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| >Le Veau d'or... |
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Au commencement Yahvé parlait au peuple élu dans
le buisson ardent – ou dans le vent qui emporte les paroles en l'air…
Aujourd'hui, notre spongiforme surmodernité nous parle dans le poste.
Et la voix off du Veau d'Or dans le poste dit aux femmes ce qu'elles doivent être, penser, vivre et consommer.
Elle les somme d'être à l'image de ses radieuses publicités télévisuelles.
Les femmes d'aujourd'hui… On leur dessine leur vie avec une implacable netteté : celle de triomphantes marionnettes
qui, comme leur portable, n'auraient plus de fil.
Mais qui a perdu le fil ? Les marionnettes ou le système dont elles sont un maillon consentant ?
Les sculpturales marionnettes consuméristes d'aujourd'hui ont perdu de vue l'essentiel : leur disparition
comme but et sens de l'existence. Au profit du nouveau Moloch : le sacro-saint impératif de rentabilité
à tout prix.
Les marionnettes ont toutes consenti à ce dogme-là. Même qu'elles en ont fait leur credo. Personnel.
A ce qu'il semblerait. A en juger l'ampleur de cette épidémie galopante : la maladie de la gestion
folle.
Pourtant, l'inquiétude monte face à un système uniquement fondé sur le profit. Des
interrogations s'élèvent face à l'inhumanité d'un ordre marchand uniquement déterminé
par ce credo mercantile. La révolte gronde face à la sauvagerie sociale d'un capitalisme sans foi
ni loi qui dégraisse les entreprises pour « créer de la valeur pour l'actionnaire ».
Une réaction citoyenne s'organise contre ce nouvel ordre inhumain qui prospère partout où
reculent la loi et l'intérêt général. A ce qu'on nous dit. |
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| >De la délinquance à but lucratif à la fracture sociale |
Il n'y a pas si longtemps, l'on vit un médecin perdre de vue sa mission
et faire passer la liquidation de ses stocks de produits contaminés avant la vie de ses malades. Au nom
de quoi ? De la rentabilisation de la collecte du sang.
Dans les années et frime du siècle d'avant ont éclaté quantité de juteuses affaires
de la même farine. Qui giclent jusque dans l'assiette du consommateur.
Les marionnettes consuméristes veulent être sûres de ce qu'elles mangent et de ce que mangent
leurs enfants… Et continuer de concilier l'adoration du Veau d'Or avec la consommation d'une viande bovine de qualité…
La marée noire de nos tragédies modernes avance là où le politique – l'affaire de tous,
à ce qu'il paraît – recule en tant qu'expression de l'intérêt général –
et une pluie d'or noir arrose une faune de politicards qui s'incline bien bas devant des intérêts
très particuliers…
Récemment, les mises en garde du député Armand Jung contre la surconsommation de sel que le
lobby agroalimentaire inflige à son insu au consommateur se heurta une fois encore au « mur de l'argent
et du silence » : celui des fructueux réseaux noués entre les lobbyies et certains «
responsables » des pouvoirs publics.
Il y a une délinquance financière à but lucratif.
En la servant, l'homme politique laisse se creuser la fracture sociale.
En persistant à nous faire la loi et à lever nos impôts tout en mettant l'économie sous
la tutelle exclusive de la finance, il la laisse s'élargir en fracture morale.
Jusqu'à l'abîme où il précipite la collectivité.
Mais y a-t-il encore une collectivité au temps de l'individu-roi ? |
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| >De « la tyrannie du plaisir » à la révolution
pornolithique : la fracture morale ? |
Il était une fois un joyeux manipulateur d'opinion qui
se proclamait tête pensante et s'imposa tête d'affiche de l'écologie (égologie ?) politique.
Dans les années soixante, il réclamait à corps et à cri la libération sexuelle
en général – et l'accès à la chambre des filles pour sa chair déjà libérée
en particulier...
Dans les convulsives années soixante-dix, on l'entendit lancer sur la place publique (et sur les ondes…)
des injonctions réitérées à « jouir sans entraves » et à faire «
des chatouilles et des papouilles» aux petits enfants. Et réclamer pour lesdits enfants le droit (
?) d'avoir une vie sexuelle… avec les adultes – à moins qu'il ne s'agisse de l'inverse...
Vingt ans après le spectaculaire reniement par la « gauche socialiste » de ses valeurs et sa
conversion au capital, l'heure n'est plus à l'emmêlement des chairs avec les enfants.
Mais aux salacités de l'eurolâtrie qui précipite l'homo oeconomicus dans une course folle à
une autre ivresse ininterrompue…
Faute d'avoir la place qu'il pense lui être due dans les beaux draps et les palaces de la vie publique, notre
salace manipulateur d'opinion, après avoir sexualisé la politique et politisé le sexe, s'improvise
héraut de l'eurolâtrie, prêcheur du nouvel évangile ultralibéral, chantre de la
troisième gauche caviar – et se réinvente consultant du Medef : autres râteliers, même
combat - histoire de nous rouler une fois de plus dans la même farine si peu bio ?
Il y a une logique dans ces revirements (ou successives sincérités) comme il y en a une dans la loi
du profit : se vendre au Moloch qui broie les adultes après avoir servi celui qui dévore les petits
enfants, serait-ce apporter des raffinements inédits au service du même maître ?
