.. .. ..

 

.. ..
..DOSSIER: FAUT-IL PRIVATISER LA DEMOCRATIE ?
..
..
..
Le politique, le citoyen et le financier
..Christine Strohl-Grün
..
En attendant l'explosion de la planète...

 

 

..
>"Aux Etats-Unis, le seul parti c'est celui de l'argent". Warren Beatty (L'Express du 16-03-00)
 
Dans une interview réalisée par l'hebdomadaire "L'Express", Warren Beatty s'exprime sur la politique aux Etats-Unis. C'est le thème de son film "Bulworth" (le nom d'un sénateur qui agit librement.).

Extraits:


"
Le problème de l'argent dans les milieux politiques est devenu scandaleux et grotesque...Tous les candidats sont honnêtes et pleins de bonnes intentions...Mais ils évoluent dans un système très corrompu. Ils font ce qu'ils peuvent pour survivre. La vraie question est la manière dont les élections sont financées. Les campagnes de financement, voilà l'obstacle à la démocratie.
Le monde des affaires est dangereux pour la démocratie...mais le moment est proche où le citoyen va comprendre qu'il est éliminé du processus, et dans une démocratie, si vous parvenez à faire entendre ce message, la situation peut être sauvée. C'est vraiment possible. Comme l'a dit
Churchill, la démocratie n'est pas une chose parfaite, mais c'est mieux que tout le reste.
Aux Etats-Unis, il n'y a q'un seul parti, et c'est celui de
l'argent. Les mêmes gens donnent aux deux partis...
Je crois que pour se présenter en politique, il faut être prêt à en faire l'oeuvre de sa vie....L'idéal serait, si on est candidat et si on gagne, de pouvoir travailler pour le gouvernement, de retourner à sa profession, de revenir au gouvernement...C'est ce qui se passe dans une démocratie jeffersonnienne."


A la question:

"Pensez-vous que les révolutions sont parfois nécessaires", l'acteur, réalisateur, producteur, a répondu:

"...je crois au changement. Et cela peut se faire dans les bureaux de vote. Ce ne sont pas les discours qui provoquent les changements. Si vous prenez l'écroulement des régimes totalitaires communistes, l'image a joué un rôle bien plus important que les discours. Cela vaut aussi pour nous...L'éducation et l'information sont porteurs d'espoir. La réalité de la vie des autres gens devient de plus en plus visible. Les pauvres voient comment les riches vivent. Cela les captive, comme un film. Et cela peut créer des mouvements sociaux aux conséquences inattendues et faire une différence. Je crois que ça va arriver ici..."

Plus loin il ajoute:

"
ne pas avoir d'opinion est politique. Certains films soi-disant politique pour faire avancer une histoire, ne défendent en fait consciemment aucune idéologie. Ce sont des films conservateurs, circonspects, pour le statu-quo. Pour eux, si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème. Faire un film sur une situation politique passée est une chose, mais monter un projet sur la situation contemporaine, ça c'est différent...."

On terminera sur sa dernière réaction:

"Les armes? Mais ici non plus on ne comprend pas! C'est impossible à comprendre quand on a 100 chaînes de télévision, Internet, et que tout le monde est libre de s'exprimer comme il veut...Internet est un tel instrument du changement. L'échange libre et anonyme d'idées et de discours..."
Plus avant, Warren Beatty avait néanmoins souligné: "de plus en plus, le problème devient un problème de classe et non plus de race. Dès qu'on lance le mot "classe", ça rend les gens très nerveux".


Ce regard critique d'un américain intégré et engagé, nous semble être un bon point de départ sur la situation de la planète, qui est entre les mains de cette grande puissance que constitue les Etats-Unis (cf. Atlanta, Camp-David, le G.8 etc...)
 
..
>Les artisans de la société. Ou l'habit des maîtres.
(En allemand: "l'habit FAIT le moine!")


La modélisation peut s'appliquer ainsi:

Les grosses fortunes n'ont pas d'état d'âme pour se constituer. Leur moteur est le
pouvoir absolu. GAGNER, à tout prix tel est leur unique objectif.
Après, tout s'achète; la politique, les gens. Puisque l'argent est le fondement même de nos sociétés capitalistes. L'instrument suprême de l'appropriation.
Des corps, des âmes, de la terre, des étoiles, si le besoin se fait sentir!

