|
|
Après le couple fusionnel, la mode est
au couple "fissionnel". Jeu de mot issu du vocabulaire de la physique nucléaire. Il évoque
la fission de l'atome: moment ou le noyau éclate. C'est vous dire si ça peut-être dangeureux...et
si on risque d'avoir du mal à s'en débarrasser!!! Mais réjouissez-vous, pour dégager
de l'énergie et générer de la chaleur, on n'a pas encore trouvé plus efficace. Explosif,
quoi! * |
| >Vivre... |
En soi c'est déjà difficile. Vivre avec soi,
n'en parlons pas. Nous passons notre vie à chercher à nous connaître. Afin d'être en
harmonie avec la personne qui nous est le plus proche. A savoir ourselves!
- "Connais-toi toi-même", disait le philosophe.
- "Aime ton prochain comme toi-même", disait la Bible.
Encore faut-il s'aimer. Et aimer qui on est.
A moins d'avoir des prédispositions à la schizophrénie. Etre seul avec soi-même, c'est
encore être seul. Et l'homme est un animal social. Il a donc besoin de l'altérité pour se construire
et pour s'épanouir. |
 |
 |
| >Pour l'Amour de l'Autre... |
L'Autre peut-être symbolique, quand
il prend la forme de Dieu.
Mais pour le quidam quelconque, dont nous sommes en majorité, il revêt souvent l'apparence d'une personne
sur qui nous projetons nos désirs.
La mère d'abord, ou son substitut, permet à notre chair de s'humaniser
par identification et par défaut.
L'Amour, paraît-il est l'engrais qui aide le petit homme à pousser et à se socialiser. L'Amour
et l'éducation. La transmission de règles précises. Chaque culture possède les siennes,
ainsi que ses propres relais pour les transmettre. Cela s'appelle la socialisation.
N'étant pas des clones, notre personnalité se trouve régulièrement en conflit avec
les normes imposées par le groupe, l'institution.
L'objet animé devenu sujet, tente de s'approprier de façon plus ou moins heureuse son individualité...Quand
ce n'est pas un autre qui cherche à s'en emparer!
C'est là que le mythe d'Aristophane intervient, en nous entretenant dans l'idée que notre vie consiste
à rechercher désespérément notre moitié. Celle qui va nous permettre de devenir
enfin un être complet!
Cela suppose que nous sommes éternellement incomplets...Freud n'a pas dit
autre chose. Sauf que d'après lui, un seul sexe était incomplet!!! |
 |
 |
| >Le couple... |
Et l'on a inventé le mariage d'amour.
C'est là que les choses se sont corsées. (Et là, vous voyez ce qui va poindre?...Explosion, régionalisme, individual...Zut! Je me trompe de sujet! Quoique...)
A présent, la question cruciale est:
Qu'est-ce que l'Amour?
Une simple projection?
Et l'on revisite les grands mythes: Tristant et Isold, Roméo et Juliette... Mais tout ça finit toujours
mal (actuellement sur des scènes de théatre! Dans la vie: par des scènes...théatrales!)
Au Strasmag, on s'est d'ailleurs déjà penché de très près sur ce
thème. Et notre concept de multifidélité a été repris aux Etats-Unis sous le titre universel
de "Polyamory".
Il s'agit d'un réseau intime, d'affections ou d'amitiés plus ou moins poussées, qui permet
de sortir du cadre du couple fusionnel...qui devient vite délétère. |
 |
 |
| >A vie?... |
Les laboratoires étudient la famille traditionnelle,
afin de comprendre pourquoi
elle ne résiste pas au temps. D'un côté
les quadras divorcés avec enfants, de l'autre les trentenaires célibataires. Les femmes saturent face
aux pressions familiales et sociales. Les hommes ne s'y retrouvent plus non plus. Eux qui pouvaient, il y a encore
peu cumuler vie de famille, liberté sexuelle et épanouissement professionnel...sans se soucier de
l'intendance! Il n'y a à présent plus que dans les pays non démocratiques
que le sexe fort peut mettre ses femmes (voilées ou non) sous cloche, continuer de faire régner la terreur...et
parallèlement, faire fructifier
la prostitution.
Mais qu'y gagnent-ils au final?
Une relation dépourvue d'intérêt et de profondeur. Fade, amère tout
au plus.
