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| >Comment un accident peut bouleverser une vie... |
La fracture renvoie à une rupture brutale, accidentelle.
C'est : "l'état de ce qui est rompu ".
Fracturer c'est : "rompre en forçant ".
Une fracture peut être : "directe ou indirecte, spontanée ou traumatique ".
Le foyer de la fracture est généralement fermé ; l'ouverture est une complication grave.
La fracture intervient de façon plus ou moins rapide, selon la fragilité de ce qui s'est cassé.
Selon son aptitude à se briser facilement, selon qu'il soit aisé à rompre, mal assuré,
instable, précaire.
On voit d'ores et déjà que le mot peut aussi bien s'appliquer à un objet, qu'à un sujet.
Au physique d'un individu qu'à son mental.
Nous allons, pour notre part nous intéresser à ce qui peut se passer dans la profondeur de l'âme
: la psyché de celui dont l'os s'est brisé, brutalement. À l'accident.
Il est fréquent, depuis les découvertes de Freud de parler de "somatisation ". C'est-à-dire
du corps qui parle pour exprimer la douleur de l'âme. Développant un symptôme,
une maladie, ou une douleur, traduisant la souffrance mentale de façon sourde. Les mots ne suffisent plus
à dire.
L'effet pervers de cette découverte consiste à voir une manifestation psychologique dans tout trouble
qui ne répond pas à une cause médicale connue.
Mais qu'en est-il du bouleversement intérieur qui s'opère au plus profond de l'être qui est
victime d'un accident? D'une rupture brutale dans sa vie. Lorsque cette rupture touche sa carapace physique. Remet
en questions l'image corporelle qu'il avait intégrée. Son imago ?
Quelle transformation s'opère dans l'âme de celui qui est confronté aux limites de sa chaire.
Qui souffre dans son incarnation ?
Comme pour toute rupture, il y a un avant et il y a un après.
Entre les deux est le chaos. Le choc. La
rupture brutale, que la mémoire souvent occulte.
Que se passe-t-il lors de ce basculement ? Ce temps T ?
Quelles séquelles reste-t-il ?
Comment faire coïncider l'Avant avec l'Après. Ce saut dans le temps qui fait brûler
les étapes. Le monde a-t-il changé ? Est-ce moi ? Sont-ce les autres ? Comment accepter que rien
ne sera plus comme par le passé ? Quelles émotions enfouies sont remontées à la surface,
qui font que Je sera(i) à jamais un Autre, et que l'Autre devient pour toujours l'Alter-non-Ego ?
La confrontation à ses limites corporelles, celles qui mourront un jour à la vie, font entrevoir
ce qui au-delà
de l'image perdure : son identité propre.
Que me veut l'Autre, puisque sans lui je mourrai et sans lui je vis ? Quelle est la valeur de La vie, de Ma vie
?
Ego (aux), peut-être, mais dans l'altérité.
Comment concilier le besoin de fusion, cette envie irrésistible de se perdre dans l'autre, d'oublier ce
Soi mortel, et le besoin d'indépendance qui pousse à avancer... Dans la vie ?
Comment l'Autre peut-il se retrouver dans ce cheminement, ce traumatisme irréversible que constitue la rencontre
avec ses contours ? Où est la place de l'Autre dans cette confrontation avec soi-même ?
Toi c'est Toi, Moi c'est Moi. Mais où se trouvent les points de rencontre nécessaires à la
communication ?
Peut-on communier sans communiquer? Où se trouve la porte ? La jonction ?
Je sais où Je suis, mais où es-tu, Toi ? Et sais-tu où je suis, Moi ?
Dans quel univers, dans quelle galaxie, sur quelles planètes nous trouvons-nous ?
Celle de l'illusion... Ou celle de la désillusion ?
Peut-on créer ou recréer une relation sur des cendres ? (descendre ?)
"Tu as le choix des armes, ou celui des larmes ", dit la chanson... " et "que ce soit à
l'amour à la vie "... ou à la mort ! |
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