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| > L'exemple de la peinture |
Ce qui, pour moi, fait la valeur d'un tableau, ce n'est pas son
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| L'atelier du peintre |
témoignage documentaire, mais ce quelque chose qu'il est impossible de définir par des mots, tant
il est spécifiquement pictural et qui cesse de s'exprimer dès qu'on en parle. Tant il y a loin de
cette "grande muette" à la littérature.
Car parler de la peinture ou la ressentir, sont deux aspects de l'esprit n'ayant pas la même modalité.
Cette "belle" est une seule dame en trois personnes: la couleur, les formes et la matière... |
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| > Le traitement du sujet |
La virtuosité a son sens en sport, en peinture elle importe peu. Elle doit viser au-delà
de ces simples délassements, ou décors d'opérette qui parodient la vie. Toutes ces anecdotes
plagient la réalité, ce qu'elles copient ce n'est pas le monde mais son écorce.
L'enjeu pour elle doit être l'éclatement de cette enveloppe qui camoufle les choses pour laisser résonner
les perceptions intimes. |
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| > La peinture figurative |
Le peintre figuratif commence par une signification à laquelle il attribue un symbole,
hiéroglyphe explicite de l'objet, de l'espace et de l'atmosphère. Contours, tailles et couleurs varient
selon des critères préétablis: schématiques et intellectuels pour le primitif, conventionnels,
sensuels et consensuels pour le classique. Sensible et lumineux pour l'impressionniste, disséquées,
réflexifs pour le cubiste; chaque école figurative ayant adopté son propre système
afin d'affecter à l'objet qu'elle tente de définir un vocabulaire spécifique. |
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| > La peinture non figurative |
Le peintre non figuratif, dont le but n'est pas d'isoler des tranches de décor, mais
de vivre un fait pictural et d'y associer le spectateur, se doit d'acquérir une technique nouvelle capable
d'exprimer les émotions d'une époque, ou une culture aux contrastes violents.
Le signe est désormais primordial à la conception. L'important est qu'il féconde la toile
au-delà des notions d'image ou de réalité. Le geste, le contact traumatisant de la toile avec
la matière est fondamental à la naissance de l'oeuvre. |
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| > L'oeuvre d'art moderne |
L'oeuvre d'art moderne ne cherche pas à représenter un monde éphémère
comme s'il était éternel, mais plutôt à rendre cette transition et cette incertitude
avec toute l'indétermination qu'elle implique. La toile achevée se veut le témoignage de cette
fragilité, de cette équivoque d'un présent qui se saborde, afin de revivre dans un au-delà
créatif. Son reflet se lit alors dans l'oeil du spectateur, envoûté ou sceptique.
Vision de l'espoir ou de l'angoisse, d'un temps au carrefour d'une ère nouvelle et de sa propre disparition.
Tableau de la fission des objets familiers d'où surgissent des formes organiques encore sans nom. Réminiscences
équivoques de ceux qui ont disparus, présages ambigus de ceux qui vont naître... |
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