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| > Inondation |
Le bateau coule, l'eau dévale les escaliers, s'engouffre dans les
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G. Strohl
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coursives, monte graduellement, inexorablement, presque noire dans la cabine blanche. Où flotte des vêtements
épars, une ou deux bouteilles à moitié vides et un livre ouvert (tient çà flotte
un livre !).
Le couloir, vite le couloir ! Le pont, enfin le pont, choisir, mourir noyé « étouffé
» comme un rat ou dignement écrasé par une vague de 40 mètres , noire comme un mur avec
une effrayante lisière d'écume blanchâtre, bave qui annonce la fête et la mort !
Puis le noir assourdi, le tombeau, quel repos ! quel bien-être infini … Comme le bruit d'une hélice… |
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| > Le soleil! |
Tout à coup le soleil, qui luit sur les cuivres astiqués du bar et sur les
gardes fou . Ah ces anglais ! vêtus de blanc, rose et rouge quand ils sont vieux c'est-à-dire internationaux.
Un très vieux, vieil automate parfaitement huilé, à peine grinçant, avec une très
belle brune du sud toujours habillée chic. Robe pailletée, fourreau éclatant comme le ventre
des poissons ou d'un noir trop noir pour ne pas être une couleur vive. Elle paraît heureuse et regarde
les marins méditerranéens actifs et « noirauds » à l'œil vif qui pourtant se dérobe.
La prostituée qui trouve tout dégueulasse, car elle connaît trop la qualité des plats
et des vins lasse les garçons goguenards. Elle me devine en coup d'œil.
Et pourtant je me cache, honteux de ma médiocrité…
Tous ces gens, ma famille, mes familles plutôt que font-ils tous ensemble ? , ils mangent, boivent et ne
me voient pas. Comme j'ai peur qu'ils disparaissent d'un coup, qu'ils ne voient pas comme je les regarde vivre
avec la passion de l'hésitation…… …….ma voiture est encore en panne….. elle recule, elle recule encore :
j'arrive à peine à la diriger dans ce brouillard entre les murailles de briques rouges….elle recule
entre des haies épineuses d'un beau vert sombre, celui des vraies bouteilles d'autrefois….
Pourquoi cette plainte ? Ce vibrato plaintif de vieux chanteur alcoolique qui assaillent mes oreilles, avec ce
cœur qui bat, me « pulse » aux oreilles et au tempes . C'est le vide du cœur, la terreur du vide. Je
recule toujours de plus en plus vite …. |
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| > Sortir! |
M'évanouir, oublier, sortir de là, ne plus retrouver ma voiture
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| G. Strohl |
dans un quartier désert. Si souvent à la chercher ……pourquoi ai-je pris une voiture dans ce paquebot.
Tout s'arrête j'oublie l'arrêt pourtant je m'arrête c'est sûr…et pourtant toujours cette
plainte sourde. Ah, c'est le bruit des moteurs ! pourquoi est-il humain ? Pourquoi ce cruel estomac ?
Un coup comme une aiguille, à l'estomac.
J'ai mal à ne plus pouvoir le savoir, le ressentir : c'est ce visage familier aux paupières lourdes,
de cette si jeune femme presque laide et si incroyablement belle ! je suis ko. Ah les fantasmes du cœur, ils ont
le petit bruit de la mort. Et pourtant ces magnifiques et pulpeuses naïades presque nues sur le pont. Profiter
de leur languide douceur ? de leur peau de café et de lait parfois mêlé et parfois bon. Elles
me regardent . Je suis parfaitement immobilisé hypnotisé. Juliette (de mon esprit) aide-moi à
tirer mon radeau, qui est si lourd, ou plutôt lâche-le quand l'eau du fleuve sera aussi verte que les
roseaux…c'est si bon de rêver, de ne pas faire. Mortel de faire et de plus faire. Surtout avec le fantasme
du cœur, et ses lèvres rouges et épaisses, sa voix chatoyante comme la vie.
Y suis-je ? ah cette vague énorme elle passe au-dessus du bateau. Je ne suis pas mouillé, je suis
le seul. Où sont passés les autres ?
J'en ai assez de cette terreur. |
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