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..VIVRE ENSEMBLE
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Coup de gueule...
..Caroline Gauche
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>Décidément, vivre ensemble, c'est compliqué !
Nous sommes donc citoyens du monde, nous, acteurs vivants du 21ème siècle.

Citoyen du monde ? Titre plutôt enchanteur, n'est-ce pas ? Nous agrandissons notre espace à une planète entière, nous évoluons dans un «
village planétaire», nous communiquons avec nos «voisins-de-l'autre-bout-du-monde»… Non mais franchement, qui ne voudrait pas être citoyen du monde dans ces conditions et avec de tels avantages ?

Mais nous avons toutefois tendance à oublier le côté « citoyen » qui implique un engagement envers cette société mondialiste, une solidarité entre l'ensemble des populations. Parce que, des laisser pour compte, il y en a un paquet ! Alors vivre ensemble, d'accord, mais avec TOUS !

Par exemple, l'internet, c'est bien, mais encore faut-il que les populations du tiers-monde et des pays émergents puissent y avoir accès ! Or, aujourd'hui, la communication par l'internet semble réservée aux pays riches ce qui délimite le vivre ensemble mondial à une zone restreinte de la planète : bel exemple de solidarité !

Autre type d'aberration, les histoires de santé. Quand on voit que près de 80% des individus séropositifs sont Africains et qu'on trouve la plupart des médicaments en Europe et aux Etats-Unis, on est en droit de se poser des questions : quelle est la loi qui régit les rapports mondiaux ? Ne serait-elle pas soumise à la loi de la taille des porte-monnaie ? Et oui ! C'est bien, encore et toujours, une question d'argent.

Idem pour
les phénomènes de mode : dans nos civilisations occidentales, la mode actuelle est à l'exotique (meubles, tissus, instruments de musique…), asiatiques ou africains. Des magasins fleurissent dans nos villes et proposent à la vente des produits terriblement chers, faits le plus souvent par de «petites-mains-travailleuses-de-l'autre-bout-du-monde» à peine rémunérées ! Si on peut croire en la bonne foi des organisations humanitaires qui disent protéger les ouvriers de ce type en les faisant travailler en contrepartie de salaires plus valorisants. On se permet de douter de l'honnêteté de cette kyrielle de revendeurs qui proposent des produits exotiques à des prix exorbitants, ce qui entretient, dans son essence même, la différence : ils profitent, en effet, d'une situation économique et sociale existante injuste pour faire des bénéfices inconsidérés et ainsi se remplir les poches d'une manière éhontée.

Cependant, à crier gare
aux méchants, on se rend compte que cette situation est entretenue par les «victimes» elles-mêmes, ou plutôt, plus justement, leurs gouvernements qui redoutent qu'une nouvelle réglementation sociale plus sévère mise en place par l'OMC (Organisation Mondiale de Commerce) leur fasse perdre de leur compétitivité. En clair, les pays pauvres ont actuellement des normes sanitaires et sociales plus basses que les pays riches –voire inexistantes, ce qui les rend très attirants pour les investisseurs. Ces derniers peuvent, en effet, produire à des coûts très bas des produits qui demandent une main d'œuvre importante et ainsi, commercialiser leurs produits soit en se prenant une marge scandaleuse par rapport au coût dérisoire de fabrication, soit en fixant un prix de vente très bas, ce qui les rend ultra concurrentiel sur le marché. Or, les gouvernements de ces pays refusent les lois qui réglementeraient le travail des ouvriers car ils voient dans cette initiative un moyen pour les pays riches de s'approprier le marché en ramenant les lieux de production des entreprises dans les pays d'origine donc de privilégier la main d'œuvre des travailleurs des pays développés. S'ils n'attirent plus les investisseurs par des conditions plus qu'avantageuses, comment vont-ils survivre économiquement ?

Alors là, on ne sait plus trop où donner de la tête devant ce paradoxe évident qui complique quand même passablement les choses. Deux questions divisent actuellement
les économistes : le système va-t-il s'équilibrer par lui-même ou faudra-t-il en venir quand même à l'instauration d'une réglementation pour protéger ces travailleurs et éviter les abus qu'entraîne la course au profit qui régit les échanges économiques de notre époque? En tous cas, il faut bien prendre conscience que le monde et l'individu ne sont ni des marchandises, ni des produits qu'on peut traiter en terme de rentabilité, comme le montrent les conclusions de la Conférence de Seattle de fin 1999, en partie marquée par ce paradoxe. C'est la première considération à respecter si on veut vivre ensemble d'une manière saine et égale.

La mondialisation elle-même peut aider à évoluer dans ce sens : déjà,
les ONG (Organisation non gouvernementale) de tout type se sont regroupées internationalement pour travailler ensemble et lutter contre les répercussions de la mondialisation économique « sans foi ni loi ».

Mondialisation contre mondialisation… un peu troublant n'est ce pas?
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