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| >"Pour nous, grapheurs, avant toute chose, la rue nous permet de nous
lâcher et nous trouverons toujours des endroits où peindre !" |
Le graph est actuellement très controversé. Il
est généralement assimilé à du vandalisme. Le "wild style" est en particulier
responsable de cette mauvaise image, car une signature sur un mur évoque le comportement du chien qui marque
son territoire.
Mais de plus en plus de grapheurs souhaitent sortir de cette impasse en défendant le vrai message du graph.
Nous avons pu rencontrer JEF, un grapheur de Strasbourg qui est sensible au jugement des passants :
"Pour les gens, le graph ne possède rien de positif, pour eux nous ne sommes que des voyous avec des
cagoules qui peignent tout ce qu'ils trouvent, juste par méchanceté".
Le graph ne veut plus de cette étiquette. Pour sortir de l'ombre, les grapheurs communiquent. "Internet
est actuellement une excellente porte sur le monde. On assiste à la naissance d'un réseau organisé".
Mais le graph reste un art de la rue. Il n'a pas de limites. Dans chacune de ses créations,
le grapheur exploite toutes les possibilités d'assemblage des formes et des couleurs qui lui sont accessibles,
mélangeant dessin et calligraphie. Chaque grapheur développe ainsi son propre style, qui sera sa
"marque".
"En fait si les détenteurs du soi-disant courant artistique voulaient l'instaurer comme un art valable,
ils devraient forcément tendre à une démarche visant à détruire cette image
négative pour que nous puissions enfin nous exprimer librement et légalement."
En effet de plus en plus de grapheurs exercent leur talent sur commande : façades de foyers de jeunes, vitrines,
fresques murales...
De nombreuses rencontres sont organisées dans certaines villes. Les "Hall of Fame" donnent lieu
à de gigantesques fresques rassemblant plusieurs grapheurs.
Ces opérations sont montées en collaboration avec les mairies qui ont compris leur intérêt
social et culturel.
Le plus souvent la qualité des fresques est admirable.
"Pour nous, en dehors du temps et de la légalité, il n'y a aucune différence entre ce
genre d'actions et celles qui sont faites "librement" dans les rues et s'il faut se justifier de çà
je dirais seulement que c'est un plaisir de repeindre le ville et que c'est en fait une des rare occasion pour
nous de nous montrer. Trop peu de personnes prennent la peine d'analyser cet aspect."
La controverse autour du graph est le signe d'une fracture entre deux générations (celle qui s'exprime,
et celle qui paye les dégâts ? Ndlr).
"De toute façon il ne peut pas y avoir rencontre sans choc culturel." |
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