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| >pop art |
Le pop art accepte tout, c'est le rêve américain,
optimiste, généreux et naïf. Il est la vitrine de ces années 60 que nous redécouvrons
sous toutes leurs formes ; par ce culte de l'image, gai, humoristique et coloré se dégage l'envie
de vivre loin du zen gris, noir et blanc.
Les années pop symbolisent la prospérité, le début de la société de consommation,
le matérialisme, une explosion culturelle sans précédent avec des valeurs futuristes tendues
vers le progrès ; on assiste aussi à l'apparition du « kitch » avec ses couleurs criardes,
flashantes, acidulées et ses gadgets parfois inutiles… Par ailleurs, c'est également l'époque
de la contestation et de la révolte culturelles : les jeunes s'insurgent contre ce « bourgeoisisme
» conformiste et conventionnel, ils s'affranchissent de toute autorité et pratiquent le « sex,
drug and rock'n roll ». Cette atmosphère, des artistes comme Warhol, Lichtenstein, Wesselman ou encore
les Beatles, les Who et les Rolling Stones la feront ressentir dans leurs réalisations.
Les jeunes, la jeunesse triomphante, ce sont eux les premières cibles de ce phénomène : en
effet, le pop art est avant tout une formidable explosion de jeunesse. Un âge d'or s'annonce avec l'élection
de Kennedy en 1960 : il est jeune, beau, riche et s'entoure d'une équipe jeune et performante, l'Amérique
tout entière s'identifie à l'idéalisme radieux et dynamique de l'ère Kennedy. L'adolescent
devient économiquement intéressant et on fait tout pour le séduire, la mode en appelle aux
jeunes avec la minijupe et les tee-shirts à l'effigie des stars du rock.
C'est en 1955 que le terme « pop art » a été employé pour la première fois
lors d'une exposition de l'Independent Group à Londres ; les jeunes du baby - boom se déhanchent
sur le rythme de « Rock around the clock », la machine pop est lancée : la télévision
anime les foyers, les chansons effrénées des groupes phares du rock mondial y installent une ambiance
survoltée, on croque la vie à pleines dents ! Une période de rupture, un détachement
donc, qui touchent le monde occidental tout entier. De part et d'autre de l'Atlantique, les artistes adoptent des
méthodes de travail identiques, partagent les mêmes goûts, ont des approches artistiques très
proches et pourtant ne se connaissent pas : curieuse universalité d'un phénomène naissant…L'optimisme
point énormément à travers les tons pastels et psychédéliques des Wahrol et
Lichtenstein, à travers les mélodies douces et envoûtantes de « Yesterday » ou
« Yellow submarine », on sent clairement une société satisfaite d'elle-même gorgée
de peace and love, de flower power, de ( vie en ) rose !
Mais concrètement, qu'est-ce que le pop art ? Roy Lichtenstein affirme qu'il n'en sait rien, c'est peut
être l'art commercial comme sujet ; pour Andy Warhol, le pop art est tout aussi impersonnel et la vie de
l'artiste devient alors un spectacle, un film dont il est le spectateur ; ainsi, l'artiste s'intéresse à
tout et centre un objet fétiche au milieu de sa toile pour en faire l'objet roi : quel intérêt
? L'objet est placé sous le signe de l'uniformité avec une prédisposition pour des couleurs
pures, des compositions frontales, des techniques inexpressives n'impliquant en aucune façon la main de
l'artiste pour que seule compte l'apparence : Fernand Léger serait alors le précurseur du pop art
, « j'ai pris l'objet, j'ai fait sauter la table, j'ai mis cet objet en l'air, sans perspective, sans support
» . L'artiste pop peint des images publicitaires car le pop art est avant tout un art de l'image : ainsi,
Wesselman peint des images publicitaires de bouteilles de Coca, Warhol représente une photographie de Marilyn…
Enfin, comment parler des années pop sans évoquer ses ambassadeurs, dont le plus connu, Andy Warhol
? Andy Dandy , le prince de New York, l'hôte permanent du Club 54, peintre de génie dont les toiles
s'arrachent à coups de millions de dollars : la série des Marilyn, Liz Taylor, Jackie Kennedy et,
dans un autre registre, les Chaises électriques, les Accidents, les Désastres et le fameux Campbell's
soup can . Roy Lichtenstein, avec des dessins à la bande dessinée et des bulles, une trame de points
en guise de coloriage et des œuvres qui font penser à des slogans publicitaires. Jasper Johns, aux couleurs
de l'Amérique avec se Flags universellement connus. Chez les Français, citons Marcel Duchamp avec
sa Joconde remaniée et revisitée, quoique assez fidèle à l'originale, hormis quelques
détails… ou encore le regretté César, compresseur expansif des métaux depuis 1960.
Les années pop ont vécu, des courants se sont succédés : pour preuve, les hippies ont
délaissé la culture pop pour le flower power et chaque époque fut marquée par des vagues
caractéristiques. La nostalgie subsiste certes mais aujourd'hui, une nouvelle révolution est en marche,
c'est celle qui interdit d'interdire ! |
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