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02 janvier 2000 |
| >Le musée à ciel ouvert |
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*La brasserie Schutzenberger
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La carte de visite d’un
état, d’un pays ou d’une ville s’inscrit dans
son patrimoine architectural, autrement dit son décor, sa vitrine.
Privé ou public, selon la place que les décideurs lui attribuent, elle est régie par des règles
ou des lois plus ou moins strictes. Ainsi, il existe une commission qui décrète que tel monument
sera ou non “historique ”.
Si votre habitation entre dans cette catégorie, vous ne pouvez plus en faire ce que bon vous semble, mais
il vous faut obtenir une autorisation spéciale, avant d’apporter des modifications (portant sur la façade,
les fenêtres, la toiture etc...)
Certains bâtiments privés utilisés à des fins publiques, comme les bars ou les restaurants,
peuvent entrer dans la catégorie des “monuments historiques ”, selon des critères
précis.
Tel pourrait être le cas, entre autre, d’une célèbre brasserie du centre ville, située
à un endroit très en vue, et connue depuis bien longtemps.
Son changement de propriétaire, a d'ailleurs été annoncé à grands renforts de
“communiqués ” dans la presse et son inauguration fut fastueuse.
Qu'est-ce qui commande aux choix des transformations réalisées ?
Nous entrons là dans un débat aussi bien politique, qu’esthétique, sociologique et culturelle,
voire historique (comme son nom ne l’indique pas forcément.) |
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| >Que nous disent les dernières réalisations publiques ou privées
de cette fin de XXe siècle, vitrine du XXIe ? |
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Les sous-sols
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L’architecture, qu’elle soit de terre, de bois, de pierre, de béton ou de fer, fait
place à une architecture à dominante de verre.
Le paysage urbain mêle le clair et l’obscur, la pierre, le béton et le verre.
Les dernières grandes réalisations ont un aspect fragile.
La fausse transparence, souvent floue, à des effets de glace sans tain.
La luminosité supposée, s’oppose à l’obscurité du lieu, lorsqu’on s’aventure dans ses
entrailles.
La pureté des formes et des éléments, contraste avec des peintures volontairement écaillées
et des matériaux grossiers, sciement détériorés. L'ensemble du décor est minimaliste.
Le clivage entre le jour et la nuit, l’intérieur et l’extérieur, le luxueux et “l’underground ”,
sont occultés. L’inconfort y est sophistiqué. Le délabrement élevé au rang de
style.
La technique hyper-moderne des lavabos met
en abîme les profondeurs souterraines où
ils se trouvent. Le non-fini avoisine le mal-fini (ou l’infini?) . “L’ hyper- clean” côtoie le “grunge”.
Le “gore” donne sens au “trash”. Ce doit être ça, le “Hype”!!!
On nage dans un “High-tech” (comme son nom l’indique) qui aurait frileusement pacsé avec des traditions
anciennes comme la fête “d’Haloween” ou les catacombes mortuaires.
On retrouve, dans le décorum
architectural et sa mise en scène, la rupture
entre un siècle finissant, et un autre qui commence tout juste.
La dégradation élevée au rang de “parti-pris”, symbolise le miroir (d’ailleurs très
présent), d’une société où les frontières sont de plus en plus incertaines.
Dans ce jeu d’ombre et de lumière, chacun se retrouve face à son destin,
“flirtant” avec l’éphémère de l’existence matérialisé par ce lieu de passage. |

* Architecte:
Jean Nouvel.
Elu (?) meilleur architecte français en 1987.
Ouvrages:
Institut du Monde Arabe à Paris (1987) ainsi que de nombeux bâtiments publics, en Allemagne notamment.
A été choisi pour réaliser le pavillons français dans le cadre de l'exposition Universelle de Hanovre (1er juin au
31 octobre 2000.) |
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