Sur le nouveau continent, les communautés hypes (et non plus hyppies comme les petites soeurs soixante huitardes!)
se prennent à rêver de relations frères/soeurs: des amis pour la vie. Où hommes et femmes
ne partageraient que le meilleur, sans la passion. Le succès de la série "Friends" en témoigne.
Mais à partir d'un certain âge, peut-on envisager sérieusement des relations mixtes assexuées...sur
le long terme? Et qu'advient-il dans ce type de communauté, lorsqu'un couple se forme, venant briser l'édifice
parfait, qui reposait justement sur la candeur et l'insouciance propre à l'enfance? |
 |
 |
| >Libres ensemble... |
Partant du constat que vivre seul est à l'origine de
troubles. Et que vivre ensemble est terriblement difficile à organiser dans le respect de chacun, François de Singly, sociologue spécialiste de la famille, a publié chez Nathan un livre intitulé:
"Libres ensemble", L'individualisme
dans la vie commune. Dans lequel il traite de thèmes
tels que:
- Se réaliser dans une "double vie" faite de temps personnel et de temps partagé.
- Pour réussir à vivre ensemble, le mieux n'est-il pas d'être libres ensemble?
Ici, le partage de l'espace commun et sa signification affective est analysé dans tous les cas de figure
(dans le couple, la chambre de l'adolescent etc...). L'ouvrage est fondé sur un travail d' enquête
très précis. Pour en savoir plus, je vous renvoie à ce livre très complet, ainsi qu'à
tous les ouvrages de l'auteur sur le sujet. (François
de Singly, "Fortune et infortune de la
femme mariée" PUF, "Le soi, le couple et la famille" Nathan.) |
 |
 |
| >La génération Queer... |
Dans notre monde moderne où les rôles ne sont
plus codifiés, il est difficile pour chacun de trouver son identité parmi tous les possibles qui
s'offrent à lui.
A Barcelone est né un élément de réponse: la génération Queer,
qui milite contre les effets normatifs de l'identité sexuelle. Beatriz Preciado a publié
chez Balland le "Manifeste contra-sexuel", dans lequel elle invite à renoncer à la condition
naturelle d' "homme" ou de "femme", aux "liens de filiation assignés par la société
hétérocentrée", et à se reconnaître tout simplement en tant que "corps".
C'est peut-être une position philosophique extrême. Mais ce sont les excès qui permettent de
faire avancer les choses.
Car un malaise existe bel et bien dans les rapports sexués. Et la légitimation arbitraire
des "différences" désignées n'y est sans doute pas pour rien.
Il y a de cela quelques années lumières, l'hominidé devenait homme et la femme tentait (de
le tenter!)... de lui enseigner la voie qui menait à l'enfer de la conjugalité .
Quand l'homme est revenu de sa cueillette, l'Eglise (au genre étrangement féminin dans notre langue!)
avait confisqué l'âme de sa moitié (la remplaçant par une mauvaise conscience),
ainsi que ses désirs charnels. Tout au souci de préserver la Sainte Famille qui venait de s'établir
dans ses murs.
Au siècle des vases communiquants, la femme peut enfin devenir Femme, en s'autorisant
à s'affranchir (symboliquement) du terme générique (français: Homme)...en quête
de sa vraie identité (dispensée de sa mauvaise conscience!)
Après avoir croqué la pomme, c'est à Eve que revient la fonction d'enseigner à l'homme
l'intensité, la profondeur, et la valeur de la relation interpersonnelle, voire sentimentale. Fondée
sur l'écoute de l'autre, l'attention désintéressée, et le partage... des sentiments.
Ca ne vous rappelle rien?
On peut espérer que les deux pôles de l'humanité parviendront à se rencontrer un jour.
Sans se contenter de regarder ensemble dans la même direction, comme deux droites éternellement parallèles.
* Aux dernières nouvelles, l'amour biologique,
irrésistible et pulsionnel aurait une date de péremption. Au-delà de 3/4ans, le ticket n'est
plus valable. Du pain sur la planche pour les chercheurs, s'ils veulent réussir à joindre les deux
bouts en matière de famille et éviter son ex(im)plosion...ainsi que celle de la société...traditionnelle
(?) . Une nouveau mode de vie à inventer... |
 |
 |
| > Les lecteurs ont la parole_! |
| Vous pouvez nous écrire, engagez vous dans le débat...
Vous pouvez nous écrire. N'oubliez pas de de préciser à quel article vous faites
référence. |
 |
|
|