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..THEATRE
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LE VOYAGEUR ET SON OMBRE - NIETSZCHE de michel Véricel
..Christine Strohl-Grün et François Viricel
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 Texte établi par Michel Vericel, à partir de l'oeuvre de Frédéric Nietszche, de Stephan Zweig, et de "l'Art et la Vie" de Philippe Chandler et Hélène Nancy.

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>Critique

Lou Andrea Salomé
..La philosophie devrait ennuyer le non spécialiste: ce n'est pas le cas. Le spectateur est séduit par la musique et la danse sur scène. La conception héroïque et paroxistique sur scène est clairement évoquée:
- "
Dieu est mort; Vive l'Homme";

- Le "Grand Soleil " (principe de vie),

- "l'Homme entre deux abîmes" (
Zarathoustra).

Tout ceci évoqué à travers les cris de l'action, ses agitations niées ou amplifiées (mimées) par son double (son ombre, la danseuse), qui donne l'image d'un philosophe à fleur de peau.


La bouffonnerie du ton à des accents de désespoir. La Vie même n'est-elle pas une bouffonnerie, dont le créateur rend parfois grâce à son génie?
Le voyageur qui s'arrête, s'arrête aussi de penser (son ombre disparaît). La philosophie de Nietzsche correspond à une aventure qui mène à la folie.


L'ombre correspond au négatif de sa curiosité vis à vis du monde.
Dans la pièce, l'ombre est représentée par une danseuse plutôt attirante. C'est en fait le principal protagoniste de la pièce, le fil conducteur: la folie qu'engendre la découverte.


Le spectateur voyage de l'explicite
:
-
La critique de la récupération politique de Nietszche (allusions au régime de Vichy).


A l'implicite:
C'est à dire au clin d'oeil visant le spectateur informé:
-
Nietszche battu par une femme avec un foulard: allusion à la psychanalyste Lou Andréa Salomé dont il était amoureux.
- L'acteur se maquille sur scène: allusion à Dyonisos (référence au principe dyonisiaque opposé au principe appolinien.)


Les scènes prennent souvent un sens dont la libre interprétation est laissée au public.
Le ton surprend. Il n'est pas celui de la philosophie, mais celui de la vie et de la violence. Cela peut donner à voir que le philosophe est un homme comme
Qui tient le fouet?
les autres, qui pense en fonction de ce qu'il vit.


L'image de cette distance à la passion , au bonheur et au malheur, est donnée par la danseuse, aussi discrète qu'omniprésente. L'aphorisme: "
avoir son génie dans ses pieds" est ici pris au mot. On connaît d'ailleurs l'admiration que portait Nietszche à la danse, qui, pour lui était indispensable à la vie (principe dyonisiaque) et son goût pour les aphorisme.


Cette pièce est donc globalement métaphysique, ce qui permet une lecture à plusieurs entrées; comme le malade y reçoit l'
Homme (en l'occurrence, l'Ombre, la Femme, la Danseuse) plein de vie.


Le Surhomme dépasse de loin les contingences physiques ( et les interprétations sémantiques!).
Du 21 au 23 janvier 99
T.J.P. (théatre du jeune public de Strasbourg).
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