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28 septembre 2004
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“San-Antonio”
Réalisateur : Frédéric Auburtin
D’après l’oeuvre de Frédéric Dard |
Le lecteur basique de San-Antonio (que je suis) pouvait raisonnablement avoir
les plus grandes inquiétudes.
Comment en effet faire passer la poésie rabelaisienne des San-Antonio ?
Comment surtout en traduire le caractère fantastique au sens littéraire ?
Comment par exemple représenter le fantasme orgiaque et démesuré que constitue la gauloiserie
scatologique de Bérurier de même que sa virilité machiste pulsionnelle ?
N’entre-t-on pas là dans l’impossible, voire dans l’interdit ?
Peut-on représenter au cinéma l’imaginaire, et plus prosaïquement y gagne-t-on quelque chose ?
La réponse à ces questions peut être donnée d’avance : non !!
D’ailleurs les acteurs n’ont pas la prétention ni le mauvais goût de jouer véritablement des
personnages imaginaires et irréels pour ne pas dire irréalistes…
Ils jouent décalé et continuent à être eux-mêmes.
La difficulté étant de réserver la juste part du mythe !
Gérard Lanvin y excelle (le mythe de San-Antonio tolérant l’implicite…). Jérémie Renier
(Toinet) n’ayant pas de vrai mythe à défendre est très convenable et naturel.
Les autres peinent malgré le talent que nous leur connaissons en général.
Alors bien sûr l’unité de ton “en prend un coup”, d’autant plus que le film vise alternativement plusieurs
publics. Pour ne citer qu’un exemple : la part allusive un peu précise (certains gags et certaines
répliques des San-Antonio, etc…) ne concernent que les lecteurs avertis de Frédéric Dard !
Mais alors qu’a-t-on vu dans ce film ?
Un sympathique pastiche du film policier, des San-Antonio aussi qui constituent un genre en eux-mêmes…
Fallait-il renoncer à cette tentative à la fois (presque) inédite, à ce film où
la connivence des acteurs qui s’amusent tient lieu de cohérence et qui a le mérite de vulgariser
l’univers fantastique et débridé des San-Antonio. |
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