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Chronique des salles obscures
..Nicolas Vorburger
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18 mai 2004

LA PASSION DU CHRIST.
Drame
De Mel Gibson avec Jim Caviezel, Maia Morgenstern, Monica Bellucci, Mattia Sbragia.
Film américain
Durée : 2h06
Sortie le 31 mars 2004
Les douze dernières heures de la vie de Jésus Christ. Celles-ci commencent quand Jésus prie au Mont des Oliviers, résiste aux tentations du diable et est trahit par Judas. Arrêté et emmené à Jérusalem, il est accusé de blasphème. Le procès aura pour issue sa condamnation à mort.

Après avoir vu la Passion du Christ, vous serez rodés pour les films tels que Massacre à la tronçonneuse qui font figurent d’amateur à côté de l’ultragore Mel-Gibsonien. Un film inutile, stéréotypé, avec une vision simpliste et manichéenne de la situation. Je m’explique : d’un côté vous trouverez les gentils mignons tout plein qui donnent à manger aux petits chats quand ils ont faim, et de l’autre, les méchants sadiques, psychopathes et pervers qui rigolent en lynchant ces mêmes petits chats.
De plus, aucun intérêt intellectuel à voir la Passion selon Saint Mel. Le film est bourré d’incohérence historiques : par exemple, le long métrage (parole d’Evangile) nous présente un Ponce Pilate se dégageant de toute responsabilité et octroyant la condamnation du Christ aux prêtres juifs. Or, dans la Judée de l’an 30, seul le gouverneur romain avait le pouvoir d’ordonner la crucifixion. Quand les autorités juives condamnaient à mort, la sanction était appliquée par lapidation.
La Passion du Christ, c’est aussi un film entièrement tourné en araméen et latin, parsemé de passages cultes de la Bible, qui sacralise les moindres faits et gestes du Christ : encore heureux qu’on ne le voit pas pisser.
La Passion du Christ (j’insiste bien comme dans le film), c’est aussi un long métrage cruel bercé de souffrance et de torture. Du plein les yeux hollywoodien avec emphase de violence et émotion facile.

Pour finir, je souhaiterai ajouter ma goutte d’eau au vase qu’est la longue polémique autour du long métrage (qui n’est rien d’autre qu’une formidable opération de marketing) : ce n’est pas un film antisémite. Il est conforme à l’Evangile, et, visiblement, dans le film, ce sont les religieux qui veulent préserver leur pouvoir moral sur la population, et non l’ensemble du peuple qui est avide de violence.
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