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6 janvier 2004
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« In the cut » et « Qui a tué Bambi ? » : deux
films, deux œuvres, qui déclinent dans des registres très différents le désir…
« in the cut » de Jane Campion. Etats Unis.2002.1h42. avec Meg Ryan, Jennifer Jason Leigh, Mark Ruffalo…
"Qui a tué Bambi?" de Gilles Marchand. France. 2003.2h06. Avec Sophie Quinton, Laurent Lucas,
Catherine Jacob… |
Deux films qui prennent l'argument du thriller mais ce n'est qu'un prétexte…alors
ne vous y fiez pas !
Dans la profondeur de l'intime… le cœur à cœur, le corps à corps d'un homme et d'une femme, tellement
différents, tellement complémentaires, se cherchant, se repoussant, se répondant…
Le couple de « in the cut » : Frannie, une prof intello, froide, coincée, solitaire, rencontre
(suite à un crime particulièrement sanglant et pervers : une femme dépecée) un flic,
Malloy, caricature du macho latino tatoué et brutal. Deux personnalités que tout oppose : la culture,
le langage, les valeurs, les habitudes de vie…Et pourtant le désir se nourrit de ces chocs : désir
de tomber, peur de se perdre, le corps contre la raison, l'intime contre le regard sociétal…
Là encore, dans une facture très originale, Jane Campion, réalise avec des femmes, pour des
femmes un film de femme, sur le désir féminin.
Elle dirige de main de maître une Meg Ryan méconnaissable et (enfin ?) révélée…Et
Mark Ruffalo, l'antithèse du latin lover certes mais terriblement attirant justement, joue magnifiquement.
Le couple de « Qui a tué Bambi ? » : une infirmière stagiaire, perdue, éperdue,
naïve et fragile, se heurte au beau chirurgien inquiétant et troublant ! Cliché à l'eau
de rose digne des collections « Harlequin » ? Tout simplement le traitement ciselé du tandem
sado-maso, victime-bourreau…Thème universel s'il en est ! Lorsqu'on présente des photos de groupes
à des serial killers en leur demandant de choisir une de leurs victimes potentielles, ils désignent
toujours les mêmes personnes…Bambi est de ce type : vulnérable et attirante, désirant s'abandonner
à l' anesthésie, à l'opération, au pouvoir de cet homme maléfique, petit chaperon
rouge tendant le cou, avec un mélange d'effroi et de délectation, à la morsure (mort sûre
?) du loup…La symbolique de l'anesthésie est vraiment une trouvaille : la peur de sombrer, de ne pas se
réveiller, le désir de découvrir ce qu'il y a derrière le rideau, désir de connaissance,
désir d'en finir…Interprétation très juste de la toute jeune Sophie Quinton (à suivre
dans ses prochaines prestations…)° répondant à l'excellent Laurent Lucas.
Il est intéressant de souligner que, traitant avec talent le même thème du désir-peur-mort,
les deux films utilisent des images totalement opposées ! Jane Camion opte délibérément
pour les bas-fonds de New-York et une image sale, floue ne gardant qu'un point net…alors que Gilles Marchand choisit
la blancheur nette vide insonore d'un hôpital irréel…sauf pour la dernière scène : une
forêt sombre, touffue, mouillée, brouillée… |
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