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..DOSSIER: LE CORPS Le corps a ses raisons.
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Corpus delicti
.. Christine Strohl.
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Enquêter sur le corps nous semble être une idée d'actualité. Pas forcément très novatrice, mais dans l'air du temps, à en juger par le parcours de la presse en général. Certes, c'est un sujet surtout évoqué au printemps et en été, et nous avons voulu aller un peu à contre-courant de cette « mode ».

 

 

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> Un discours convenu
.. Comment faire un dossier sur le corps qui ne soit pas du déjà vu, déjà entendu? En enquêtant dans différents domaines bien sûr, mais surtout en donnant un point de vue personnel.
En effet, pourquoi pas interviewer un directeur de salle de sport, une nutritionniste et un kinésithérapeute devenu psychologue?
Ce qui nous a intéressés, c'était de déceler ce qui se cache derrière le discours convenu et stéréotypé, ce qui se dit actuellement du corps, ce qu'on ne peut plus dire. C'était aussi de cerner la tendance et ce qu'elle cache. Jamais nous n'aurions pensé que le terrain serait aussi glissant pour un sujet qui nous semblait somme toute bateau et peu subversif. Mais nous aurions dû compter avec notre société de consommation qui a compris que la seule chose qu'on ne pouvait s'acheter était un corps, raison pour laquelle celui-ci est devenu un tel enjeu: le corps peut désormais se vendre virtuellement... Tout le monde aimerait améliorer son corps jusqu'à le rendre éternel et surtout éternellement jeune et beau. Le corps est devenu le rêve ultime, le super-consommateur... de l'inaccessible. Ah, si l'on pouvait, tel Faust, vendre son âme au diable!
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> Le corps coupable?
..C'est écrit partout en gros titres: pour maigrir, il faut se faire prescrire des substituts de repas, fréquenter une salle de sport deux à trois fois par semaine. Si ce régime sévère ne suffit pas, il faut consulter un psy... et bientôt consommer du Viagra car l'amour, tout le monde le sait, fait maigrir!
Nous nous sommes demandés ce que venaient chercher les personnes "normales" chez tous les gourous.
Bien entendu, nous leur avons posé la question (aux gourous), mais de façon moins directe, évidemment.

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Luc Grün, huile sur toile.

La réponse est unanime: en un choeur de déni étonnant, on répond aux détracteurs de cette course à l'inaccessible que "non, les gens ne viennent plus dans le but de coller à un modèle mais pour se sentir bien dans leur peau, dans leur tête... en un mot, pour être en bonne santé". Bonne nouvelle pour la Sécu et toc pour l'image ! Nous sommes devenus intelligents, responsables et réalistes.
A l'ère du virtuel et des sollicitations les plus folles, nous voilà miraculeusement redescendus sur terre. Le consommateur est devenu philosophe et comprend que le bonheur est en lui et que son bien-être se travaille. Ouf! nous qui, dans nos moments de déprime croyions que le monde devenait fou!
D'ailleurs, si quelque chose nous a échappé, le psy va nous prouver par A plus B que notre corps n'est pas une image mais que seule la parole lui donne vie.
Exit les modèles, nous pouvons dormir en paix!
Le gourou est en chacun de nous... mais il faut tout de même nous faire aider par des professionnels qui - moyennant finances - nous expliquent scientifiquement et grâce à des instruments informatisés la marche à suivre pour nous retrouver ou nous trouver!
A nous d'en déjouer les pièges et d'être acteurs consentants et éclairés de ce système généralisé qui ne demande qu'à faire de notre corps un instrument de consommation pur (à investissement illimité).
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