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| >Pour qui gagne... |
« Ce n'est pas la position qui honore l'homme, écrivait
Louis Pasteur. C'est l'homme qui doit honorer sa position. ». C'était au dix-neuvième siècle
: un temps béni où les masses respectueuses communiaient encore dans la même foi en une hiérarchie
des valeurs et en une communauté de destin.
Dans la seconde moitié du vingtième siècle émergea une nouvelle engeance, génétiquement
modifiée, de « responsables » jamais coupables de rien, saisis par la frénésie
de « faire bouger » ou de « faire avancer » les choses. Mais vers où ? Vers davantage
de rentabilité ? Et pour quoi faire ?
Le cul sur le tiroir-caisse, ils plongent le pays dans la barbarie interrompue de la réforme creuse, du
changement perpétuel sans transformation et du mouvement vain sans innovation véritable : une gigantesque
lofterie collective qui s'appelle sans doute la réformite aigue ou le bougisme.
Maladie adulescente de nos démocraties qui refusent de mûrir et qui ne savent
pas où elles vont ?
Rien ne se crée, rien ne se perd, ni ne se transforme dans cette nouvelle cybernétique sociale. Mais
tout est dans le mouvement – et dans le grand vent qui emporte la poussière… Les dirigeants des organismes
chargés de la collecte des cotisations pour les retraites se mettent à jouer les fonds collectés
au casino au lieu de les verser aux cotisants : assurément, les choses bougent - tout part en fumée…
Est-ce la peine de déplacer tant d'air pour aller de nulle part à non loin de nulle part ? Ou d'une
télévision fenêtre ouverte sur le monde transformée en vasistas donnant sur les toilettes
– et d'œil dans la tombe ? Le pied fermement arrimé non sur l'échelle des valeurs mais sur celle
de leur carrière. Nos " responsables" (mais pas coupables!), impriment au corps social le mouvement
erratique de leur CAC 40 et de leur audimat devenus fous, ou les spasmes de leur incontinence lubrique.
Qui arrêtera ce mouvement qui transforme les richesses d'une nation en monnaie de singe – et une jeunesse
en chair à pub ou à audimat? Lassés de se chercher en vain à
l'université ou dans les concours administratifs, les jeunes désormais croient résolument
se trouver dans la dernière lofterie médiatique… en se faisant gober tout crus dans cette vacuité
unique qui veut nous faire prendre la vessie fatiguée de la crétinisation de masse érigée
en conditionnement erotico-publicitaire pour la lanterne de la libération.
Comme le disait déjà le vieux Shakespeare : « Le temps est hors de ses gonds. »
C'est toute une société en panne de sens qui, en refusant de sortir de l'adolescence, est en train
de sortir de ses gonds. Malheur à ceux qui seraient du mauvais côté de la porte. |
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