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| >Sans engagement de votre part... |
Entre ces deux phrases, les temps ont bien changé. Ceux
qui s'engageaient du temps de la légion, voyaient véritablement du pays. A présent, nos "Nomad"
et autres mobiles, ne s'engagent plus et ne voient plus de pays. Leur univers s'arrête
à l'écran ou à l'oreillette de leur portable. Nous vivons au royaume du zapping, de l'éphémère,
du court terme. Le SMS (quand ce n'est pas la SM) a remplacé les lettres d'amour. A même
supplanté les "mails" au royaume de l'écriture
éléctronique. Du jetable, généralement identifié par une icone en forme de poubelle.
Même celle-là est virtuelle et temporaire. Elle dure le temps d'une manoeuvre, d'un écran.
S'il faut voir pour croire, et bien nous sommes en pleine crise de foi. Le SMS ou texto (message écrit envoyé
par portables interposés) est surtout utilisé par les jeunes de 15 à 30 ans. Il a l'avantage
d'être discret (point de sonnerie pour le signaler, mais un vague "bip"). On peut l'écrire
en toute circonstance: dans le bus, en cours, devant sa "régulière".... Au nez et à
la barbe de tout un chacun. Il évite les conversations trop longues ou ennuyeuses, possède l'avantage
d'être visible de suite, de conserver l'information un moment, de prendre note du numéro de portable
de son correspondant, d'envoyer une circulaire à une liste d'amis (ou plus perversement, d'amoureux(ses)
). Mais l'aspect pratique, moderne, rapide et direct, est contrebalancé par l'induction d'un type de comportement
contemporain redoutable: l'effet zapping. En effet, la "boîte" ou "liste" ne contenant
qu'un nombre réduit de message, il faut la "nettoyer" régulièrement et zapper. Le
mot d'amour part aux oubliettes, et son expéditeur avec. Car, rompu à ces pratiques, l'auteur n'écrit
pas pour la postérité. Autant dire qu'il ne pèse pas ses mots. Et que les fleurs n'y coûtent
pas chères. Dans les débuts d'une relation, tout au moins. Car l'adage: "les paroles s'envolent,
les écrits restent", n'a plus aucun sens face à la technique.
La génération "zapping", zappe les gens, comme elle zappe les émissions TV, les mots,
les sentiments....
La peur de l'engagement domine. Et la peur du vide est comblée artificiellement par la technique et ses
nombreuses options. Le cordon ombilical n'étant jamais coupé. Le jeune ne ressent
pas le manque qui le pousserait vers l'autre... et l'amènerait à s'engager durablement.
Les multiples possibilités offertes, permettent de ne pas être confronté au choix, et de pouvoir
mener des relations parallèles et multiples, le plus discrètement du monde. Dans cette génération
du jetable, les personnes sont interchangeables. Le zapping évite les efforts de la relation. Donnant l'illusion
que seul le plaisir individuel (et virtuel!) régente la vie. L'ennui est comblé par la technique
et son usage, qui permettent de tuer le temps tout en faisant écran à la réalité. Alors,
anti-dépresseur le progrès? Ou société autiste, comme certains humanistes le craignent? |
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