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17 octobre 2002
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Le pianiste DE Roman Polanski. Palme d'or du festival de Cannes en 2002.
Avec Adrian Brody, Ed Stoppard,Emilia Fox, Thomas Kretschmann…2h28 |
Wladyslaw Szpilman est pianiste, juif, Polonais…Juif, Polonais, pianiste…Polonais,
juif, pianiste…On peut conjuguer cette trilogie sur tous les modes.
Il est d'abord pianiste, spécialiste reconnu de Chopin qu'il interprète avec passion.
Il vit à Varsovie avec sa famille dans une douce quiétude.
Mais l'Histoire vient bouleverser cet ordre. Le régime Hitlérien est là avec son cortège
de horreurs. Et pour commencer l'invasion de la Pologne et la déportation des juifs.
« Le pianiste », c'est un pan de notre Histoire monstrueuse. Polanski montre, au quotidien, par petites
touches, l'étau qui se resserre sur la communauté juive : Progressivement les libertés fondamentales
leur sont retirées : Wladyslaw ne peut plus jouer pour la radio, les studios lui sont fermés. Invitant
une jeune amie à boire un thé, il s'aperçoit que les juifs n'y sont plus admis…L'obligation
pour un juif de changer de trottoir, voire de marcher dans le caniveau.
« Le pianiste » c'est aussi l'histoire d'une SURVIE.
Ce jeune pianiste, promis à une vie consacrée à l'Art, une vie paisible, douce et protégée
va se voir projeter dans l'horreur absolue. Lui qui au départ parait le moins armé pour survivre
va saisir toutes les perches : le bon choix au bon moment. Et sa survie se fait comme à l'instinct, comme
au hasard. Sa chance est en lui mais aussi dans les évènements extérieurs. C'est une explosion
qui le force à regagner un batiment qui sera épargné En lui mais aussi dans les personnes
qui l'entourent fussent-elles un kapo juif, ou un officier S.S. Partageant les souffrances, les humiliations subies
par sa famille, par la communauté juive dans le ghetto de Varsovie, il se retrouve, épargné
une fois de plus, hors du ghetto, dans une solitude hallucinée, mourant de faim, au bord de la folie…dans
Varsovie.
Varsovie, à la fin de la guerre : spectacle saisissant d'une ville comme rasée par une explosion
nucléaire, blanche, silencieuse, désertée. Image saisissante que l'on doit à la compétence
inégalée d'un Polanski au sommet de son art. Si le hasard joue un role considérable dans la
survie de Wladyslaw, il n'a pas sa place dans le montage et l'orchestration des images et du silence à travers
le grand art de Polanski. La forme classique, pure, sert magnifiquement le sens rien n'est gratuit, tout est posé
avec finesse, dans une sobriété de parole bouleversante.
Si ce film part de la biographie de Wladyslaw Szpilman, on peut y reconnaitre aussi celle de Roman Polanski : juif,
polonais, artiste. On retrouve les thèmes propres à Polanski : celui de la solitude, de l'enfermement,
de celui qui s sent toujours exclu, étranger dans un monde hostile.
Et Chopin ? Polonais, souffrant, se sentant souvent incompris dans c monde. On l'entend au début du film
puis à la fin. Absent donc et pourtant terriblement présent. Un moment très fort du film :
Wladyslaw réfugié dans un appartement, se trouve face à un piano…mais dans l'obligation du
silence sous peine de mort. Il pose ses mains sur le clavier, on entend Chopin, mais c'est l'imagination du pianiste
qui joue…Et sa souffrance nous atteint au plus profond.
Rendons également un hommage vibrant à Adrien Brody, un acteur magnifique dont le regard profond
et paisible puis profond et halluciné nous poursuit.
Une palme d'or parfaitement justifiée. |
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