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| >Comment garder son identité... |
Vivre avec les autres: un plaisir, une nécessité
mais un risque aussi, celui de perdre son identité, de se perdre si l'on veut (ou même si on ne le
veut pas!...).
Comment garder son identité, ne pas se faire instrumentaliser, manipuler?
C'est à la
mode! |
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| >Le Choix de son identité |
A-t-on le choix de son identité?
Question naïve en apparence mais essentielle. D'abord de quelle identité s'agit il? Celle de l'individu
? Sorte de moi social et affectif ou celle relative au groupe qui est bien sûr constitutive pour partie de
la première.
Et puis cette identité peut elle être librement choisie ou doit elle s'enraciner dans la rationalité
et l'habitude sociale ? C'est à dire obéir à des règles générales, à
des principes universels! D'où le titre : "l'ornithorynque". Celui qui se permet de contredire
un beau principe scientifique -un mammifère n'est pas en général ovipare-.
Et une des grandes questions d'actualité est bien celle ci: la remise en cause des identités plus
ou moins imposées. |
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| >Deux exemples |
On s'intéressera à deux exemples qui ont
l'air éloignés mais qui comportent quelques ressemblances essentielles, ne serait ce que par leur
caractère polémique: l'identité de la femme et celle du "peuple" corse. Tout porte
à croire en effet que ces 2 minorités
(remarquons que les femmes constituent la seule
"minorité" qui soit une majorité) se sentent à l'étroit dans leur statut
.
Nous connaissons déjà deux logiques de formation des Etat-nations la première primordialiste
(par référence à Max Weber) reposant sur l'identité ethnique et culturelle (exemple
allemand) et la deuxième contractuelle, "constructiviste" si l'on peut dire, conforme à
la définition de Renan (exemple français) .On sera tenté d'étendre cette distinction
à l'identité féminine: soit d'une part à base de détermination culturelle soit
d'autre part en permanente reconstruction (optique existentialiste pourrait on dire). |
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| >La femme n'existe pas |
(Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Lacan!)
La femme commence à conquérir son identité mais il lui resterait du chemin à faire
...
Selon Lacan la femme n'existe pas (exister: surgir du néant). L'homme imagine la femme qu'il désire
:elle est prise au piège de l'imaginaire masculin qui s'impose à elle...
L'identité féminine se débat alors entre deux contradictions :
- la recherche narcissique de la féminité idéelle et sa négation quotidienne obligée.
- la recherche sociale du neutre (ni féminin ni masculin) quasi monopole provisoire de l' homme.
Voir pour plus d'explications dans la Revue des
2 Mondes de juillet-août 2000 les articles de .C.Jambert et de E.Varikas. |
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| >La quête du neutre |
Comment dépasser son état de minorité
?
Comment conquérir le neutre ?
Avec 2 écueils :
- le perfectionnisme à base d'idéal égalitaire (grand principe par excellence)
- la définition mouvante, fragile et nécessaire de la féminité, mystérieuse
force de rappel
Par la discrimination positive: égalité forcée, institutionnelle, autrement dit l'équité
provisoire (la parité par exemple) ou équité plus durable (la loi sur le
harcèlement sexuel).
Est ce suffisant ? Non sans doute !
La femme peut elle échapper à la multiplicité des rôles??
Il serait sans doute machiste de dire qu'elle les assume avec grâce...
Revenons à l'actualité plus polémique encore, celle relative aux concessions constitutionnelles
faites à la Corse.
Pourquoi l'ethno-nationalisme corse ?
Etat de droit entend-t-on dire en France, sans doute. Mais cela a-t-il toujours
été le cas ?
A l'évidence non, comme pour tous les Etats au monde.
La formation de l'Etat a toujours été plus ou moins conflictuelle et le fameux plébiscite
permanent de Renan n'est pas vraiment très ancien. Certes la mythologie nationale finit par digérer
les coups de force et les abus de pouvoirs. Le mythe national n'a pas besoin par définition d'exactitude.
Mais il peut arriver que le ciment national ne prenne pas vraiment, qu'il soit gâché (un comble pour
du ciment!) par les circonstances et surtout de redoutables maladresses.
Ainsi il faut préciser que l'annexion de la Corse fut particulièrement violente et a relevé
plutôt de la décision politicienne que de la volonté populaire ( sans avoir eu bien sûr
ce monopole) . Mais surtout il y eu de grandes injustices faites aux Corses . Voir à ce propos les exemples
cités dans l'article très documenté de M. Rocard Le Monde du 31 août 2000.
Nous n'en citerons qu'une, mais riche de sous-entendus néo-colonialistes: la mobilisation des pères
de six enfants lors de la guerre 1914-1918. Quel meilleur ferment nationaliste que l'injustice! Il ne faudra donc
pas trop s'étonner de l'agitation nationaliste corse.
La République une et indivisible ne doit pas céder!
Certes .
Le régionalisme, très à la mode, serait la panacée contre les excès du jacobinisme
voire de la mondialisation.
La nouvelle autonomie législative encadrée, accordée aux Corses ( il sera difficile de revenir
en arrière d'ici 2004) est de nature à rompre l'unité républicaine!
Cette concession va faire tache d'huile!
Elle constitue une prime à la violence.
Que voilà de beaux principes bafoués au nom de la modernité régionaliste ! |
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| >La vrai démocratie |
Mais que veulent dire des principes non respectés ?
Peut-on parler de démocratie dans une région où la loi est régulièrement bafouée
et où aucune administration ne peut fonctionner librement?
La France est condamnée à s'entendre avec la Corse !
Et la République Française est assez bien ancrée dans les esprits pour faire passer la diversité
et l'équité avant le formalisme unitaire et républicain. C'est-à-dire faire entrer
la Corse dans l'Etat français par la porte démocratique au vrai sens du terme.
Alors, féminité et corsitude: un même
combat pour l'acceptation et le respect identitaire?
La mort de l' Etat patriarcal? |
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