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27 avril 2000
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| > Drôle de Félix d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau avec
Sami Bouajila , Pierre-Loup Rajot, Ariane Ascaride, Patachou… 1h35 |
Un film drôle et sensible sur un Félix, félin ( !), sensuel, drôle
et attachant…Et pourtant Félix concentre sur lui tous les handicaps sociaux : il est beur, homo, séropositif
, chômeur ! ! Mais le film est l’occasion d’une bonne claque aux mauvaises odeurs, aux a-priori de toutes
sortes . Car Félix vit bien, léger et généreux , il profite du temps qui passe, du
soleil qui réchauffe , des gens qu’il rencontre au hasard de sa route.
Et justement , il va traverser la France , de Dieppe à Marseille, en stop, à la recherche d ’ un
père hypothétique…Et à travers ses rencontres il se crée sa petite famille : son petit
frère, sa grand’mère, son cousin, sa sœur…
Félix est merveilleusement interprété par Sami Bouajila que nous avions pu apprécier
déjà dans « Bye, bye ! » et dans « nos vies heureuses ».
Et ce film, un film nécessaire , confirme le talent des deux réalisateurs que nous avions déjà
remarqué dans une comédie musicale sensible « Jeanne et le garçon formidable ».
Olivier Ducastel et Jacques Martineau trempe ce road movie comme la comédie musicale précédente
, dans le contexte actuel de sida , de chômage, de racisme, d’homophobie , d’exclusion… mais ici on tord
le cou aux clichés et tout devient possible : l’intégration , la liberté, la solidarité…Une
bouffée d’oxygène… |
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| > A l’attaque ! Un conte de l’Estaque. ..de Robert Guédiguian avec
Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Pierre Bauderet, Gérard Meylan., Pascale Robert..1h30 |
Le petit monde sympathique de Robert Guédiguian, celui de « A la vie ! à
la mort ! », celui de « Marius et Jeanette » …
Le cadre idyllique de l’Estaque, ces taches vertes , ocres , blanches …ombres et lumières chères
à Cézanne…et à Guédiguian.
La même équipe d’acteurs : Ascaride, Pascal, Darroussin , Meylan..
Et toujours ce « petit peuple », petit peuple de l’Estaque ? de Marseille ? de France ? …en l’occurrence
ici les « héros-résistants » de Guédiguian travaillent dur dans le petit garage
familial « Moliterno et Cie » guetté par la faillite. Problèmes concrets des petits confrontés
à la domination des grands : banquiers, entreprises multinationales…
C’est David contre Goliath, le Cœur contre l’argent…et qui va gagner ?
Guédiguian raconte une histoire….à l’intérieur de la Grande Histoire, celle de la lutte des
classes.
Un clin d’œil intéressant de Robert Guédiguian : le film met en scène deux co-scènaristes
écrivant ensemble l’histoire de ce film . Et les séquences , à peine écrites, sont
filmées, critiquées, reprises, corrigées…ce qui permet à Guédiduian à
la fois des auto-critiques et des réponses aux critiques habituelles qu’il reçoit : film trop politique,
irréaliste, utopique, le peuple ne parle pas ainsi….Beaucoup d’humour et de fraîcheur… |
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| >La parenthèse enchantée de Michel Spinosa avec Karin Viard,
Clotilde Couraud, Roschdy Zem, Vincent Elbaz. |
C’est Françoise Giroud qui avait trouvé cette formule heureuse pour désigner
la période se situant entre le début de la pilule et l’arrivée du sida, en gros le début
des années 70 et 1983.
Le film est parfaitement trempé dans les années 70 : Michel Spinosa peint avec une minutie très
scrupuleuse les styles de vie, les modes vestimentaires, les coiffures, la déco.. Il a réalisé
également un superbe travail d’archives pour recréer les scènes d’anthologie : les voyages
organisés vers l’Angleterre, le procès de Bobigny, les réunions du MLF ( mouvement de libération
des femmes) et du MLAC ( mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception) , le discours
fameux de Simone Veil pour arracher le vote de la loi pour l ‘interruption volontaire de grossesse…. C’est toute
une époque qui se déroule devant nous , avec ses désirs pour une sexualité accomplie,
pour le choix librement décidé de l’enfant , une décennie de tous les possibles , sensible
et volontaire dans ses générosités et ses outrances , encore à l’abri du sida…
Et pourtant , même si le film est très daté, les personnages dans leur désir d’amour,
leurs difficultés à se rencontrer, à s’avouer, à se comprendre , leurs questionnements
, sont parfaitement intemporels , universels. Personnages formidablement interprétés par Karin Viard
, Clotilde Couraud , Roshdy Zem , Voncent Elbaz.
Un film que tous doivent aller voir : ceux qui ont vécu cette « parenthèse enchantée
» et ceux qui n’ont fait qu’en entendre parler…parfois bien mal… |
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| > Le petit voleur d’Eric Zonca avec Nicolas Duvauchelle. 1H |
Esse est un adolescent apprenti chez un patron boulanger à Orléans. Tout le
révolte : les horaires contraignants, le boulot pénible, la paie misérable, le patron autoritaire…
Encore un retard, une remontrance du patron...et Esse décide de partir. Partir pour d’autres cieux : Marseille.
