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..DOSSIER: MODE ET CYBERCULTURE
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Nouvelles technologies de la Communication
..François Viricel
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une révolution des comportements ?

 

 

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>Communiquer
..Communiquer : le nouveau mot d'ordre des entreprises, des administrations, des particuliers.
On ne peut, à priori, que s'en réjouir !
La multiplicité des possibilités technologiques actuelles et futures a de quoi enthousiasmer, même si elle peut parfois inquiéter. Deux exemples semblent particulièrement intéressants : le téléphone portable et internet.

Le sujet semble inépuisable : les perfectionnements d'internet étant cumulatifs du point de vue du contenu et de la technologie.
Le téléphone portable : enfin un bien qui correspond à un besoin indiscutable.

Qui n'a pas souhaité prévenir un client, un collègue, sa famille qu'il ne pourra être à l'heure, sans pouvoir utiliser le téléphone classique ? Qui n'a pas rêvé de pouvoir utiliser ses temps de déplacement pour régler tel ou tel problème pratique comme il l'aurait fait de chez lui ?
Mais l'emploi du téléphone portable s'arrête-t-il là ? Ne peut-il avoir éventuellement des effets pervers ? Il constitue en effet une « laisse » électronique. La femme inquiète peut appeler son mari à tout moment (à moins que ce dernier ne coupe le contact…). Et réciproquement. Un lien donc, mais une chaîne aussi ! N'a-t-on pas parfois besoin de l'absence, la vraie ( sans qu'il soit possible de l'annuler plus ou moins par un coup de fil) de l'attente même d'une rencontre, d'un contact agréable et chaleureux ?
Le téléphone portable ne se contente pas de bouleverser la sphère privée ou professionnelle, il pousse à mélanger espace privé et espace public. Ne voit-on pas souvent un usager, lancé dans une conversation privée (passionnée) dans un lieu public, en ignorant joyeusement ceux qui entendent involontairement une communication très personnelle ?
Le téléphone portable n'est-il pas parfois une arme secrète de l'affirmation de soi, face au groupe, voire même la mise en opposition de deux réseaux de sociabilité, l'utilisation de l'un (absent) pour relativiser l'autre (présent) ?
Gagne-t-on à mettre en spectacle sa propre vie ? On le ferait moins sans doute si on pouvait mieux en mesurer l'impact… Bien sûr, il reste les usages professionnels, innombrables, indiscutables, les urgences diverses ( les appels au secours des isolés)...
D'ailleurs, le progrès technique n'a pas changé sur un point : tout dépend de l'usage que l'on en fait !
Ces deux caractères du téléphone portable ne lui sont pas propres. Les nouvelles technologies comportent toutes, en général, ce même aspect: mélange public/privé- et une bonne dose de mise en spectacle de ses utilisateurs (récepteurs compris).
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>La révolution internet
..Internet, par exemple, ne fait pas exception
Ses immenses possibilités bousculent nos habitudes de pensée.
Deux vieux rêves sont rendus possibles :
- La démocratie directe : chaque "internaute" peut donner son avis, répondre à des questions, faire des propositions « politiques » (ces dernières pouvant être regroupées, traitées par le canal de l'informatique)
- Le marché parfait des libéraux (le
commissaire-priseur d'Adam Smith)
On peut concevoir en effet un
moteur de recherche permettant de déterminer le meilleur prix d'un bien donné !


