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Les 20 et 21 novembre 1998 se tenait à Strasbourg un
colloque ayant pour objectif la célébration du 50ène anniversaire de la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme. A cette occasion, une mission interministérielle a vu le jour. Présidée
par Robert Badinter, cette mission était chargée de promouvoir cet anniversaire au moyen de différentes
manifestations. L'une d'entre elles concernait l'organisation d'une série de 8 colloques
internationaux. L'un des ces moments fort fut relatif au jugement des criminels contre l'humanité.
Alors qu'un ex-dictateur est actuellement retenu et risque d'être extradé afin d'être jugé
(voir nos articles), d'autres «criminels», encore au pouvoir, étaient reçus
avec les honneurs en novembre
dernier à Paris lors d'un sommet franco-africain. Une gageure quand on connaît la situation politique
d'un grand nombre d'états africains où les libertés fondamentales sont bafouées! Un
tel constat révèle combien l'impunité des criminels contre I'humanité est actuelle.
Pourtant, il a fallu que I'ex-président du Chili, Augusto Pinochet, ne soit plus au pouvoir pour qu'un semblant
de début de justice naisse. Pour ce qui concerne Kabila, aux dernières nouvelles, il continue toujours
à gouverner en toute sérénité son pays d'une
main de fer.
Pour les crimes ayant le plus choqué I'opinion publique, des tribunaux ad hoc (créés uniquement
pour juger une affaire donnée) ont certes été mis en place. C'est le cas par exemple du Tribunal
pénal international pour I'ex-Yougoslavie (même chose pour le
Rwanda). Mais une juridiction pénale internationale permanente n'existe pas, même si la question est
soulevée. Tout ceci montre qu'il n'y a pas de compétence automatique et universelle de la Cour Pénale
Internationale; un souhait évoqué par les pays en voie de
développement. En conséquence, la mobilisation de l'opinion publique est essentielle pour avoir une
ratification la plus large possible. Et il est inadmissible que des pays comme les Etats-Unis refusent toujours
de ratifier les statuts de cette Cour.
La Cour Pénale Internationale est compétente pour sanctionner les crimes contre l'Humanité
et les crimes de Génocide. Ne pas ratifier ses statuts, c'est accepter que ces crimes et ceux aui les ont
commis restent impunis... |
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