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6 mars 2003
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| La 28ème nuit des César, le samedi 22 février 2003, …
une cérémonie très politique… |
Marquée par des prises de position très fermes et éclairantes
sur le problème des intermittents du spectacle, prélude à la journée d'action très
suivie du mardi 25 février. Le statut particulier des nombreux métiers du « spectacle
vivant » permet à de nombreuses troupes et professionnels de vivre et de perpétuer la
création artistique et s'il devait être revu et corrigé il renverrait à la mise en question
d'une politique culturelle pauvre et qui s'appauvrit dramatiquement cette année encore, dans la perspective
des réductions drastiques en matière de dépenses budgétaires. A noter que les postes
visés sont la culture, l'éducation, la santé !!!
Marquée par la consécration d'Etats-Uniens « non politiquement corrects »,
ce qui est très habile car d'une part cela nous défausse d'une réputation d'anti-américanisme
primaire très souvent affirmée par la presse anglo-saxonne et avivée par les différends
entre la politique de Bush et de la « vieille Europe » et d'autre part cela permet de rendre
hommage à des valeurs non conventionnelles du cinéma américain.
C'est ainsi que Michael Moore reçoit le César du meilleur film étranger pour « Bowling
for Columbine », un documentaire très critique de la société américaine
puritaine, conservatrice, individualiste et libérale (au sens économique du terme)…et tellement violente.
C'est ainsi que le réalisateur Spike Lee reçoit un César d'honneur pour l'ensemble d'une œuvre
qui traite essentiellement et de façon toujours très pessimiste ( réalist ?) du problème
noir-américain et de l'impossible mixité raciale. Remarque : C'est le seul Américain
dont le discours n'a pas été traduit…Pourquoi ?
Adrien Brody, Etats-Unien lui-aussi, récompensé comme meilleur acteur pour son hallucinante prestation
dans « le pianiste » de Roman Polanski. Un film dont nous avons fait une critique très
élogieuse lors de sa sortie et qui avait déjà reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes
2002. (à lire et relire dans les archives de Strasmag.com). Dans cette 28ème nuit des César
« le pianiste », outre le César du meilleur acteur (Adrien Brody), a reçu
celui du meilleur film, du meilleur réalisateur, de la musique, du meilleur son, de la meilleure photo…
Une standing ovation pour Roman Polanski dont le passage aux Etats-Unis a été marqué par des
événements douloureux terribles liés à la folie criminelle de la secte Manson au moment
de la sortie du film « Rose-Mary's baby » et qui a été ensuite jeté
comme un malpropre par des cabales puritaines au moment de la sortie du film « Tess ».Un
peu à la manière de Charlie Chaplin.
Un César d'honneur, et standing ovation aussi, pour la merveilleuse (et si chère au cœur des Français)
Meryl Streep pour l'ensemble de ses prestations. Elle avait été nommée Commandeur des Arts
et des Lettres par le Ministre de la Culture dans la journée.
Bref, une Amérique ovationnée …mais pas celle de Bush et du complexe militaro-industriel, pas
celle du pétrole texan…
Si le film « huit femmes » a été largement sélectionnée pour
les César que ce soit pour ses actrices fabuleuses, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, sa jeune et pétulante
Ludivine Saygnier ou encore la réalisation de François Ozon…il n'a reçu aucune récompense !
L'extraordinaire succès en salle aura de quoi consoler l'équipe !
En revanche la première réalisation de Zabou Breitman a été saluée, à
juste titre, par les professionnels du 7ème Art : César de la première œuvre de fiction pour
« se souvenir des belles choses » pour Zabou, César de la meilleure actrice pour la
toute jeune Isabelle Carré, César du meilleur second rôle pour un Bernard Le Coq toujours très
juste et très précis dans ses interprétations.
Le merveilleux travail de montage de Nicolas Philibert pour « être et avoir » a été
très justement apprécié. On pourra retrouver la critique de ce documentaire dans Strasmag.com.
Cécile de France a reçu le César de jeune espoir pour son rôle dans « l'auberge
espagnole » de Cédric Clapisch et Karin Viard, meilleure actrice dans un second rôle dans
« Embrassez qui vous voulez » de Michel Blanc.
Et la 28ème nuit des César ne pouvait oublier Pedro Almodovar, meilleur film de l'Union Européenne,
pour le ciselage merveilleux de « Parle avec elle »…
Lors de cette 28ème nuit des César un hommage a été rendu à Daniel Toscan du
Plantier qui vient de disparaître et dont la vie fut essentiellement consacrée à produire et
à promouvoir des œuvres cinématographiques de qualité.
Vous pouvez retrouver nos critiques pour les films « le pianiste », « être
et avoir », « huit femmes » ...dans les archives de strasmag.com. |
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