Rappelons les fonctionnalités d'internet (pour voir le champ des possibles)
· courrier électronique
· forum
· consultation des "sites"
On ne peut, en quelques pages, développer tous les aspects, ni les problèmes associés. On se contentera de montrer l'importance des bouleversements en cours…

Mentionnons, en passant, l'importance d'internet dans l'entreprise, où l'informatique a déjà plus que posé ses jalons.
Pour simplifier, on peut dire que le couplage information- communication dont internet est à la fois l'instrument et le modèle symbolique, offre de vastes possibilités nouvelles (avant internet, la fonction de communication des ordinateurs était souvent sous-exploitée). En effet, elle offre à un groupe de personnes une mémoire commune, interactive où chacun peut participer à un projet commun, retravailler l'information, débattre avec les autres en temps réel ou différé.
Ce modèle s'oppose, bien entendu, à l'utilisation hiérarchisée de l'ordinateur, vecteur d'inégalités par la rétention de l'information et par la spécialisation de son traitement (sur le modèle fordiste de la division du travail), ainsi que par les barrières du prix ou de la connaissance technique.
On devine les décloisonnements possibles en matière de sciences et d'enseignement où l'interactivité peut, à l'évidence, être mise à profit en termes d'efficacité et d'autonomie.
On voit bien par exemple l'intérêt d'internet dans une recherche épidémiologique mondiale.

Enfin un "village-monde" qui n'est plus celui de la passivité et de l'indifférence du téléspectateur, récepteur passif des nouvelles du monde, blasé devant ses merveilles, indifférents à ses maux (à la mesure de son impuissance à les faire disparaître).
Oserait-on même parler de « citoyenneté planétaire », comme le fait Guy Lacroix dans son ouvrage (mentionné en fin d'article). Peut-on parler de "démocratisation mondiale", comparable à l'effet radio- TV sur la population chinoise dans les années 80 ?
On imagine les bouleversements des identités sociales, leur élargissement vers une citoyenneté reposant sur des principes universels (une "internet attitude " : intérêt polyculturel, aide d'urgence aux pays en détresse, respect des droits de l'homme, droit d'ingérence, etc...)


De tout cela, ne peut-on que se féliciter ?
C'est ce que l'on pourrait appeler la face dorée de la cyberculture, celle qui transcende la logique sociale économique et politique traditionnelle tout ceci à travers des cybercommunautés reposant sur des règles universelles et des savoir-faire qui s'y rapportent. Ces cybercommunautés peuvent avoir des objectifs plus spécialisés. Une brève « visite » des sites présentés dans les
magazines spécialisés le montre.
Notons, par parenthèse, une autre forme de démocratisation, celle qui est due au faible coût du lancement d'un site, comparé à celui du journal-papier. La créativité peut aussi bien y trouver son compte !
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> Le village planétaire
..La cyberculture serait alors cette possibilité de communiquer sans se préoccuper des frontières, des habitudes. Mais, et c'est là le revers de la médaille : il y a bel et bien parfois une spécialisation technologique des internautes. Pour eux, l'important devenant l'outil.
Notons cependant qu'au départ les pratiques particulières des internautes : vocabulaire ésotérique du Web, fréquentation des cybercafés, semblent bien innocentes.
Cependant, cette autre face de la cyberculture représente un certain danger, et ce, d'autant plus qu'il est (comme les termites) invisible. On peut craindre le pire. L'internaute est menacé par un mal étrange et inconnu, venu de l'intérieur, le « tautisme », néologisme dû au premier chercheur qui l'a découvert, Lucien Sfez, (La communication ; collection : « Que sais-je ? » PUF et d'autres ouvrages cités en annexe). Il s'agirait, selon lui, du regroupement de deux pathologies: l'autisme et la
tautologie, après une inexplicable mutation de la circulation classique de l'information. De quoi s'agit-il ? : de la « communication confondante ».
Mais encore ? Toujours suivant le même chercheur : il s'agit de la situation où le représenter (événement pour simplifier) se confond avec l'exprimer (le média). Ajoutons modestement, le récepteur.
Ainsi ce que l'on pouvait craindre avec l'importance du média télévision (création d'une réalité virtuelle par un rapprochement excessif avec le récepteur : ici, le Français moyen par exemple) s'achève dans la bouche de Baudrillard [voir LIEN N°1].


Le média « autofabrique » ses données (un bel exemple nous est donné lors de la guerre du Golfe : les images virtuelles des bombes téléguidées deviennent réalité pour le téléspectateur).

