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| >Un mélange explosif |
Celui de l' hédonisme marchand et de la "passion
pour l'égalité".
Ce n' est pas un nouveauté de regretter la marchandisation des plaisirs humain et même parfois celle
des sentiments
L' "homme unidimensionnel " de H. Marcuse est parmi nous , en nous sans doute.
Ce dernier systématise ce diagnostique en montrant
comment le capitalisme dissout les pôles de libération
( inconscient, sexualité, politiques ) dans la valorisation d'un bien-être aseptisé. ( Nouvel
Observateur
Oct. Nov. 2003 )
Un Picasso est coté et vendu … Edith Piaf, se vend bien aussi ….
Sait on vivre en dehors de la sphère marchande ?
N' oublions pas Anna Karina, répétant « je ne sais pas quoi faire " dans le film "Pierrot
le fou " de Godard.
Ne sommes nous pas pris dans le tourbillon de la rationalité en finalité ( Concept de Max Weber ).
C'est à dire dans la recherche de l'efficacité comme seul critère d' action . [ l' objectif
étant la satisfaction marchande , le bien –être du consommateur dont l' enfant américaine obèse
donne une bonne image ], qui se mue système de valeurs .
Mais, comme si cet emballement ne suffisait pas, il
nous a fallu aussi celui de l'égalité avec le confusionnisme
qu' engendre cette dernière. Une fois dénoncée l' illusion de l' égalité des
droits ( cependant indispensable ), l'égalité des conditions devient une nécessité
( qui n'est pas encore réalisée à l' évidence ), puis, pourquoi pas, passons à
l'exigence de l'égalité des situations, la moindre des choses dans l' inconscient collectif des banlieues…
( L' égalité des situations a le grand mérite d'éviter l'effort qu'il faudrait en principe
fournir pour accéder à un niveau de vie satisfaisant ) .
Faut-il insister pour deviner le caractère explosif de ces deux évolutions en termes de comportement
?
D' autant plus qu'il manque de plus en plus le ciment social de la fraternité . |
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| >Le tabou de la fraternité |
Alors que l'égalité et la liberté s'accordent
bien avec l'individualisme forcené du modèle marchand ,
la fraternité n'est plus de notre époque . La fraternité en voilà un sentiment ringard
! Qui parle encore de fraternité ?
D'ailleurs on dit maintenant solidarité .
De plus dans nos société il s'agit plus de solidarité organique ( c'est à dire organisées
au niveau de la société)
que de solidarité individuelle ( mécanique ) ; [ note 1 : terme de E . Durhkeim ]
L'individualisme marchand exalte facilement la liberté
en oubliant sa réciprocité qui est à la base de toute morale.
On retrouve là d'ailleurs, l'exigence d'universalité de cette dernière à travers l'
impératif catégorique de Kant.
( Toute action individuel doit pouvoir s'étendre à la collectivité pour être pour être
justifiée moralement)
De même l' égalité , on l'a vu , ne fait pas peur à certains, au contraire, mais surtout
vue dans sa dimension
"rattrapage ", l'égalité " pour soi " si l'on peut dire , qui oublie les autres
( qui peuvent être pauvres ).
D' ailleurs la violence " égalitariste " n' a pas toujours été justement sanctionnée
.
( Ce qui a pu faire le lit des apôtres de l'autodéfense!).
Revenons à la fraternité , amour "naturel" de l'autre : elle aurait disparu ? Il en reste
des traces dit-on !
Avis aux ethnologues….
De toute manière il serait utile d'expliquer cette disparition d'autant plus que la fraternité est
à la base
du sentiment ( pris dans son sens affectif !)
Et il ne faudrait surtout pas oublier qu'elle n'est pas qu'une donnée sociale mais qu'elle devrait être
la matière brute du cœur humain. |
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| >Schizophrénie et violence |
Les constats précédents étaient en germe
dans l'histoire.
N'oublions pas le " mieux " Marx et le conce
pt d'aliénation.
Serions-nous aliénés ?
Sans doute , sous le double effet du fétichisme de la marchandise et de la réification. Nous voilà
"choses "...
C'est exagéré heureusement ! il s'agit d'un constat global, social et nous gardons en fait l'intériorité
enchantée de nos ancêtres ( malgré le désenchantement weberien ).
La marchandise n'est qu'un jeu …..
Pas si sûr !
L'ennemi est dans notre tête !
Nous sommes bel et bien aliénés et nous vivons sur le modèle du faux. Le spectacle , rapport
social
médiatisé par des image , ( la société du spectacle – de Debord ) , la réification
de nos rapports sociaux seraient à la racine de notre sensibilité ? Ceci serait très inquiétant
: l'aliénation serait socialement normale , le vrai étant un moment du faux dans la société
« inversée « du spectacle.
Alors il n'y a pas d'autre solution pour sauver l'affectif que la barrière schizophrène : d'un côté
la voracité égocentrique assoiffée de satisfactions marchandes , de l'autre la fraternité
et le sentiment pour simplifier.
Ou plutôt si, la violence pure : l'aliénation occupe alors tout le terrain et chasse l'affectivité
réelle (à base fraternelle).
Donc, pour finir , le conflit intérieur passe à l'extérieur : le nouveau voyou , sans âme
ni fraternité menace les classes (très) moyennes qu'il envie. C'est l'indifférence totale
à l'autre (à sa souffrance par exemple) le jusqu'au-boutisme de l' individualisme petit-bourgeois
(dont ce dernier peut d'ailleurs donner d'intéressantes versions routières par exemple) . C'est aussi
dans sa version névrotique « a-marchande » le délire du tueur fou (et dans certains cas
sans doute celui du tueur en série). |
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| >Conclusion |
Ainsi, comme on le voit, l'intérêt individuel s'oppose
à l'intérêt collectif et donc à lui même en quelque sorte .
Mais la réflexion actuelle sur les nouvelles régulations mondiales remet en question l'individualisme
libéral exagéré et permet de penser à un retour vers un système de valeurs plus
raisonnable. Nous n'irons pas à « Alphaville » 2
Le sentiment n'est pas mort.
Note 2 : référence à un film de JL Godard |
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