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..ETRANGER
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LE KOSOVO : ENTRE L'INDIFFERENCE ET LE PERFECTIONNISME POLITIQUE
..François Viricel
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Clinton face à Hitler

 

 

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> Certes:

Manifestation pro-serbe à Strasbourg

Personne ne peut souhaiter une guerre...
- il n'est pas sûr que les frappes de l'OTAN fassent plier Milosevic
- la purification ethnique semble s'être accélérée depuis les bombardements
- la popularité nationale de Milosevic a fait un bond un avant dans cette même période
- les opposants modérés au régime raciste vont se trouver en difficulté aux vues du nouvel ennemi commun
- les frappes aériennes n'empêchent pas les exactions serbes sur le terrain
- elles font ( et feront sans doute hélas! ) des victimes civiles en Serbie et au Kosovo, aussi sélectives soient-elles
- le formalisme juridique international devant accompagner une telle convention n'a pas été respecté
- il aurait peut-être fallu inviter à la conférence de Rambouillet tous les peuples concernés en particulier ceux des Balkans (où affluent actuellement les réfugiés)
- c'est une guerre déséquilibrée, certains disent lâche
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> MAIS...
.....fallait-il pour autant continuer à accepter l'inacceptable, c'est-à-dire la poursuite d'une logique nationale "raciste"! (continuer à parlementer sans agir c'était en fait l'accepter!)
Non! Pour les hommes simples et même quelques intellectuels...

"L'obligation morale est illimitée ou elle n'est pas", dit très justement Bernard- Henri Levy dans son article du Monde du 08 avril 1999.
Bien sûr, diront certains, il faut se méfier de l'universalisme et lui préférer un certain réalisme politique. Le Front National (il n'a pas le monopole de ce genre de réaction) l'exprime clairement par la formule : "Si je devais choisir entre ma fille et ma cousine, je choisirais ma fille; et entre ma cousine et ma voisine je choisirais ma cousine..."C'est peut-être un principe de réalité, mais quelle réalité décevante et peut-être dangereuse aussi: la menace peut concerner d'abord la voisine,
puis la cousine, puis la fille...peut-être fallait-il l'arrêter au départ.

"Qui est pour les frappes est un va-t-en-guerre", dit-on parfois: laisser faire la confiance bonhomme en l' avenir , la tolérance au nom des risques de toute action peuvent mener au pire comme l'a montrer par exemple le développement non inquiété de l'Allemagne Nazie...

A mais ces Américains, ils jouent de leurs forces militaires (parce que ce sont des Américains)!
Peut-être faudrait-il modestement leur reconnaître la capacité militaire et politique de réagir alors que l'Europe n'aurait pu le faire seule. Qui peut d'ailleurs imaginer de joyeux combattants prenant plaisir à bombarder et à détruire?

Mais dira-t-on encore il aurait mieux valu une intervention terrestre, une force d'interposition européenne: on se souvient de la Bosnie, d'ailleurs qui allait prendre le risque d'affrontements directs avec l'armée serbe? (Cette intervention si elle paraît nécessaire est maintenant envisagée).


Et puis ces bombardements sont lâches! : reproche-t-on dans un Etat démocratique, à la police d'intervenir en nombre pour arrêter des trafiquants armés et dangereux? ( ce qui n'exclu pas les risques d'ailleurs!).

Seul l'ONU pouvait intervenir entend-t-on dire aussi: on sait qu'elle ne l'aurait pas fait!
D'ailleurs la Serbie n'est pas un Etat de droit et le Kosovo est par nature presqu'un Etat fédéré, sauf à entériner l'arbitraire pour ensuite prétexter le formalisme juridique justifiant l'inaction.
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> Et puis est-ce le vrai problème?
..Les valeurs démocratiques ne sont-elles pas entrain de transcender les faux prétextes que sont parfois la souveraineté nationale, le droit international...

La véritable urgence: c'est d'arrêter les assassinats, les violences, les pillages, les incendies volontaires, le désespoir de centaines de milliers de réfugiés dont la vie si elle n'est pas supprimée est au moins niée.
La véritable urgence: c'est la réalité dramatique des faits et non le caractère plus ou moins tendancieux de la façon dont on les rapportent, comme le dit Alain Finkielkraut dans son article du Monde du 04 avril 1999. Et il serait bien dangereux de confondre idéologie "ramboienne" et impuissance politique de l'Europe.
La véritable urgence: c'est de faire payer aux barbares le prix de leur barbarie (ne pas oublier l'universalité de la justice).

Il fallait agir, cela a été fait avec détermination et discernement: a-t-on déjà en effet pris autant de précautions dans une guerre vis-à-vis des civils même si on en prend jamais trop.
N'oublions pas d'ailleurs l'engagement de la plupart des grands états européens qui se sentent concernés au premier chef par l'épuration ethnique.
Et même si on juge parfois les premiers résultats décevants il paraît élémentaire d'attendre pour porter un véritable jugement.
Et si cette guerre ne peut éviter les "accidents" il faut se souvenir que la justice internationale ne peut avoir la sérénité de celle d'un Etat de droit où la violence légitime dominante peut en principe éviter les bavures...
La justice sans la force de l'imposer c'est
"l'impuissance morale", celle qui tolère finalement même si elle s'en indigne, l'injustice du monde, n'en déplaise aux pacifistes forcenés!
Rousseau ne disait-il pas que la pitié envers les méchants est la pire des injustices!
Il a plus que jamais raison...
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