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..ART
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A propos de Giulietta....
..Georges Strohl
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3 février 2001

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>L'art contemporain va-t-il trop loin?
En partenariat avec la revue "Saisons d'Alsace", proposait ce vendredi 2 février un débat sur le rapport entre l'art contemporain et le public. Incompréhension, devrait-on plutôt dire... "Giulietta", l'oeuvre qui était au coeur du débat est exposée au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (MAMCS). Il s'agit de l'épave d'une automobile accidentée, qui a été extraite de la casse pour vivre une carrière, controversée, de sculpture d'avant-garde.
Animé par Bernard Reumaux, Directeur de "Saisons d'Alsace", le plateau réunissait Bretrand Lavier, auteur de l'oeuvre, Paul-Hervé Parsy, Conservateur du MAMCS, Alain Le Gaillard, galiériste, Robert Grossmann, Président de la Commission culture du Conseil régional et Président du FRAC Alsace et Jean-Claude Richez, Adjoint au Maire de Strasbourg.
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>Le sens de l'Histoire...
Les "ready-made" de Marcel Duchamp ont bouleversé la notion d'oeuvre d'art : porte bouteilles, roue de bicyclette ou urinoir "Fontaine 1917"... "Est-ce qu'un objet est de l'art ou pas ?" "Est-ce que c'est une sculpture ou non ?" Ce sont, nous rappelle Bertrand Lavier, les questions que nous pose une oeuvre de l'"après-Duchamp". En ce qui concerne "Giulietta", l'intention de l'artiste était, en prélevant dans une casse un objet chargé d'émotion, de trouver "une sorte de principe d'émotion pure". Quelque chose qui est vrai : car une peinture de voiture accidentée, une représentation même hyper-réaliste, n'aurait pas donné lieu à débat!

"Ce qui dérange dans cet objet, c'est sa présence, on n'est pas dans la représentation", renchérit Paul-Hervé Parsy, qui a procédé à l'acquisition de l'oeuvre pour le compte du MAMCS. Le métier du conservateur, c'est de faire des choix. "Il manque la distance critique de l'Histoire, on participe à l'apparition de l'Art de notre temps". "Giulietta" s'inscrit à la fois dans l'Histoire de l'Art et dans celle du long travail de l'artiste et de la maturation de son oeuvre.

C'est ce que souligne également Alain Le Gaillard, galiériste, pour qui un "artiste vrai" contribue à la progression de l'Art. "Ce qui choque ici, c'est l'argent public dépensé pour acheter un tas de ferraille!" Mais l'oeuvre d'art ne se limite pas à une réalisation plastique : c'est l'aboutissement d'un long travail...

L'incompréhension du public face à l'Art contemporain vient d'un déficit d'éducation. "Il faut", dit Robert Grossmann, "que la création d'aujourd'hui ait sa place dans la Région et la Ville".
Pour Jean-Claude Richez, il est important de développer des institutions comme le MAMCS, pour permettre l'émergence d'un marché de l'art à Strasbourg. "Le MAMCS doit avoir une fonction iconoclaste".
Tous deux sont d'accord pour dire qu'il faut laisser toute liberté au Conservateur quant-à ses choix...

Le message a-t-il et entendu du côté du public? On peut en douter au vu des questions posées. Des manifestes plutôt. "Voilà une oeuvre qui ne sera ni volée (elle n'a aucune "valeur") ni cassée (elle l'est déjà)" a-t-on entendu dire...
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