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20 juin 2000
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| > American Psycho de Mary Harron avec Christian Bale, Reese Witherspoon et
Willem Dafoe |
Adaptation du roman éponyme de Bret Easton. Difficile voire impossible adaptation
? Certes, car Mary Harron a dû gommer de nombreux détails sanglants pour passer le cap de la censure
Hollywoodienne ( le film reste cependant interdit aux moins de seize ans) et force est de constater que les mots
du roman dépassent et surpassent les images du film. Ceux qui ont lu et apprécié le roman
trouveront que le film manque de liant ( en dehors de l'hémoglobine !) , d'argumentaire , de logique. Bref,
il est creux, il est raté ! . Et pourtant le travail de la réalisatrice Mary Harron permet de bien
dégager l'essentiel des années 80, des années Reagan, lorsque l'économie obtient droit
de cité et se décline sur un mode ultra-libéral. Emerge alors ces jeunes loups de la finance,
ces golden boys dont toute la vie est mobilisée par l'apparence. Mary Harron décrit très efficacement
ces jeunes homme, jeunes et hommes : deux variables bien discriminatoires : l'appartement vide, clean, rectiligne,
acier et blanc laqué ; les rituels de soins du corps et du visage, à défaut d'âme. Et
c'est la valse des marques, des logos , des slogans. Et tous ces jeunes finissent par se ressembler , se mélanger
à tel point qu'on les confond, qu'ils se confondent eux-mêmes. Ils n'ont pas d'identité. Tragique
et hilarant à la fois. Mais ces ressemblances n'empêchent pas, traduisent même, une course effrénée
à la différenciation. Une concurrence féroce, même si l'enjeu paraît futile, se
livre dans cette nouvelle classe de prédateurs. Et sous des visages lisses, liftés, (au propre et
au figuré !), des jalousies, des haines , l a psychose américaine , se développent, tels des
volcans au bord de l'éruption.
Eruption…réelle ou virtuelle ? |
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| > Fucking Amal de Lukas Modysson. |
Deux adolescentes dans un trou perdu de Suède : L'une, Elin, extravertie, provocatrice,
jouant de tous les excès : alcool, langage ordurier, pour casser son ennui et masquer des pudeurs et des
timidités pourtant bien réelles. L'autre, Agnès, secrète, silencieuse, exigeante et
exclue.
Un film très sensible et intéressant. Juste et émouvant. Lukas Modysson a une façon
efficace et personnelle de camper les désarrois de la sexualité naissante. Enraciné dans cette
Suède moins connue , le thème est intemporel. |
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| >He got the game de Spike Lee avec Denzel Washington. 2h26 |
Il y a le Spike Lee qu'on aime et qui décoiffe, celui de « Nola Darling »
et surtout celui de « do the right thing » où l'affrontement entre les blancs, italos , afro-américains
est d'abord latent puis apparent et dans lequel éclate le pessimisme de Spike Lee quant à la coexistence
pacifique possible des différentes communautés américaines .Ensuite c'est le film «
Malcolm X » qui consacre le réalisateur, une production très commerciale la reconnaissance
de ce jeune auteur par le grand Hollywood ,un tournant finalement fâcheux dans la carrière de Spike
Lee, comme si le succès populaire avait cassé son énergie et sa réflexion. Ou l'inverse
? .Certes, Spike Lee reste un faiseur d'images assez talentueux et on pourra apprécier dans ce dernier film
« he got the game » quelques scènes de ballon de basket tournant au ralenti autour du panier
dans le coucher de soleil irisé …mais soyons objectifs : le film est long, très long, (2h26), bavard,
ennuyeux, convenu, sans surprise.Où est passé notre Spike Lee, original, percutant, dérangeant
? |
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| > Petite chérie de Anne Villacèque avec Corinne Debonnière,
Laurence Février , Patrick Préjean. |
Elle a trente ans « notre petite chérie », elle vit sagement chez Papa
et Maman, elle s'habille comme une petite fille des années 60, jupe plissée et twin - set, ne se
maquille pas, sourit à peine, rarement et comme en grimaçant, vous ne pourrez jamais apercevoir ses
dents pendant toute la durée du film !. Elle travaille sagement à la banque , aussi terne et raide
au travail qu'à la maison, et le soir elle prend le train qui la ramène au lotissement où
toutes les habitations sont tellement identiques qu'on croirait un décor minimaliste de carton-pâte
( et pourtant Anne Villacèque a trouvé réellement ce lotissement dans la région d'Orléans
! tellement vrai, tellement faux !).Ses seules évasions sont les romans d ‘amour à l'eau de rose
et toute la collection Harlequin n'a plus de secrets pour elle.
Et Victor débarque dans cette « non-vie ». Il est beau, seul, S.D.F., sans scrupules, aventurier,
insatisfait.. Et Sibylle « tombe en amour ». Et paradoxalement Victor se niche comme « naturellement
» dans ce cocon . Paradoxalement ? Voire ! Car tout est prêt dans cette famille factice, psychotique,
pour l'accueillir. Il va être le révélateur de tous les faux-semblants, de toutes ces forces
perverses qui ont permis de rogner les ailes de cette pauvre Sibylle !
Et ce qui devait arriver…La chute vous étonnera..
Anne Villacèque réalise son premier long métrage . Elle était plutôt spécialiste
de documentaires. C'est un fait divers réel qui lui a donné l'argument de son film . Et c'est un
véritable document scientifique d'une psychose programmée qu'elle nous permet de comprendre . Un
film très prometteur. |
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| >Quelques informations complémentaires sur le festival de Cannes |
Composition du Jury : Luc Besson : Président. Membres du Jury : Nicole Garcia, Kristin
Scott-Thomas, Jeremy Irons, Patrick Modiano, Luc Dardenne, Claire Denis, Sowino//
Hommages rendus à : Robert Bresson, Luis Bunuel.
Grand Prix du Jury : Jiang Weng. « Les demains de Guizi Laî Li »
Palme d'or pour l'interprétation masculine : Tony Leung « in the mood for Love » de Wong Kar
–Waï.
Palme d'or pour l'interprétation féminine : Björk dans « Dancer in the dark » de
Lars von Trier.
Pour le même film : palme d'or de la réalisation. Lars Von Trier.
« La noce » de Pavel Loungrine : mention spéciale pour l'interprétation. |
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