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Chronique des salles obscures
..Danièle Canton
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23 février 2002

Le stade de Wimbledon de Mathieu Amalric avec Jeanne Balibar. France 2001. 1H10
Adaptation du roman de Daniele Del Guidoe.

Un petit joyau ciselé par Mathieu Amalric, un réalisateur modeste et ambitieux, sérieux et efficace : un cadrage parfait, des images et des couleurs adaptées toujours à l’idée.
Une petite merveille de finesse servie par la belle Jeanne Balibar, sa voix envoûtante, ses gestes justes, boitillant en jupe écossaise et manteau à carreaux sur les voies ferrées anglaise, en manteau blanc ajusté à Trieste, assurée en maillot de bain. Et rien n’est gratuit. Rien n’est laissé au hasard. La voix, les couleurs, les flous, les vêtements et la démarche traduisent avec précision mais sans ostentation les états d’âme de cette jeune femme à la recherche à Trieste de cet homme, Bodi Volgher mort , ami des plus grands écrivains, mort sans avoir jamais écrit. Ce voyage à Trieste apparemment vain, lent et hésitant, révélera non pas le mystère de cet homme mais la destinée de cette femme.
La caméra d’Amalric suit avec amour Balibar et Trieste est magnifique.
Au sortir du film, il nous prend l’envie d’un voyage sur les traces d’un homme, d’une femme, d’une histoire…
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