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| >En entendant Street of Philadelphia
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En entendant
Street of Philadelphia de Bruce Springsteen ce matin
là, tout m’est revenu : deux regards qui se croisent, un cœur qui bat plus vite qu’un tambour brésilien
en plein carnaval de Rio, et un baiser sur l’air de Bruce.
C’était ma première rencontre amoureuse. C’était mon premier amour. C’était
Annabelle.
Aujourd’hui, Annabelle, elle, est avec un autre que moi. Mais la musique, elle, est restée…
On a pour la plupart déjà vécu ce moment : cette musique qui prête à nos poils
l’allure d’une unité militaire au garde à vous et nous donne l’impression que notre âme pleure.
Elle nous rappelle un premier amour perdu, des semaines d’errances sans manger, à « comater
» devant la télévision, et des nuits à perdre nos larmes…
Tout s’écroule ; il ne reste plus rien de notre monde, de nos espoirs.
Malgré tout, je me souviens que rien ne m’a rendu plus heureux qu' Annabelle. Elle m’a appris à être
amoureux. |
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| >Être amoureux... |
Être amoureux, c’est quelque part perdre son âme,
puisqu’on en fait don à cet autre si influent sur notre vie. C’est une offrande de soi.
Être amoureux, c’est aller vers l’autre, le découvrir. C’est désirer ne faire qu’un quand on
est deux.
Être amoureux, c’est une croyance à la transcendance de l’état naturel, pour se réaliser
soi-même en tant qu’Homme, et s’épanouir sexuellement.
Être amoureux, c’est s’approcher des arcanes de l’Amour.
Des arcanes, car l’Amour n’a jamais pu être défini dans sa substantifique moelle, seulement décrit
et approché par chacun.
Chacun aime à sa manière, et aucun Amour n’est comparable. Mais il reste des perceptions de l’âme
et du corps récurrentes chez tous :
1) Le bouleversement : lors du premier contact, lorsque la personnalité des deux êtres se rencontrent.
2) La demande : lorsque l’on aime, on passe son temps à interroger l’autre afin de déchiffrer la
place que l’on occupe en lui.
3) Le trouble du corps : le cœur devient plus fort que la raison et la présence de l’autre nous fait vibrer.
4) Le manque : l’absence de l’autre nous fait souffrir.
A partir de ce moment, de cet état, une seule alternative possible : conter fleurette à l’élu(e)
et former un couple, un vrai. |
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| >Le couple d’aujourd’hui ... |
«
Aujourd’hui, la nouvelle génération ne se respecte plus, ce n’est plus de l’Amour, c’est l’ère
de l’individualisme ». Des phrases comme celle-ci,
on en ramasse à la pelle lorsqu’il s’agit de discuter des couples actuels.
Il semblerait qu’en effet, le couple d’aujourd’hui n’est plus définit par un « nous », mais
par deux « moi » : contrat d’infidélité, libertinage, logement séparé,
etc. Bref ! On ne s’engage plus qu’à moitié. Les nouvelles options de concubinage
ou mariage semblent être révélatrices d’un nouvel individualisme au sein du couple.
Certes, mais le couple d’aujourd’hui n’en est pas moins amoureux ou moins respectueux qu’avant. Il y a simplement
plus d’émancipation de certains individus. Donc pas de généralités !
Chacun trouve son bonheur dans sa manière d’aimer. Pour les uns, l’Amour imposera la fidélité
du cœur et du corps, et pour les autres, simplement du cœur. Quel est le problème tant que nous sommes heureux
?
Le couple moderne est plus libéré des dogmes, c’est une évidence, mais dans
tous les cas, on souffre de la même manière quand ça finit. On constate alors que quelque soit
l’époque, l’Amour est toujours le même, il est universel. |
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| >Après la rencontre amoureuse
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Il arrive des fois que la vie se mette à nous tomber
sur la gueule avec la vivacité d’une dinde en période de noël. Il arrive que l’on perde l’être
cher sans comprendre ni pourquoi, ni comment. Alors on rejette la faute sur soi, on perd tout estime de soi, on
se demande si cet attachement n’était pas fictif.
L’Amour se transforme : il devient source de désillusion, de confusion, et de souffrance.
Ne faire qu’un avec une personne implique le fait de donner une parcelle de son âme à l’autre ; et
si cette personne part, elle emmène ce morceau.
Davantage lorsqu’il s’agit d’un premier
amour : il n’y a rien de plus décisif dans
notre vie que ce premier chagrin.
La première fois que l’on perd sa moitié, l’échec amoureux est vécu comme l’échec
de sa vie.
C’est une expérience trompeuse qui vient souiller notre vision de l’Amour immaculé : toute rencontre serait
alors régression. Cependant, il s’agit, certes, de se protéger contre cette expérience pour
ne pas pervertir l’idée de l’Amour (et ne pas perdre espoir) mais sans pour autant y être imperméable
à 100% : ce serait une erreur. Cette rupture reste une étape
utile et structurante, essentielle pour mûrir.
Une étape douloureuse où il est important d’être entouré. C’est le meilleur des soutiens.
Rien ne sert de reprendre des adages séculaires pseudo-consolateurs. Les « T’en auras d’autres »
ou « Une de perdue, dix de retrouvées
» n’arrangent rien. Nous ne sommes pas dupe
et savons pertinemment que l’on essaie de nous berner comme Dieu berna Job en lui « rendant » une autre
femme, une autre demeure et d’autres enfants.
Ce qui nous a été donné nous a été repris. Et rien, ni personne ne pourra pallier
cela.
C’est d’ailleurs là l’erreur de beaucoup : vouloir remplacer l’irremplaçable, vouloir retrouver avec
d’autres personnes la même relation.
Rester figé à la phase dépressive après plus d’un an, c’est un « deuil pathologique
» (révélateur de ce qui est propre à chacun) comme l’appelle les psy. Il est alors préférable
d’en parler à quelqu’un.
Pour ma part, je pense qu’il y a deux seuls remèdes. Le premier, le temps, et le second,
la volonté (en tant que puissance d’élire et d’exécuter). Il faut choisir d’être heureux
et ne pas se laisser abattre. Il faut choisir d’être un gagnant. Il faut choisir de se relever.
Parce que l’on se doit, pour reprendre Desproges, de "vivre heureux en attendant la mort". |
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