De tout temps,
des guerres de territoire ont créés les clans, les religions, les tributs, les royaumes, les empires, les nations, les états. Des alliances entre les dominants ont scellé les puissances et agrandi leur champ d'action. Les esclaves, les serfs, les ouvriers, les fonctionnaires, les cadres, chacun, à leur niveau, servent de socle au sommet de la pyramide.
Dans une société où tout s'achète, on peut supposer que tout se vend.

Et c'est là que le peuple est nécessaire. La guerre des marchés est rude. Mais les armes ne peuvent plus être meurtrières...En tout cas plus de la même façon. le sang est
tabou. Et ne coule plus que dans les populations montrées du doigt par celles qui régentent le nouveau Monde. Celui de l'argent. En faisant des chômeurs, le marché tue ses clients. Proprement. Le crime parfait. Et c'est là le paradoxe.

Le citoyen n'est plus affilié à
la politique. Son vote ne peut influencer que des querelles de partis...impuissants. Car eux aussi ont une clientèle à soigner. Et comme la terre compte une grande majorité de pauvres...
Après les crédits qui l'ont épuisé, la concurrence invente un nouveau concept.
Comme de tout temps, le pauvre portera
les couleurs du riche.

Explication:


Après les années 80 où l'on a tenté d'appâter les foules en leur faisant croire que la réussite en affaire était le seul
modèle valable et accessible. Les grandes marques ont fait leur nid. La classe moyenne pouvait s'habiller comme les fortunés. Quelques trous en banque plus tard, les boutiques de luxe, ont été remplacées par des marques bon marché, maquillées en luxe, et touchant toujours les moyens. Les petits se sont emparés des marques sportives, auxquelles ils s'identifient plus facilement. Pas besoin de venir des beaux quartiers, pour faire du rapp, du foot...et être acheté pour des millions de francs! Les sponsors guettent... (Les pauvres n'ont que leur corps à vendre. Cf. L'importation des femmes de l'Est par les mafias, le tourisme sexuel, l'esclavage des femmes dans la plus grande partie de la planète monde.)

Le portable, signe de richesse il y a encore trois ans, peut-être gratuit, si les conversations sont coupées par des pubs...
Tous les domaines reprennent le créneau:
Internet, les véhicules de fonction, l'édition, certains magazines.
Tout support est bon pour que
La Marque se mette en avant...face à ses concurrents.
La guerre se passe dans les hautes sphères. Les loups aiguisent leurs canines...et leurs griffes.
Le jeu est trop excitant, la mégalomanie compulsive. Rien n'arrête le
narcissisme pervers.
Les pauvres on en a besoin...

La
communication humanitaire, rien de mieux pour vendre....en donnant bonne conscience à la classe moyenne. Pas assez gourmande, pas assez perverse pour jouer gros. Trop moraliste et toujours bonne à culpabiliser. Bien élevée, la classe moyenne. Eduquée juste ce qu'il faut. Orgueilleuse, mais pas assez pour être vaniteuse. Elle n'osera tout de même pas passer pour "pauvre". Tout est dans l'image. Ce sera elle qui paiera pour les autres!!!
Et l'on va voir fleurir des classes désargentées. Affichant leurs couleurs, leurs goûts, ou leurs opinions. Ou ceux qu'on veut bien leur sponsoriser!
Tels des
hommes sandwichs portant les habits aux couleurs de leurs maîtres.

Pendant ce temps, les esclaves travailleront pour que les
GRANDS jouent au poker menteur. Tout petit, tout petit, la (les) planète(s).
L'argent se dématérialisant, il va petit à petit disparaître.
Les esclaves hamsters travailleront pour stocker leurs options...afin d' en profiter quand ils seront vieux!
A moins que, colosses aux pieds d'argile, les dinosaures qui les entretiennent ne soient victimes de leur propre
délire. Et que les petits rongeurs qui sont en train de creuser leur trou, et ne sortent que la nuit, ne prennent progressivement leur place.

En attendant
l'explosion de la planète!
..
..
> Les lecteurs ont la parole_!
Vous pouvez nous écrire, engagez vous dans le débat... Vous pouvez nous écrire. N'oubliez pas de de préciser à quel article vous faites référence.
..

LE DOSSIER
>Couverture
>Sommaire
>Edito
>Eclatement de la émocratie
>Citoyen, financier
>Le vote privatisé
>Service public
>Le propriétaire et le citoyen
>Déréglementer la politique?
..
..
STRASMAG
>ACCUEIL
..
..

    ..
..
     
     


| © Les auteurs / Strasbourg Webmag, 2000. Tous droits réservés.
| Toute utilisation ou reproduction doit faire l'objet d'une demande écrite.
| Les documents sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.