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| > L'habit ne fait pas le moine |
Méfions nous des apparences qui sont trompeuses.
Est bien naïf qui s'y fie.
Dans la vie tout est faux semblant, poudre aux yeux.
L'amitié n'est qu'intérêts réciproques.
La beauté d'une femme, le résultat d'une longue préparation matinale et parfois d'avantage.
L'honnête voyageur qui vous fait la conversation, un escroc à la petite semaine, qui en veut à
votre portefeuille.
La jolie secrétaire qui sourit à son patron, une fieffée arriviste.
La jolie sirène, une simple baigneuse en eaux troubles.
Et même l'arc-en-ciel qui ne serait pas dans le ciel.
Allons donc au fond des choses. |
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| > Images et représentations |
Ne faut-il pas se contenter souvent de la représentation,
de l'image proposée ou perçue ( c'est-à-dire de l'apparence pour s'en tenir à
la stricte définition du terme ) ?
L'image vaut souvent comme appréhension, comme explication d'une chose d'un état, d'une évolution.
Si on pense souvent à l'apparence qui peut tromper, à sauver les apparences, à donner
le change. L'image perçue et mise en avant est à la base des relations psychologiques et sociales.
Voyons par exemple l'image traumatique de la psychanalyse. Freud
explique dans « Cinq psychanalyses »
l'impuissance du petit Hans par son complexe de castration : il avait par accident observé le bas-ventre
ensanglanté de sa mère. Comme on le voit, une image pourrait déterminer le reste d'une vie.
Un autre exemple nous est fourni par Caroline Eliacheff et Nathalie
Heinich dans « Mères-filles, une relation à trois » publié chez Albin Michel. Charlotte qui n'a aucune considération pour
son mari, empêche sa fille d'en avoir pour les hommes en général ( page 96 ).
Cette apparence perçue est aussi l'apparence proposée. Et c'est bien une fiction « qu'expérimente très tôt les petites filles dans
leur rapport avec leur mère à travers les scénarios qu ‘elles inventent avec leurs poupées,
et ou elles peuvent rejouer la relation mère-fille mais en tenant , elles, le rôle actif de la mère. » ( page 13 ).
On y devine le jeu subtile des apparences et peut-être même la genèse des sentiments. |
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| > Au début était le narcissisme, ou du sentiment d'être
au sentiment tout court |
Pourquoi le narcissisme ?
Quel est le rapport à l'apparence ?
Le narcissisme est un concentré d'image de soi, souhaitée, aimée, projetée donc aussi
un concentré d'apparences.
Le reflet de soi, le modèle incontournable de tous les reflets.
Le narcissisme serait pour certains à la base de toute réalité
psychologique.
C'est ce que semble penser Françoise Dolto dans son excellent livre « L'image inconsciente du corps »
-Editions du Seuil,1984. ( Etant entendu que ce seraient les atteintes successives au narcissisme qui formeraient
la personnalité ).
Donnons la définition savante que l'on doit à Françoise
Dolto ». « Je définis le narcissisme : comme la "mêmeté" d'être,
connue et reconnue, allant-devenant pour chacun dans le génie de son sexe ».
Simplifions : le narcissisme serait une unité d'être, connue et reconnue, se manifestant pour chacun
dans la spécificité de son sexe (merci d'excuser l'indiscutable perte partielle de sens).
Cet étonnant rapport à soi peut se retrouver dans des domaines où on ne l'attendrait pas forcément.
Par exemple, c'est une remarquable scène d'amour entre deux femmes dans le film « Mulholand drive »
de David Lynch qui illustre cet étonnant amour de soi : l'héroïne blonde, tombant amoureuse
de son double brun. Le rapport mimétique de ces deux héroïnes pouvant faire penser à
une sorte de narcissisme multiplicateur de sentiments. Générateur d'amour.
Tout commencerait par l'amour de soi, l'image de soi.
Comment alors fustiger l'apparence et même seulement s'en méfier ?
Ne vaut-il pas mieux dialoguer avec elle. En jouer à l'abri du piège mimétique du sentiment
qui nous guette.
Laissons nous donc aller à l'apparence…
Ne sauvons plus les apparences. Sauvons seulement l'apparence. |
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