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..LE POUVOIR
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Le pouvoir comme image
..Denisa Butnaru et Elodie Piquette
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>Le pouvoir comme sujet à débattre, implique une démarche pluridimensionnelle, ceci étant dû en partie, au fait que le pouvoir devient de plus en plus un champ d’analyse, dans les sciences sociales, mais aussi politiques....
 
Cette analyse va se réduire à une dimension qui est fortement prégnante dans la société : le pouvoir et ses attributs symboliques dans le domaine politique, économique et sociale. Ces trois plans, sont conjugués dans la logique publicitaire, bien évidemment une des formes d’expression favorite dans le monde économique.

Transposée dans le champs de la politique, cette
démarche publicitaire a pris au cours de ces vingt dernières années, une place prépondérante, faisant même de l’image et des sens qu’elle véhicule, le nerf de la guerre politicienne. Cette intrusion d’une part économique dans l’exercice politique, contribue ainsi à ne plus voir l’action de voter comme l’adhésion à des valeurs, un acte de responsabilité, mais plutôt comme le choix d’un produit, issu de l’offre politique.


Aujourd’hui, et les récents évènements du 21 avril nous l’ont bien montré, le politique parle en terme d’offre, afin de répondre à une demande sensée exister. Son action sera dirigée vers la satisfaction des besoins exprimés par cette demande. Le citoyen électeur devient ainsi une cible publicitaire qui se veut conçue sous la forme de consommateur. De cette façon, le discours politique devient davantage du « prêt à voter », qu’une pensée de fond, mettant en jeu les grandes orientations qui concernent l’ensemble de la société. Où se trouvait le
thème de l’Europe dans le dernière campagne, alors que les pays de l’U.E se préparent à accueillir de nouveaux membres ? A ‘inverse de ces questions essentielles, cette dernière campagne publicitaire se réduisait à vendre des idées de surface, à la limite du populisme, sous la pression médiatique.


Désormais le politique va tenter de vendre à l’électeur- consommateur, un discours sensé justifié de la validité de son engagement. Pour ce faire les mots seront toujours les mêmes que ceux qu’emploient les publicitaires : le thème de la sécurité , si utilisé durant la dernière campagne présidentielle, renvoyait l’électeur aux messages vantant les mérites, ici d’une voiture, ou là, d’un produit d’entretien. A ce propos, le terme de propreté revient souvent, l’idée du nettoyage (bien sûr exacerbé du côté du F.N), évoque l’idée des réformes que promettent de réaliser les candidats -V.R.P.


A travers la publicité, toutes sortes de symbolismes sont déployés pour soumettre, dans la mesure où la logique capitaliste prépondérante à tous les niveaux de la vie, est devenue une stratégie de combat. L’idée de compétitivité, de conquête de part de marché si bien représentée avec l’usage massif et parfois abusif des sondages, renvoie toujours à une action dirigée vers un objectif précis : obtenir des voix et se faire élire. Mais c’est aussi et surtout, éliminer tout concurrent potentiel. Pour ce faire, le discours « politico- publicitaire » va insister sur la faible validité du produit adverse, le peu de garanties qu’il offre (pas de service après-vente en cas de problème, donc pas de possibilité de réclamer par exemple, une quelconque augmentation de salaires) et sur l’impossibilité de tenir des promesses. Parfois, on s’attaquera à la présentation de l’article, sa composition pour souligner le caractère invendable du produit.
Dans l’histoire, l’électeur est assez passif : il est toujours cantonné au rôle de récepteur. Il perçoit les images, entend les discours et parfois même, se déplace, pour « tâter » la marchandise ou du moins, tenter de le frôler. Mais là aussi, il cherche à être convaincu, séduit par un quelconque fluide charismatique du produit présenté.


A force d’être spectateur, à force de discours creux, ne suscitant pas une part de désir ou d’envie, l’électeur se raccroche à des éléments n’ayant pas grande importance. Là est la force d’un populiste tel que LE PEN : il use d’un discours bien rodé, laisse croire au spectateur qu’il est du même monde en utilisant le même vocabulaire, instille le doute en parlant de « détails de l’histoire », propose du prêt à penser et donc à voter. La raison étant que le discours est présenté comme seul valable car infaillible, en ayant réponse à tout.


La réaction du consommateur de biens politiques face au flot d’images et de paroles qu’il aura subi durant toute la campagne, sera toujours encadrée par les conditions de l’attaquant qui s’impose au système, même si la plupart de la population ne s’en rend pas compte. Le modèle est donné, une partie l’adapte et la mise en scène propose chaque fois dans un spot publicitaire, va être conçue comme un comportement qui tôt ou tard finira par être intériorisé dans l’ensemble des dispositions qui nous sont données. Le
pouvoir comme manipulation des symboles et comme théâtralité, devient ainsi la question du comportement avec une efficacité publique, dans le sens où la propagande publicitaire, marque les esprits, jusqu’à l’orientation des comportements. On assiste ainsi au formatage des conduites électorales et la destruction des consciences politiques en routinisant le débat et en le réduisant à son sujet le plus superficiel.
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