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..VIVRE ENSEMBLE
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Vivre dans le désert
Ou
Survivre avec les autres

..Caroline Boeglin
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"J'ai toujours aimé le désert. On s'asseoit sur une dune de sable. On ne voit rien.On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence..."

Antoine de St Exupéry

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>Au départ, un projet...
Un chantier, une occasion de se retrouver entre jeunes motivés par les même passions.
Un groupe de 20 étudiants français partent pour la ville de Fès au
Maroc, rencontrer 20 jeunes marocains, Objet : mener à bien un chantier bilatéral, vivre et travailler côte à côte pendant quinze jours…
Enfin l'occasion de se plonger aux fins fond des mystères du Maroc qui livre difficilement ses racines au premier touriste.
L'équipe apprend à se connaître les 4 mois précédents le départ. A priori tous motivés, tous sur la même longueur d'onde. Le séjour s'annonce bien.
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>Arrivée à Fès...
Découverte du local qui allait nous accueillir durant les 15 jours sur place. Bonne surprise, le lieu est propice à recevoir 40 personnes. Modeste, mais bien au-dessus de ce que nous nous attendions à trouver.
L'équipe fait connaissance…
Pourtant des détails gâchent petit à petit la motivation de certains . Un local trop miséreux, un chantier qui tient plus lieu de prétexte à l'échange qu'à une réelle action humanitaire: un jardin qu'on débarrasse de ses déchets tout en sachant que le travail serait à refaire le mois suivant. Une maison de jeunes où la moitié du matériel manque: en gros trois balais pour dix personnes…
Puis la tourista qui visite chacun d'entre nous, suivie d'un début de grippe pour certains.
Enfin pour couronner le tout la disparition d'importantes sommes d'argent…
L'ambiance de fête se détériore. Certains ne communiquent même plus. Le mélange franco-marocain devient difficile.
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>Et autour : le Maroc qui nous ouvre ses bras...
La belle ville de Fès, l'Orient et les Marocains qui ne cessent pour autant de chanter. Face aux problèmes ils se montrent plus perspicaces que certains Français.
Mais tout n'est pas noir pour tout le monde et de fortes relations se créent malgré le climat tendu.
A peine le temps de se retourner que les quinze jours touchent à leur fin . Réunion bilan :détails sans importance. Beaucoup soulignent les difficultés. De mon côté je ne peux m'empêcher de retenir tout ce que ce séjour a pu m'apporter…
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>Mais tout ne s'arrêtait pas là...
Devant nous se préparait une semaine de marche et de bivouaque aux portes du désert marocain.
C'est donc le corps affaibli par la maladie et le chantier. L'esprit assombri par les difficultés que le groupe aborde cette dernière semaine.
Surprise, il nous fallait marcher ! ! Le programme, c'est vrai, manquait de précisions et nous étions dans le flou total. Evidemment les 6 heures moyennes de marche par jour furent sans doute l'épreuve la plus radicale pour la plupart d'entre nous.
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>Un 4x4 contenant nos affaires...
Le bivouac et l'équipe cuisine nous précéde afin de nous donner tous les jours des repas copieux à l'ombre d'une palmeraie ou au pied des dunes. Et surtout nous offrir l'ombre et l'eau dont avions tant besoin.
Les râles se font de plus en plus oppressants. Le soir autour du feu la fatigue l'emporte. Elle domine souvent l'humeur. Certaines disputent éclatent. D'autres bouillonnent encore chez certains .
Départ aux aurores nous avions à peu près 4 heures de marche le matin avant la pause déjeuner. Avancer sous 50° c'est difficile, mais pas impossible !!!
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>Seuls dans l'espace désertique...
On se retrouve en contact direct avec la terre. Toutes les préoccupations habituelles deviennent dérisoires. Et les besoins finalement assez primaires : le bonheur de déguster une orange, la douceur de l'ombre d'un palmier et surtout, surtout ce rapport si fort avec l'eau…
C'est là que les démons se réveillent chez certains: « touche pas à mon eau où je te tue ! ! ! », vagissent certains que je croyais tellement différents. Ils manquent d'eau, se plaignent de l'équipe organisatrice…Certes l'eau est rare mais pas inexistante, l'économie et le respect de l'autre et surtout du désert sont les mots clés. Certains de mes amis l'ont compris et entre nous l'entre aide battait son plein.
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>Le désert c'est l'extrême sous toutes ses formes...
Dans le bon sens comme dans le mauvais. Un soir la colère éclata, la moitié du groupe se lâcha. Un jeune faillit lever la main sur une responsable. S'en suivi une série de règlement de compte. Le désert fut interrompu dans le cours de sa quiétude le temps d'un vent de folie…
Auprès des nomades j'entendais résonner les cris et c'est là que je compris combien la société dans laquelle nous vivions nous enveloppait d'un cocon d'hypocrisie plus ou moins malgré nous. Si ce n'était de l'hypocrisie c'était sûrement une « fausse force ».
Qui peut, dans la vie de tous les jours se retrouver face à lui-même et à l'environnement qui l'entoure ? On se croit fort contre les maux de la société. Mais confronté aux éléments de la nature on découvre qu'on sait finalement bien peu de chose et si l'humilité ne s'empare pas de vous l'agressivité reste la seule arme.

La puissance du désert enivre et séduit certains; Ceux là en sont ressortis plus humbles mais aussi plus forts….
Les autres tremblent et se ferment devant cette hostilité apparente…


Vivre dans le désert : dur mais magique...
Vivre ensemble dans le désert : c'est survivre avec les autres quand la magie ne vous touche pas !!!
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> Les lecteurs ont la parole_!
Vous pouvez nous écrire, engagez vous dans le débat... Vous pouvez nous écrire. N'oubliez pas de de préciser à quel article vous faites référence.
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LE DOSSIER
>Couverture
>Sommaire
>Edito
>Vaste programme
>Dans le désert
>Utopies de l'ego
>Jamais
>Minorités
>Coup de gueule
>Régionalisme
>Se séparer
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STRASMAG
>ACCUEIL
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