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| >Enfin une belle occasion de ne rien faire |
Pour une fois le thème du dossier a été
bien choisi. Je peux ne rien écrire ou ne presque rien
écrire. Disons au moins je ne sais quoi si
ce n'est n'importe quoi ! Qui a dit « comme d'habitude »
?
Ivre de cette rare liberté je m'aperçois vite de mon erreur : écrire sur le presque-rien
c'est écrire sur presque tout.
Tout d'abord le rien sans négation n'est pas rien mais quelque chose, sinon à quoi servirait l'ellipse prolétarienne
du « ne » (« je sais rien »). (Rappelons que les grands auteurs demandent à être
lu à haute voix)
Enfin sait-on jamais : je ne sais rien et je finirai par tout dire.
Je fais rien et j'y prends plaisir. |
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| >Tentative de définition du presque-rien |
Le rien
et le presque-rien seraient les deux seules
choses au monde non susceptibles d'enquêtes scientifiques et particulièrement, si je puis dire, sociologiques.
Ce qui est aussi vrai pour le je-ne-sais-quoi.
Le je-ne-sais-quoi; là je m'avance sans doute, serait l'étincelle du désir et du défoulement
dans la réflexion et la décision. Le pied de nez au rationnel, la provocation arbitraire de l'être,
enfin le je-ne-sais-quoi d'inattendu, de futile et de déterminant…
Tout ça n'est pas très satisfaisant, heureusement
Vladimir Jankélévitsch répond
à ma place : « […] Car le presque-rien est justement ce rien qui est tout, […]
d'autre part. Et négativement, le presque-rien dont
nous devinons l'absence présente sans savoir son nom ni déterminer sa nature. Nous l'appelons, en
raison de son caractère évasif, le je-ne-sais-quoi ; avant de savoir ce qui manque, je sais qu'il
manque […] », extrait de « Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien » Tome 2, "La méconnaissance".
Bien entendu il n'est pas question de le conceptualiser car on pourrait être tenté de l'être,
comme le dit le philosophe lui-même. Donc le presque-rien: quelque chose de fondamental mais qui ne se laisse pas enfermer
dans un concept ! |
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| >Le presque-rien se mêle de tout |
Plus je songe à la définition précédente,
plus je m'aperçois qu'elle est partout :
- dans le communication commune entre les individus
le discret clin d'œil qui change tout,
le sourire qui séduit,
le mot en trop qui fout tout parterre,
le rêve absurde qui achève le psychopathe,
la brûlure du soleil qui fait de « l'étranger » un criminel.
En un mot: l'ange du bizarre d'Edgar A. Poe qui donne sa folie au monde
- et dans les plus graves problèmes du monde, les plus lourds de conséquences |
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| >Le je-ne-sais-quoi et la guerre d'Irak |
D'un côté le président d'un pays blessé
qui rêve d'ordre planétaire ou plutôt de remise en ordre à l'américaine, de fin
programmée du terrorisme international, en quelque sorte du paradis démocratique et libéral.
Avec bien sûr une stratégie de mobilisation massive des peuples démocratiques. Des prétextes
à guerroyer assez fragiles et en fait de vraies raisons (abattre un tyran reconnu) peu mises en avant.
De l'autre côté une cohorte de pays et de peuples bien intentionnés plutôt pacifistes
et heurtés dans un premier temps par l'impression de mépris du droit international manifesté
par les Etats-Unis (en fait vexés d'être peu pris en considération, en particulier dans le
cadre le l'ONU).
Et allez savoir quel je-ne-sais-quoi transforme l'illégal en comportement totalement amoral et nullement
motivé.
Bien sûr les intentions prêtées aux américains sont troubles (essais d'armes nouvelles,
maîtrise du pétrole, etc…), peut-être vraies pour certaines d'entre elles (au niveau du gouvernement).
Mais un mystérieux oubli dans tout ça : la terrible réalité du régime irakien.
Le presque-rien aurait-il encore frappé
de son emballement fantasque ?
Ce qui est sûr, c'est que les défilés des grandes villes françaises où on pouvait
entendre massivement: "vive Saddam !", n'ont pas été boudés pour autant par les
démocrates pacifistes raisonnables.
Là le je-ne-sais-quoi avait dû frapper très fort.
Attention! Une fois atteint du je-ne-sais-quoi, plus redoutable qu'un virus, on ne peut hélas être
mis en quarantaine.
Alors, peut-être, sera-t-il trop tard, et ne restera-t- il plus rien à faire? |
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