Alors que se défait le lien entre sexualité et reproduction, le sexe est devenu productiviste, consumériste
statistique et vénal : « Combien de fois ? » interrogent le sexologue et la presse. «
Combien de partenaires ? » interpelle la voix off du Moloch dans le poste, entre les lignes des abdomadaires
pour hommes et de la presse féminine… Malheur aux abstinents – aux perdants…
Depuis la joyeuse révolution pornolithique que d'aucuns s'arrogeaient le droit de décréter
pour tous, la pornographie est devenue un bien de consommation grand public…
Ce déferlement consumériste crée une pulsion nécessitant une stimulation constante
et une variété de plus en plus grande de combinaisons - et une infinie diversité de partenaires…
Jeunes, si possible… La constante pression érotico-publicitaire d'une société sursaturée
de pornographie encourage la déviance et la délinquance sexuelle. On ne le dira jamais assez : en
transformant le corps humain en objet de plaisir séparé du sujet, notre société pousse
au crime sexuel.
La prolifération de ses messages sexuels et de ses injonctions à jouir est vécue de plus en
plus douloureusement pour ce qu'elle est : une farce mercantile dont le plus grand nombre se retrouve le dindon…
Notre culture s'est forgée sur une perception de la sexualité en tant qu'acte intime, privé
et sacré – en tant que rencontre de deux vulnérabilités et échange entre deux fantaisies.
Le cynisme, le pragmatisme et la prédation sexuels hérités de la libération (des bas
instincts ?) de mai 68 sont profondément subversifs en ce sens qu'ils constituent une affligeante subversion
de la relation humaine et de la dignité humaine…
L ‘évolution de notre société n'en finit pas de nous laisser… rongeurs et d'interroger nos
intermittences d'humanité au paroxysme de notre fractale modernité : comment assurer la sécurité
de nos enfants tout en poursuivant notre course folle à des ivresses de plus en plus débridées
? Comment concilier la sécurité des femmes et des enfants et la bovine consommation de produits cochons
? Après avoir abusé deux générations en leur faisant croire que l'émancipation
des individus passait par le déchaînement pornographique, les partouzards caméléons
soixante-huitards continuent à nous donner des leçons comme la marchandise nous donne des ordres…
Après être passés de la posture libertaire à l'imposture ultralibérale tout aussi
prédatrice, les dinosaures de l'ex gauche « prolétarienne » ( ?) persistent à
vouloir nous faire passer dans l'hébétude ambiante la vessie fatiguée de la crétinisation
(organisée en conditionnement erotico-publicitaire…) pour la lanterne rouge de la libération. Après
avoir fait passer leurs vagissements nombrilistes pour l'appel de la liberté, ils se sont organisé
en système d'écrasement.
Quels repères ces stratèges de la communication ont-ils laissé aux jeunes générations
en perte de sens et de repères ? Quelles valeurs leur ont-ils transmises, en-dehors de leurs injonctions
à jouir comme Sardanapale et à s'enrichir comme Crésus ?
Leur défaite morale s'est élargie en fracture morale entre les générations… Est-ce
cela que nous retiendrons d'eux : l'élimination des vieux et l'écrasement des jeunes sous leur morgue
adulescente, frénétiquement égomanique et juvénilo-maniaque ? Ne retiendrons-nous d'eux
que leur arrogante omniprésence médiatique (ils font des ménages et des piges dans les mêmes
trusts …) et leur suspect empressement à défendre un de leur voisins de table du grand banquet ultralibéral
et à s'auto-absoudre de toute déviance ? Ne garderons-nous d'eux que le sexe le caviar et la doublure
de leur veste saumon ou pistache aussitôt tombée, sitôt retournée ? |
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| >De la langue de bois mort au totalitarisme de l'inconsistance |
Une prédilection immémoriale pour la prédation
imbibe jusqu'à la moelle notre vieil Occident inassouvi et pétrifie chacune de ses fibres dans une
langue de bois mort qui tue la pensée et l'émotion – le bois dont on fait les marionnettes écervelées
de notre spongiforme surmodernité ?
Ce langage de synthèse sécrété par cette modernité informatique et textuelle
aboutit à un formatage de notre humaine condition.
Elle produit cette pensée de soumission à cette rationalité de l'incohérence dont on
n'en finit pas de mesurer les effets délétères, depuis l'agriculture qui a perdu la tête
jusqu'à l'enfance des garçons et des filles que l'on vole pour en faire de la marchandise consommable...
Là réside une des grandes causes de souffrance des hommes : dans cette fracture entre leur parole
profonde et cette langue de bois mort qu'il leur faut baragouiner et le rôle qu'il leur faut endosser dans
cette mauvaise farce dont ils se retrouvent invariablement le dindon – alors que d'autres s'en partagent le gâteau…
A quoi bon en appeler encore à la verticalité d'une hiérarchie de valeurs, face à l'horizontalité
d'un monde qui se développe en réseaux et en tribus ? Des réseaux qui fonctionnent en véritable
système d'exclusion… Et dont la plus remarquable des impostures réside dans le consensuel consentement
qu'elle extorque à la société civile… Depuis quand les moutons consentent-ils à leur
abattage ?
La fracture entre la société civile et une certaine sphère politico-économico-médiatique
s'est élargi en abîme. Irrémédiablement. Et nous précipite dans l'abîme.
A moins que nous en finissions avec la part de médiocrité asservie qui nous tient lieu d'enveloppe
sociale. Avec cette consensuelle médiocrité qui rend l'air de nos villes et de nos campagnes si irrespirable.
Avec ce système qui ne nous écrase qu'autant que nous consentons à notre écrasement. |
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| > Les lecteurs ont la parole_! |
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