Partir pour une autre vie : s’intégrer dans la pègre. Il va rencontrer toute une hiérarchie
de bande : du petit caïd pervers au souffre -douleur. Et pour un paiement aléatoire et médiocre,
Esse fait les plus sales besognes : le ménage, la surveillance d’une prostituée , des casses… Et
il reçoit des coups, doit subir mille violences et sévices sexuels, des humiliations diverses… Finalement
il part. On le retrouve mitron dans une grande boulangerie industrielle, félicité par le patron qui
apprécie son exactitude et son travail, contacté par le délégué syndical de
la boîte …
Que veut nous dire Zonca ? Ce film sobre, une véritable épure , excellemment joué par le jeune
Nicolas Duvauchelle , force la réflexion sur les voies de l’intégration… |
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| > BROADWAY ,39 ème RUE ( Cradle Will Rock) de Tim ROBBINS avec John
Cusak, Joan Cusack, Bill Murray, Vanessa Redgrave, Susan Sarandon ; John Turturro, Emily Watson…. |
Un mot pour saluer le nouveau film de Tim Robbins , un peu touffu, un peu maladroit, peut-être
, mais cette fresque politique foisonnante , généreuse, vivifiante mérite d’être vue.
L’action se passe en 1936 : pour sortir de la grande dépression qui a jeté à la rue des millions
de travailleurs, Franklin Delano Roosevelt lance une politique de grands travaux ( le barrage du Tennessee notamment)
et ,pour les « intermittents du spectacle » , des fonds publics vont permettre au jeune Orson Welles
de monter une comédie musicale qui évoque la répression dans une petite ville sidérurgique
pendant que Diego Rivera peint une immense fresque dans l’atrium de l’immeuble de Rockfeller .
Le film a le mérite de nous remémorer les tensions politiques mondiales très vives de cette
période d’avant-guerre : entre droite et gauche, entre capitalisme et socialisme, entre guerre et paix …et
les tensions passent d’abord par la censure .
On supportera un film un peu long ( 2h13) et touffu pour la modernité de la réflexion qu’il suggère…et
pour la scène finale merveilleuse : la pièce ayant été interdite , les acteurs prendront
place dans un autre théâtre et chaque acteur chantera sa partition de sa place. Un exemple stimulant
de mobilisation, de courage contre les forces répressives. |
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| > LA VEUVE DE SAINT-PIERRE de PATRICE LECONTE avec JULIETTE BINOCHE, DANIEL
AUTEUIL, EMIR KUSTURUCA. |
Vers 1850, sur l’île de Saint-Pierre, Nil August ( interprété par Emir
Kusturica) a commis , un soir de beuverie, un crime. Il est condamné à mort. Mais sur l ’île
il n’y a ni bourreau, ni « veuve », c’est-à-dire pas de guillotine. En attendant il est placé
sous la garde du Capitaine (Daniel Auteuil). Lui et sa femme forment un couple passionnément amoureux, profondément
humaniste. Madame La ( pour Madame La Capitaine, admirable Juliette Binoche) pense qu’un homme n’est jamais irrémédiablement
mauvais. Très vite Nil devient le jardinier de Madame La, puis l’homme à tout faire de l’île
et de fait très populaire.
Une fresque très romanesque. Un beau film sur de beaux sentiments dans un cadre géographique, vaste,
sauvage. Un scénario brillant. Une réussite signée Patrice Leconte. |
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| > TUMBLEWEEDS ( LIBRES COMME LE VENT) de Gavin O’Connor. avec Janet Mc Teer,
Jay O.Sanders, Kimberly J Brown..1h42 |
Du point de vue des normes sociales en vigueur, cette femme, Mary Jo , qui collectionne les
maris, les amants depuis l’âge de 17 ans , est folle, instable et doit être un très mauvais
environnement pour sa fille. Et pourtant il y a tant d ‘amour, de confiance, de liberté dans cette relation
Mère - Fille qu’on comprend qu’il s’agit là d’une vraie chance pour la Vie. |
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| > DEUX NANARS ….à éviter absolument… |
SCREAM 3…
le premier « SCREAM » de la trilogie nous avait tous surpris agréablement : bâti comme
un thriller traditionnel, il en démontait les mécanismes et les ressorts avec beaucoup d’humour.
Mais les numéros deux et trois sont vides : pas de scénario, une indigence totale de construction
. L’hémoglobine et les cris ne peuvent en aucun cas remplacer les idées. Misère ! Mépris
des spectateurs ! N’y allez pas !
LE PROF
d’Alexandre Jardin.
Le point de départ est une question fondamentale : quel est le rôle de l ’ Ecole ? Doit-elle socialiser
les jeunes au point de les faire rentrer dans le moule qui leur permettra d ‘être opérationnels dans
le monde du travail …mais au détriment de leurs projets personnels, de leurs idéaux ? Ou doit-elle
mettre tout en œuvre pour permettre le jaillissement créateur qui est au cœur de chacun de nous ?
On renvoie dos à dos ces deux objectifs qui sont non seulement des poncifs mais des faux problèmes.
Alexandre Jardin reprend ce thème déjà largement et bien faussement abordé dans «
Le cercle des poètes disparus » mais ici on descend dans les abysses de la bêtise, de la méconnaissance
de la réalité de la vie lycéenne, des profs , des proviseurs. Affligeant ! Gênant !
Alexandre Jardin a l’âge de raisonner ses fantasmes ou devrait au moins avoir la pudeur de ne pas nous les
imposer ! Quand on décide d’écrire, on a le devoir de travailler son écriture et de se documenter
sur le thème abordé !
Nous déplorons le talent bien mal employé de Jean-Hugues Anglade, Yvan Attal et Hélène
de Fougerolles. |
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