|
|
 |
|
23 janvier 2002
|
| 8 femmes … |
" 8 femmes " est à coup sûr le film événement
de ce début d'année. C'est avec grand plaisir que 600 privilégiés ont découvert
le jeu merveilleux des huit actrices françaises à l'affiche. C'est avec beaucoup de bonheur que le
réalisateur François Ozon et la non moins séduisante Fanny Ardant ont répondu aux questions
des cinéphiles séduits par ce long- métrage inspiré, des dires du réalisateur,
du cinéma hollywoodien des années 50 et des romans d'Agatha Christie.
Bref, on ne peut que ressortir comblé de la salle !
En effet, ces huit femmes jouent entre elles un jeu délicieux de perversité et d'amour – haine qui
ravira tout le monde, femmes y comprises, même si c'est un regard mâle qui dépeint l'univers
mystérieux de la féminité.
Catherine Deneuve en bourgeoise marié à un industriel, Isabelle Huppert en vieille fille jalouse,
vierge et complexée, Emmanuelle Béart en soubrette soumise mais sulfureuse, Virginie Ledoyen et Ludivine
Sagnier en sœurs complices mais aucunement pareilles, Danielle Darrieux en grand-mère rusée et avare,
Firmine Richard en gouvernante en chef, nounou préférée des deux sœurs et bien sûr Fanny
Ardant en délicieuse belle-sœur de Catherine Deneuve, ancienne danseuse de cabaret. Voilà posées
les héroïnes qui, au fur et à mesure de l'intrigue, apprendront à se découvrir
réellement : des vérités éclateront, coups bas et autres racontars seront leurs armes
favorites. Chacune perdra le masque sous lequel elle a toujours évolué et c'est la vraie femme qui
éclora au grand jour, quand la fameuse goutte d'eau aura fait déborder le vase. Même l'innocente
adolescente Ludivine Sagnier, d'ailleurs remarquable dans son rôle de future jeune femme malheureusement
encore incomprise, se révélera déjà souillée par le jeu de la perversité.
Une éclosion lente donc, à l'image des huit fleurs du générique pour annoncer les "
fleurs " du film, la botanique au service des sentiments !
Mais pourquoi ce Cluedo moderne au sein d'une famille plutôt aisée, réunie sous le même
toit d'un manoir isolé dans la campagne française de la fin du 19ème siècle, qui plus
est en plein hiver ? Tout part d'un meurtre, le meurtre de Monsieur, élément déclencheur des
investigations de nos Hercule Poirot en herbe. Soupçons constants, pression psychologique intense, déstabilisations
: un genre de polar bien mené me direz-vous, mais rien d'original. Bref de l'ordinaire. Eh bien non, détrompez-vous
! La femme est l'avenir de l'homme, François Ozon l'a encore démontré, la femme c'est la vie,
c'est l'amour, le mystère, la femme c'est aussi le cinéma et surtout l'humour, omniprésent
dans des situations parfois même très graves mais jamais légères.
Des rebondissements incessants durant 1h45, c'est certes bien, mais l'ennui risquerait toutefois de s'installer.
Le réalisateur a encore une fois réussi à déjouer ce piège par des récréations
musicales fort bien espacées : chaque actrice interprète intégralement une chanson en présence
de ses partenaires lancées dans des chorégraphies amusantes. Rien à voir avec " On connaît
la chanson ", novateur dans le genre puisque des chansons étaient simplement calquées sur des
scènes. Les actrices dévoilent leur sensibilité au travers de ces mini-spectacles et au travers
d'un crescendo de tension, véritable révélateur !
Un chef d'œuvre d'ingéniosité à découvrir absolument en février où des
stars françaises, généralement habituées à d'autres rôles, se prêtent
formidablement bien au jeu du film. Un vrai régal ! |
 |
|
| CINEMA |
| >Chronique |
 |
|