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| >Première manipulation : "Vous n'êtes pas sans savoir..." |
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Et pourtant je ne sais pas... Mais comment manifester ma coupable
ignorance, devant toute l'assemblée, sans passer pour un jocrisse ? Déjà le rouge me monte
au visage : la honte. Je vais donc me taire et faire semblant de savoir, comme d'ailleurs tout le monde dans la
salle. J'ai été manipulé, et cela ne me plaît guère. Au point que je me demande
si finalement je n'étais pas quand même au courant. J'avais su un jour, mais j'ai oublié. L'orateur
a raison, c'est évident, et je ne suis pas un imbécile. |
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| >Deuxième manipulation : "Tu accoucheras sans douleur" |
De nos jours, les femmes apprennent à accoucher dans
des "cours d'accouchement sans douleur". On se demande d'ailleurs, comment leurs grands-mères
et arrière grands-mères ont pu mettre au monde leur progéniture dans l'ignorance de la "respiration
du petit chien"... Mais elles souffraient le martyre ! Aujourd'hui les femmes accouchent, grâce à
ces techniques, le sourire aux lèvres. Le Docteur en blouse blanche et la sage-femme bienveillante leur
ont tout expliqué. Accoucher est un acte naturel. Il ne peut être douloureux. Mais alors, qu'est-ce-qui
fait hurler les parturientes ? La peur, la panique, l'ignorance, le refus.
La peur : on va la guérir en expliquant en détail ce qui va se passer.
Le refus : voilà le vrai problème, la source de toute la douleur. Quand la femme n'est pas psychologiquement
prête à être mère, quand (inconsciemment, bien sûr, car le discours conscient est
dicté par les normes sociales) elle rejette sa maternité, son enfant qu'elle n'accepte pas, alors
elle connaîtra la souffrance de l'accouchement.
La bonne mère accouche sereinement, dans un grand moment de bonheur. La mauvaise mère hurle et pousse
à contre-temps, malgré les conseils, puis les injonctions de l'équipe médicale.
Fin de la leçon. Le Docteur et la sage-femme prennent congé. Mesdames, vous voilà averties
: c'est à votre comportement au moment crucial que l'on vous jugera. Vous ne voudrez pas donner une image
de mauvaise mère, et le silence régnera dans la salle d'accouchement. |
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| >Troisième manipulation : Quand la douleur devient souffrance |
| La douleur n'est pas mesurable. Elle est subjective : pour l'entourage
et pour le praticien, elle ne s'exprime que par la parole du malade. Et avec une affection similaire, deux personnes
n'exprimeront jamais la même douleur. La même cause ne produit pas le même effet. La tentation
est alors grande d'opérer un glissement sémantique : vous n'avez pas mal, mais vous souffrez, vous
êtes en souffrance. La douleur n'est que le signal d'alarme que votre corps transmet à votre cerveau.
La souffrance est ce que vous faites de ce signal, en fonction de votre vécu, des blessures morales mal
cicatrisées de votre petite enfance. Une (psycho)thérapie s'impose. Au bout de six mois vous vous
plaignez toujours ? "Mais c'est que vous résistez à la thérapie, vous n'arriverez jamais
à la cheville de la Psychanalyse !" (citation) |
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| > Les lecteurs ont la parole_! |
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