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..LA PEUR
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"Engagez-vous....
Engagez-vous qu'ils disaient, vous verrez du pays!"

..Christine Strohl-Grün
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>Sans engagement de votre part...
 
Entre ces deux phrases, les temps ont bien changé. Ceux qui s'engageaient du temps de la légion, voyaient véritablement du pays. A présent, nos "Nomad" et autres mobiles, ne s'engagent plus et ne voient plus de pays. Leur univers s'arrête à l'écran ou à l'oreillette de leur portable. Nous vivons au royaume du zapping, de l'éphémère, du court terme. Le SMS (quand ce n'est pas la SM) a remplacé les lettres d'amour. A même supplanté les "mails" au royaume de l'écriture éléctronique. Du jetable, généralement identifié par une icone en forme de poubelle. Même celle-là est virtuelle et temporaire. Elle dure le temps d'une manoeuvre, d'un écran. S'il faut voir pour croire, et bien nous sommes en pleine crise de foi. Le SMS ou texto (message écrit envoyé par portables interposés) est surtout utilisé par les jeunes de 15 à 30 ans. Il a l'avantage d'être discret (point de sonnerie pour le signaler, mais un vague "bip"). On peut l'écrire en toute circonstance: dans le bus, en cours, devant sa "régulière".... Au nez et à la barbe de tout un chacun. Il évite les conversations trop longues ou ennuyeuses, possède l'avantage d'être visible de suite, de conserver l'information un moment, de prendre note du numéro de portable de son correspondant, d'envoyer une circulaire à une liste d'amis (ou plus perversement, d'amoureux(ses) ). Mais l'aspect pratique, moderne, rapide et direct, est contrebalancé par l'induction d'un type de comportement contemporain redoutable: l'effet zapping. En effet, la "boîte" ou "liste" ne contenant qu'un nombre réduit de message, il faut la "nettoyer" régulièrement et zapper. Le mot d'amour part aux oubliettes, et son expéditeur avec. Car, rompu à ces pratiques, l'auteur n'écrit pas pour la postérité. Autant dire qu'il ne pèse pas ses mots. Et que les fleurs n'y coûtent pas chères. Dans les débuts d'une relation, tout au moins. Car l'adage: "les paroles s'envolent, les écrits restent", n'a plus aucun sens face à la technique.
La génération "zapping", zappe les gens, comme elle zappe les émissions TV, les mots, les sentiments....
La peur de l'engagement domine. Et la peur du vide est comblée artificiellement par la technique et ses nombreuses options. Le cordon ombilical n'étant jamais coupé.
Le jeune ne ressent pas le manque qui le pousserait vers l'autre... et l'amènerait à s'engager durablement. Les multiples possibilités offertes, permettent de ne pas être confronté au choix, et de pouvoir mener des relations parallèles et multiples, le plus discrètement du monde. Dans cette génération du jetable, les personnes sont interchangeables. Le zapping évite les efforts de la relation. Donnant l'illusion que seul le plaisir individuel (et virtuel!) régente la vie. L'ennui est comblé par la technique et son usage, qui permettent de tuer le temps tout en faisant écran à la réalité. Alors, anti-dépresseur le progrès? Ou société autiste, comme certains humanistes le craignent?
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