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| > Film noir d'un départ en boîte "around Midnight" |
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Le voyage au bout de la nuit ne doit jamais finir. On n'a pas le droit d'en sortir. Il est
interdit de s'y endormir.
Un être de la nuit à un emploi du temps, qui démarre au plus tôt à onze heure
du soir. Ou pour un marathon qui commence par la case "resto", il peut être prêt dès
21 heures.
Bien souvent il a dormi le jour, car sa notion du monde s'inverse par rapport au quidam quelconque. Sa vie est
antagoniste à la vie de bureau, ses rencontres sont forcément insolites... ou il fait comme si...
Sa rengaine, son light motiv: "la nuit tous les chats sont gris...liberté, liberté chérie..."
Le noctambule échappe à toute règle, à toute contrainte, du moins en est-il persuadé.
Il existe néanmoins un certain protocole, pour ne pas dire un protocole certain, afin de s'intégrer
parmi les habitués des virées nocturnes.
Il faut si possible apprécier les excitants tels que café, alcool, cigarettes et autres stupéfiants
(pas obligatoires!), d'ailleurs ça aide à tenir... c'est même souvent ce qui empêche
de regagner son lit plus tôt.
On entre dans un cercle artificiellement constitué par le biais d'un bar ou d'une boîte , ou sous
l'effet d' expédients. La chaleur monte, jusqu'à entraîner dans une ambiance par laquelle on
se laisse porter. C'est ce qui fait qu'on recommence. Si l'on reste assez longtemps dans le lieu, et que l'on arrive
à être comme hypnotisé par ce qui se dégage du groupe, si la greffe prend, l'accoutumance
s'installe, via l'adrénaline. On devient un "habitué".
Le vrai fêtard à besoin de sortir pour se retrouver. De voir et d'être vu...de mater. C'est
par tous ces regards échangés et croisés qu'il s'anime et existe.
Il se croit faire partie d'une famille, dont la parenté se dissipe lorsque le soleil pointe et que l'alcool
n'est plus qu'un souvenir vaguement nauséeux et migraineux.
Le "blues" gagnant le fêtard avec l'accoutumance nommée ci-dessus, certains en viennent
à augmenter la dose d'émotion en organisant des rumeurs, ou des "coups" plus ou moins sordides.
L'ambiance peut devenir de plus en plus glauque, car l'ennui pointe, l'alcool déforme les émotions
et la fatigue les accentue.
La nuit tous les chats ne sont pas gris, ils sont de plus en plus bariolés et finissent par perdre leur
identité à force de la chercher... |
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