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| >Manipulation et démocratie |
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Depuis Platon, nous le savons : en démocratie, le pire
est toujours certain. Le régime politique, au sein duquel tous peuvent s’exprimer librement, favorise l’émergence
d’un discours de la séduction qui prend immanquablement (irrémédiablement ?) le pas sur le
discours du sens...
Ainsi pour exemple un récent discours électoraliste sur la « fracture sociale »,
qui s’en revient sur les ondes, à l’approche des échéances électorales à venir...
C’est bien le peuple qui veut être mené en bateau, en ce qu’il revendique le droit à la parole,
au nom de la liberté et de l’égalité (tiens, où est passée la fraternité
?) Principes purement incantatoires comme nous savons...
Toujours, le peuple préférera le discours hâbleur du bonimenteur, le miroir tendu du marchand
de chimères à la parole du sage. Toujours, il préférera le chant des sirènes
au chant du cygne. La parole folle à la parole juste... Voilà pourquoi Platon préferait la
République à la Démocratie... Voilà pourquoi la manipulation est consubstantielle à
la démocratie.
Séduire, toujours séduire. C’est depuis l’avènement de la démocratie, l’impératif
catégorique de cette classe de « présumés innocents », qui joue au peuple
maintenu sous l’étouffoir fiscal, la sempiternelle comédie, qui jette le pays tout entier dans l’aventure
individuelle d’un démagogue et de sa basse-cour - c’est-à-dire, toujours, dans un naufrage annoncé...
Séduire pour dominer, exploiter. C’est la comédie qui se joue tous les jours dans les palais de l’Etat
de droit, et dans les petites lucarnes de notre démocratie cathodique. Cela aux dépens des taxés
en tout genre qui s’échinent en pure perte pour la défense des avantages indus et la tricherie proliférante...
Le discours du bonimenteur, véhiculé par la petite lucarne, substitue la logique de l’émotivité
bon marché à la logique du sens - et confisque au citoyen, et la parole, et son bon sens. Si, étymologiquement
la politique est l’affaire de tous, elle est devenue une "classe affaires" pour faire voyager en première
classe -dans le train de vie de l’Etat-, une caste de nomenklaturistes qui ont fait l’affaire de leur vie : arriver
au Pouvoir.
La politique n’est rien d’autre qu’une lutte pour arriver au pouvoir. Pas pour rendre le pouvoir au peuple. De
cette affaire-là, le citoyen est exclu comme de la première classe du train de vie de l’Etat. |
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