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| >Les choses sont claires, pour vivre ensemble il vaut mieux
s'aimer... |
Je parle de l'amour en pleine
éclosion, l'amour fou, de celui qui fait qu'on n'arrive plus à respirer lorsque l'autre s'éloigne
plus loin que le bout de son bras. Celui où, sitôt que l'autre s'est rendu dans une pièce voisine,
on craint qu'il n'ait disparu à jamais et qu'on le cherche avec le coeur qui palpite d'angoisse. Celui enfin,
où l'un se met à rêver rien qu'à sentir l'odeur de l'autre dans ses draps. Avec cet
amour là, oui nous pouvons espérer vivre ensemble des jours heureux et des nuits éblouissantes.
Mais il y a un mais...
Il est maintenant scientifiquement établi que
cet état ne saurait durer éternellement. Une des causes en serait une accoutumance aux phéromones accompagnée d'une diminution de leur production. Une histoire d'odeur en quelque
sorte. Pas de goût, mais de parfum. une histoire d'acoutumance aussi... A cette odeur qu'on n'arrive plus
à déceler à force de l'avoir trop sentie. Les scientifiques parlent de 4 à 5 ans au-delà
desquels nous sommes tous condamnés à une forme d'érosion de notre affectif. On a de la chance,
un simple parfum ne nous est plus perceptible après quelques heures déjà! Mais c'est aussi
la période après laquelle, chacun relève la tête, passablement fatigué des dernières
années passées à s'occuper du dernier petit ange qui nous ressemble tant.
C'est alors seulement que l'on prend lentement conscience
que l'on a commencé à passer à coté de l'autre. Qu'on vit encore tous les deux mais
plus vraiment ensemble. C'est à ce moment là aussi que le foyer finit par mal porter son nom. C'est
presque ironique cette idée de chaleur alors qu'il devient "frigo". Je ne vois plus que tes petites
manies, tu ne vois plus que mes défauts. Ta tendresse s'est faite orageuse, mon humeur insupportable. Et
finalement, c'est lorsque tu es là que tu me manques le plus. Nous finirons alors par vivre tous les deux
côte à côte, étrangers, presqu'ennemis, à s'ignorer et à se fuir. Si nous
avons du courage, nous oserons même nous séparer, non s'en s'être exterminés auparavant.
On ne parlera même pas de génocide, c'est devenu tellement banal! Si c'est cela que tu veux mon amour,
alors oui, viens vivre avec moi…
Mais j'ai autre chose à te proposer. Tu as ton
chez toi et j'ai mon chez moi. Chacun chez soi.
Notre amour a besoin de tant d'espace dans mon jardin intérieur. Je t'offre d'additionner nos meilleurs
moments en soustrayant les pires. Je n'ai pas envie que tu sois témoin de mes matins-chagrins, ni de mes
journées-stress force 8. Je préfère de loin te réserver mes journées ensoleillées,
mes soirées clair de lune et mes nuits intemporelles. Nous ne souffrirons jamais d'une baisse de phéromones
car je ne nous laisserai pas le temps de nous y habituer. Je commencerai à souffrir de ton absence aussitôt
que l'un de nous rentrera chez lui, attendant déjà ton appel, t'envoyant déjà mon e-mail,
espérant déjà te retrouver, laissant desespérement un message anxieux sur ton protable
éteint... Nous nous manquerons juste assez l'un à l'autre pour devenir des exemples de fidélité.
Le temps qui nous séparera paraîtra une éternité. Et je te promets que nous nous retrouverons
à chaque fois comme si c'était la première… Le coeur battant à tout rompre. Les jambes
dans du coton. Est-ce toujours lui, est-ce toujours moi? Est-ce un rêve ou la
réalité? Dans
la magie éternelle de l'in(dé)fini.
Je t'espère simplement assez forte pour choisir
de vivre avec une telle intensité. Et toi, veux tu toujours que nous vivions ensemble ? |
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