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| >Dialogue... |
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"Fernand arrête toi , ben quoi, merde ! "
- On va au Fanny's ?
- Yes boy on y va, j'y ai vu la femme de ma vie .
Bébert : « Laquelle ? » (On écrira B pour Bébert et F pour Fernand).
« Tu sais la brune mince qui sourit tout le temps.
- Je vois pas.
- Bon on y va !
- Qu ‘est-ce qu'elle fait ?
- Elle est étudiante en lettres.
- Et c'est toi qui lui botte ?
- Pourquoi pas ? »
Bébert : « Non rien… »
Vingt minutes plus tard.
« Eh tu vois ce type Corinne, il me dévore des yeux et il n'ose pas me parler. »
Mariette (l'amie de Corinne) : « Tu aimes ça ?
- Non mais ça me change de ces petits c…qui me draguent avec des platitudes qu'ils croient originales.
Et puis il n'y en a que pour moi ! »
- Ma pauvre Mariette t'es pas normale c'est un prolo.
- Et alors …
- Et il n'est même pas beau.
-Tais-toi il arrive !
- Dites mesdemoiselles, on peut s'asseoir ?
- Oui bien sûr!
Un ange passe ! !
" Vous venez souvent ici? "
- Non, on est en vacances de neige ! Vous voyez pas nos skis près du bar ? » Elles pouffent (on est
en juin dans une grande ville de l'Est).
« Vous trouvez pas qu'il fait chaud ? » etc … etc…
(B et F) « Nous on est peintres.
- A bon j'aurais pas cru »
Quelques bières et limonades plus tard , Fernand et Mariette sont presque copains, Corinne et Bébert
se supportent.
Le café-bar se rempli . C'est l'apéro du soir. Enfin voilà René ou du moins celui qui
appelle son chien René (avec beaucoup d'affection d'ailleurs). Il tape dans le dos de Fernand :
« Salut Fernand, alors toujours aussi dragueur ! »
Puis « René » se met à faire corps avec le métal du bar, visiblement heureux des
plaisanteries sur son chien, curieux croisement entre un dalmatien et un animal mystérieux. Les commentaires
vont bon train.
« Y ressemble à une araignée !
-Tu le suis quand il t'appelle ? » etc, « René » est ravi.
« Hein René que t ‘es moins c… qu'eux » etc. |
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| >Quelques jours plus tard... |
« Tu te rends compte Bébert , on a un rencard !
- T'emballe pas Fernand, avec les nans on ne sait jamais ! »
A 7h devant le Fanny's…
« Ah les voilà… !
- Dis tu vois Bébert comme elle est belle Mariette !
- Hummpf ! » Fait Bébert.
« Salut les play-boys ! » Bises .
"Où vous nous emmenez ?"
- Au Rémus près de la fac, ça vous dit ? (B et F)
- Ah non, pourquoi pas le resto U ?(Corinne)
- Moi je m'en fiche ! (Mariette)
- Attendez deux minutes (C et M) ! »
Elles s'éloignent. Cinq minutes après elles reviennent :
« Ecoutez les gars, de toute manière on n'est pas en forme : on remet çà à demain,
même heure… et trouvez autre chose ! »
Elles partent avec un grand sourire.
Bébert, philosophe, se résigne ! Fernand plaisante :
" On va boire un coup ?"
Ce fut plusieurs coups. La rentrée chez soi fut longue et difficile…
Le lendemain, Fernand, n'arrive pas à partir à son travail : il n'a pas envie de s'excuser, il en
veut on monde entier…
A 7h, devant le Fanny's, personne.
Fernand engueule Bébert : puis longue réconciliation au café-bar.
Il découvre qu'il est amoureux : c'est la première fois. Il se raconte, boit et reboit ? Sa naïveté
amuse et irrite Bébert tout à la fois.
Ainsi à commencé la chute ! |
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| >Plus de travail ! |
Très vite, plus d'appartement…
Fernand loge chez Bébert, dans un studio fatigué sur les quais. Mais ils s'engueulent, se disputent
pour des riens, des cigarettes, des allumettes même…
Alors Fernand quitte Bébert, il s'en va à l'aventure, dépense ses derniers sous, dort sur
un banc rue de la Grande Alsace.
Ses lacets cassent, il marche de plus en plus lentement, il boit de plus en plus de mauvais rouge (son foi, il
s'en fou !). Il se fait de quoi boire, en mendiant avec discernement :
« T'as pas dix balles, on m'a fauché hier, hein regarde on voit encore les bleus ! »
Ses nouveaux copains (Bébert a disparu mystérieusement) : Tatare et Jeanot : deux fameuses grandes
gueules !
Tataves surtout, menteur, voleur, bagarreur et de plus marchand à la bière !
Fernand a choisi d'établir un temps son PC à côté d'une épicerie fine «
Aux Arcades » dont il n'aime pas le gérant très méprisant qui semble ne pas le voir…
Tout çà lui rappelle Mariette. Il l'a vue à un mètre de lui près de la fac :
elle a fait semblant de ne pas le voir.
Dernier coup de poignard !
Depuis il a l'impression de pleurer sans larmes. Il survit, non ! il vit, dans la brumeuse béatitude de
l'alcool, il peut faire des déclarations d'amitié ( et parfois plus aux dames mais avec retenue).
On lui renvoie de la commisération, il s'en contente et cherche à l'oublier tout à la fois
!
Il appréhende l'hiver, il a froid au cœur, il est là sur le trottoir , il pousse des cris qui forcent
l'attention des passants.
Il est là en vie : il en ressent peut être la trame plus que d'autre; Il apprécie la caresse
matinale du soleil, la vraie gentillesse du petit garçon qui lui donne une pièce jaune et qu'il remercie
avec chaleur.
Il est là, sans importance ! ! ! |
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| * Photo publiée avec l'autorisation de l'intéressé |
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