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| > Une courte histoire de temps... |
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Ils se sont juré amour et fidélité, ils ont dit "OUI". Les
témoins ont acquiescé, les amis et les invités ont applaudi. Même le ciel semblait sourire.
La chorale s'est fait entendre comme par enchantement, bientôt relayée par un orchestre dans les jardins
anglais d'un somptueux manoir du XVIIIeme loué pour l'occasion.
Tout a été magnifique, du sourire du curé (le brave homme, il ne saura jamais ce que c'est...)
aux larmes de belle maman (joie ou soulagement ?) sans oublier l'incontournable chansonnette de grand-maman et
le dernier conseil de beau-papa.
Rien, non rien ne manquait à une éternité d'amour dont le départ venait d'être
donné... Tourbillon des sens, dans cette atmosphère légère et empreinte de gaieté,
déjà l'avion les emmenait vers ces îles lointaines aux parfums de paradis....
A partir de cet instant, ils ont vécu d'amour et d'eau fraîche, bien plus d'amour que d'eau d'ailleurs,
comme pour rattraper un temps perdu à s'être trop cherché. Le temps n'avait désormais
plus d'emprise sur eux, il ne comptait plus, pas même les nuits blanches passées à repeindre
aux couleurs de l'arc en ciel, une à une, les marches qui mènent aux limites du 8eme ciel. A présent,
le temps se mettait à filer et il leur aurait été bien difficile de s'en apercevoir.
Et puis...
Et puis au bout d'une éternité qui n'a semblé qu'un jour, le jour est venu où le temps
ne passait plus... Que se passe-t-il alors, si tout ne se passe pas comme prévu ?
Les horloges se sont arrêtées, juste le temps de constater qu'ils avaient tout vécu, tout essayé,
tout découvert. Pour la première fois leurs regards ne voyaient plus dans l'autre cette étincelle
fauve qui prêtait à toutes les fièvres, à toutes les fantaisies, à toutes les
audaces.
Leurs yeux ne voyaient plus les chers et tendres transformés lentement en "chair et moelleux"
à grand renfort de petits plats amoureusement préparés.
Ils voyaient tout le mal qui s'était répandu. Des expéditions extravagantes il ne restait
que de sages promenades et les nuits torrides s'étaient transformés en samedi-après-midi-entre-16h-et-16h05-lorsque-les-enfants-sont-de-sortie.
Tout semblait s'être déprécié, déformé, rongé. Le mal avait pénétré
jusqu'aux dentelles, que les collants bien plus confortables avaient remplacés, stoppant net tout enthousiasme
latent. Leurs coeurs se retrouvaient comme au chômage. L'habitude s'était installée...
Quelle a été leur erreur ? En ont ils seulement commise une si ce n'est de vivre leurs instants de
bonheur avec tout le feu, toute l'ardeur qui en étaient attendus ?
Non, rien ne les accuse, mais peut être l'éternité en amour n'a-t-elle plus la même durée
aujourd'hui.
Et si l'amour, le "vrai", s'érodait d'autant plus vite qu'il n'est vécu avec davantage
de d'intensité; s'il ne pouvait durer qu'un temps ?
En amour, rien, et tout semble entendu... C'est peut être un peu la guerre du feu qu'il ne faut jamais laisser
s'éteindre, mais Dieu que le blizzard est fort.
Force est de constater la séparation de nombreux couples, non sans s'être entre-déchirés
auparavant. Les traces restent profondes et les blessures douloureuses. Les trop rares exceptions laissent rêveur.
Peut être faudrait-il déterminer une sorte de fin par avance, au sommet du bonheur, pour ne jamais
avoir à regretter. Une sorte de M.D.D, de Mariage à Durée Déterminé qui laisserait
à chacun entrevoir la possibilité de changer d'histoire ou d'existence. Peut être même
trouveraient-ils dans cette échéance des énergies nouvelles, insoupçonnées pour
conserver, prolonger toute l'intensité, toute la force des instants vécus.
Alors, ils pourraient plus librement décider de la suite de leurs vies, en repartant vers une nouvelle destinée
ensemble ou chacun de leur côté. |
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