éventuelle décadence.
Leurs serfs forment une population en forte croissance. Surtout lorsque l'on sai,t que plus de la moitié
de la population terrestre vit au-dessous du seuil de pauvreté (du moins c'est ce que les statistiques disent).
Ces nouveaux serfs s'appellent exclus, bénéficiaires du RMI ou employés au SMIC. Ils ont un
point commun: la grande majorité ne croit plus rien de ce qui émane de leurs "seigneurs".
Ces seigneurs jouent volontiers à l'intoxication délibérée de l'opinion publique, noyée
dans un surplus d'informations inutiles et souvent fausses. On nous bombarde de nouvelles sans importance qui occultent
les vrais problèmes. Rarement, certaines vérités viennent à émerger, dès
lors qu'il n'était plus possible de les cacher, sans devenir (trop) responsable ou paraître franchement
coupable (complice).
En fait, je pense que si on ne peut pas s’empêcher d’influencer les autres, on peut au moins choisir de les
influencer dans un sens positif. A nous de rester lucide et critique à l'égard de ce qui nous est
transmis, répété, inculqué. Quant à ces quelques lignes, je vous laisse seul
juge du propos. J'ai pour moi la certitude que tout ce que j'ai pu écrire, ne couvrira aucune plage d'un
voile noir et n'empêchera pas le soleil de se lever demain...
Pierre Naville : La psychologie du comportement
Genie Laborde : Influencer avec intégrité (la programmation neurolinguistique dans l’entreprise)
Catherine Cudicio : Maîtriser l’art de la PNL (programmation neurolinguistique)
Edward T. Hall : Le langage silencieux |
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