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| >Au cours de l’histoire... |
Au cours de l’histoire, au fil des époques, la rencontre
amoureuse, la découverte de l’ « autre »
a bien changé.
En effet, les mentalités, la conception du couple, les passions ou encore les lieux de rencontre se
sont modifiés.
En l’espace d’un siècle, nous sommes passés du mariage arrangé, de l’union faite par
intérêt, des rencontres dans les cafés-concerts du début du XXème siècle
à la rencontre passive sur « amour.fr » où l’idéalisation et la recherche
du ou de la partenaire parfait(e) sont à leur comble. Cela est le fruit de nombreux bouleversements, tels
que la libéralisation des mœurs, la recherche du plaisir, la montée de l’individualisme, etc. Je
m’attarderai donc sur cette évolution à
partir du début du XXème siècle.
Avant la première guerre mondiale, la France a connu sa « Belle Epoque » où
joie de vivre et plaisir régnaient dans le pays. Se créèrent ainsi de nombreux cafés-concerts
et music-halls dans l’hexagone. Ces lieux permettaient pour la première fois de lever les barrières
sociales; ainsi, bourgeois et ouvrier siégeaient fréquemment à la même table. C’est
dans ces cabarets, restaurants, théâtres, cafés, organisés par les cafés-concerts,
que l’on découvrait, rencontrait l’ « autre ». Beaucoup de lieux de distractions
apparaissent alors, Montmartre, par exemple, devient le bastion du plaisir. Cette recherche du plaisir, du sensationnel
favorisait la rencontre. Quant à l’après rencontre, on pensait au cheminement vers le mariage, un mariage fait par intérêt
qui permettait de s’inscrire dans un réseau de solidarité pour s’intégrer dans la société
et échapper à la solitude et se retrouver en marge de la collectivité.
Après la guerre, c’est un air de liberté et de joie de vivre qui souffle à nouveau sur la
France après quatre années de guerre et de lourd tribut. Le jazz fait alors son apparition, cigarette
en bouche on fréquentait les clubs où l’on dansait le charleston. On voit donc une évolution
des lieus de rencontre qui va de pair avec l’atmosphère d’après guerre, où l’on cherche à
sortir après quatre années de peur. On sort alors peu à
peu du cercle familial et du « réseau de solidarité », on cherche son partenaire
ailleurs, dans d’autres milieux.
Puis vint le second conflit mondial qui va bouleverser les repères habituels
et qui va changer les relations
homme-femme. La guerre émancipe les jeunes
gens, notamment les jeunes filles qui acquièrent plus de libertés. De plus les femmes, à l’arrière,
remplacent leurs maris dans les usines, etc., Elles y sont obligées. Ainsi, pantalons, cigarettes et coupe
à la garçonne sont adoptés par la gente féminine. Pendant l’occupation, Vichy essaya
d’organiser un « ordre familial » exemplaire pour l’Etat français. L’amour n’est plus
libre, la rencontre non plus. Les bals sont interdits, l’adultère est puni, les jeunes sont appelés
à devenir scouts et le credo devient : « point
de salut hors du mariage » ou encore « fini le plaisir, joie auprès du berceau ». Bien entendu tous ne s’y plient pas. Les « sauvages »
résistent et se rencontrent sur les grands boulevards, au cinéma, dans les kermesses, les parcs d’attractions
ou encore dans les cafés pour danser le swing et laisser libre cours à leurs envies. Cependant, une
grande partie de la population se refuge dans l’intimité, la famille pour oublier la dureté des temps.
On constate alors une diminution des mariages due à la peur des lendemains tragiques. La rencontre n’est donc plus favorisée dans cette atmosphère…
Vinrent alors les « Trente Glorieuses ». Là encore, après la guerre et la diffusion
de la culture américaine qui s’accélère, la sortie des Français est favorisée
et de nouveaux lieux se créent. La bataille des féministes commence, elles veulent plus d’indépendance,
d’autonomie. Les femmes obtiennent le droit de vote au sortir de la guerre et entrent de plus en plus dans la vie
active au cours de la période. Les mentalités changent : « faut-il être mère
ou s’épanouir dans sa sexualité » ? Faut-il s’occuper de soi ou de sa famille ?
Face à ce changement du rôle de la femme, l’homme cherche à reforger son identité. Cela
a des répercussions sur la rencontre amoureuse ou la femme cherche à disposer librement de son corps,
à avoir droit au plaisir sexuel et à la contraception. La conception du couple change, ce n’est plus
le temps de l’ « union assortie » faite par intérêt, du temps de nos grands
parents. Mais l’amour qui est mis au devant de la scène. Il devient la clé pour la réussite
du couple et le mariage n’est alors plus si nécessaire ; c’est le temps du concubinage et de l’union
libre.
Quant aux années soixante et à l’événement de mai soixante huit,
la France entre dans une « aventure culturelle » sans précédent où l’on
accède aux loisirs, à la consommation et à la culture de masse, où l’on découvre
des libertés nouvelles dans la sexualité. On recherche le maximum de satisfactions dans des sensations
en tout genre, la drogue, les musiques nouvelles, etc. Tout cela a des répercussions sur la rencontre
où l’hédonisme prédomine. On assiste à des modifications dans les rapports homme-femme
et parent-enfant dans une société d’abondance où l’on veut obtenir le « droit d’être
soi-même ». On cherche le plaisir dans la rencontre. Se faire plaisir à soi-même et s’éloigner des
conceptions erronées d’un ordre familial exemplaire. C’est une époque où l’on est à
la quête de son identité; la rencontre permet de mieux se connaître, elle nous forme.
Ces dernières années on assiste à
une montée de l’individualisme dans notre société. Il devient alors difficile de vouloir à
la fois conserver son intimité et vivre en couple. On cherche alors autre chose dans la rencontre;
plus de liberté. On a alors plus peur de s’engager. C’est pourquoi il y a tellement de cœur à prendre actuellement.
Beaucoup de sociologues se sont penchés sur la question et pensent que cela est notamment dû à
la disparition de certains lieux de rencontre sans que d’autres n’aient pris le relais. Bal et voisinage n’intéressent
plus. Cinéma et concert ne sont plus si propices à la rencontre amoureuse. Ainsi, nombre d’entre
nous cherchent l’âme sœur sur le web et restent des soirées entières devant leur écran
d’ordinateur sur de plus en plus de "sites de rencontre". Et les plus désespérés fréquentent
les clubs de rencontre (quand ce n'est échangiste! NDLR) si florissants dans notre pays.
La rencontre amoureuse s’est modifiée, on est passé de la rencontre par nécessité, dans une époque où le célibat
n’existait plus après trente ans. A la libération des contraintes, l’avènement du non-conformisme
qui nous amènent à la recherche de la perfection dans la
rencontre. Ainsi, on multiplie les expériences
sans lendemains. Parfois sans jamais rencontrer l’être parfait. Mais on peut parfois s’en rapprocher. |
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