De même, les informations surabondantes s'annulent dans la confusion de leur virtualité.
Eh bien, oui ! Si on n'y prend pas garde, internet peut nous inoculer ces pathologies! (Renforcées en milieu interactif)
La spécialisation, sociale, de savoir-faire, de niveau de vie affaiblit l'organisme de l'internaute.

Alors, les internautes, une caste privilégiée ?, pas vraiment, mais menacée, voire avatar [voir article de Arnaud Pierre : LIEN N°2].
Mais, l'internaute de base reçoit, émet , explore ; il sait qu'il peut tout espérer, tout vivre, même l'amour (virtuellement), tout (presque) créer, face à un « jeu vidéo » d'une complexité infinie qui si l'on veut tourne sur lui-même. Comment alors ne pas devenir le surfer fou du Web, le hacker [voir article de Arnaud Pierre : LIEN N°2) qui vit grâce à son ordinateur.


La maladie atteint parfois le cortex : la logique d'internet faite de fantaisie, d'inattendu, de similarité peut mettre à mal les principes de causalité, de linéarité, de non-contradiction. Tout devient vrai (ou faux) !


Comment y échapper ? par un peu de réflexion et de morale, c'est-à-dire finalement grâce à une certaine organisation et un cadre juridique adéquat…

Et après tout, internet ne peut-il être également un moyen de repousser toujours plus loin les limites du délire, et par la même éviter la maladie mentale à certains...
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> Bibliographie
..Pour approfondir la question, on pourra utiliser les ouvrages suivants :
Lucien Sferz Collection « Que sais-je » ? La communication PUF 1997 La politique symbolique PUF 1993 Critique de la communication Edit Seuil (3° édit) 1990
Guy Lacroix Le mirage internet collect. « Essentiel » Edit Vigo 1997
André Akoun Sociologie de la communication de masse
Edit Hachette-Education 1997
Arnaud Dufour collec « Que sais-je » ? Internet PUF 1998
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> Définitions
Définitions relatives à internet

Web: pour simplifier, internet accessible aux particuliers: (www: world wide web: toile d'arraigner mondiale).
Courrier électronique: il permet d'envoyer des « lettres » (mail) éléctroniques (e.) instantanées aux autres internautes
Site: « publication » stable sur le Web, ayant généralement un thème ou un objet particulier accessible à tous les internautes.
Moteurs de recherche: système technique permettant la recherche simplifiée et plus ou moins automatique de telle ou telle information


Autres définitions

Autisme:état mental qui empêche de pouvoir communiquer avec les autres
Tautologie: (d'après Wittgenstein) est dite tautologique toute proposition complexe qui reste vraie en vertu de sa forme seule, quelle que soit la valeur des propositions qui la composent.

La boucle de Baudrillard (sociologue de la communication).
pour simplifier : si on met en avant les capacités d'invention du récepteur, et que le média favorise la confusion de l'émetteur (événement observé au départ) avec le récepteur, la communication tourne en rond.
Dans l'exemple des bombes US, l'image virtuelle de la frappe « chirurgicale » ne fait que traduire l'adhésion idéologique du téléspectateur occidental à la guerre contre l'Irak (qui n'est pas discutée sur le fond).


Le commissaire priseur d'Adam Smith: fiction qui veut que le consommateur soit au courant du prix de chaque producteur ( pour un produit donné) comme le participant à une vente aux enchères. Libre alors à lui d'accepter ou de refuser l'achat.
Le parallèle s'arrête là, la formation du prix sur un marché relevant d'un mécanisme plus complexe.
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> Lectures
De la philo de café à celle du bac
Que la Bible vous accompagne
Interground music (Archive)
Marx (et non Mars) attaque (interprétation actualisée de Marx)
Les félins
Skippy la kangourou (réalisé par un enfant pour d'autres enfants)
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LE DOSSIER
>Sommaire
>Edito
>La mode comme modèle
>Nouvelles technologies de la communication
>Les banlieues sont à la mode
>Victoria Station
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