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| >"La puissance de l'art s'affirme dans la rupture des tabous."
François Mauriac |
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L'information circule, ça ne fait nul doute. C'est même
son but avoué. Depuis 1360, informer signifie: "l'action de mettre au courant des événements,
tenir au courant". Mais, au départ, (1190), informare consistait à "donner une forme".
Le terme informatique, qui lui, n'est apparu qu'en 1962 (et pour cause!), était directement issu du mot
information. Il comprend: "l'ensemble des disciplines et des techniques concourant au traitement automatique
et rationnel de l'information, support des connaissances de l'homme, aux fins de leur conservation dans le temps
et de leur communication dans l'espace", d'après le "Lexis" de Larousse (ed.1979). Autant
préciser, pour l'anecdote, que cette édition ne comprenait pas encore la définition du mot
Internet.
Du point de vue de l'ethnologie, le tabou est un interdit à caractère religieux. Il joue un rôle
protecteur.
Et comme chacun sait depuis André Malraux : "la religion est l'opium du peuple"...
Et Dieu sait, s'il s'y connaissait en la matière!
Le tabou s'emploi également à propos d'une personne marquée d'un caractère sacré...ou
sulfureux.
Mais on nomme également taboue, une chose qu'on ne peut modifier, auquel on ne peut toucher.
Dans tout ce fatras, quid de la circulation de l'information, me direz-vous?
Et bien nous y voilà.
Si l'on synthétise toutes ses explications, qu'on en fait un "digest", ou qu'on analyse l'évolution
de l'utilisation du mot, on s'aperçoit que le tabou est le fondement même d'une société.
Qu'il fait partie intégrante, et même, qu'il donne la direction de son organisation.
Le tabou agit presque comme un totem. Il symbolise notre appartenance à un groupe, à une culture.
Il engendre des rites, religieux ou tribaux.
Toute vérité n'est pas bonne à dire, dit-on (cf; notre dossier sur le Secret.) Mais qui
choisit ce qui doit être montré et ce qui ne le doit pas?
Si on prend l'exemple des lois sur la vie privée, on se rend compte qu'elles changent d'un pays à
l'autre.
Qu'est-on en droit de savoir?
Quel est le seuil de tolérance de la vérité?
Qui détient l'information?
Qui la véhicule?
Qui la régule?
Qui maîtrise quoi?
Où se trouve l'intérêt (les intérêts) des uns et des autres?
Où commence la protection, et où fini l'abus de pouvoir?
Qu'est-ce que la Vérité, demande le philosophe?
"Le Bon, le Beau et le Vrai" disait Platon.
Dans ces trois préceptes, où est le lieu du tabou?
Dans le non-dit, ou dans le mensonge?
Le Vrai, serait ce qui est beau et bon...
Mais les crimes, les guerres, les manipulations en tous genres, où se situent-elles?
Le seul tabou universel, d'après Claude Levi-Strauss est le tabou de l'inceste.
Pourtant certaines civilisations, de rois auraient pratiqué l'inceste, afin de conserver des gènes et
un patrimoine, qu'elles ne voulaient pas partager.
On peut envisager l'information, comme un partage de la connaissance. Pourtant, l'information marchande se situe
plutôt du côté de "la forme" qu'on lui donne, telle une pâte que l'on modèle,
en fonction d'un "audimat". On informe sur ce que les gens veulent savoir.
Selon une bonne vieille méthode de vente, qui consiste à dire à l'acheteur ce qu'il a envie
d'entendre.
D'un autre côté, on ne peut violer celui, qui par choix préfère vivre dans l'ignorance.
Car trop d'information peut tuer le message... le médium...ou le média. (Gare à une mauvaise
utilisation de l'internet.)
Malgré toutes ses mises en garde, être informé c'est tout de même pouvoir choisir.
Toute la problématique actuelle autour de l'éducation et de l'enseignement, repose sur la circulation de l'information.
Il y a de la friture sur la ligne.
Les autoroutes de l'information ont à prendre en compte leur responsabilité, et l'importance des
balises à mettre en place. Si l'on veut aller vers un vrai monde de communication,
et non pas vers un brouillage total des ondes...(ce qui rappelle une époque
pas très nette de notre histoire.) |
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