|
|
 |
| >POUR UN RESPECT DES DROITS DE L’ENFANT DANS L’ADOPTION INTERNATIONALE (26
janvier 2000) |
Vote de deux amendements concernant un rapport datant du 2 décembre 99.
Rapport de la :
Commission des questions sociales, de la santé et de la famille
Rapporteur : M. Nicolas About, France, Groupe libéral, démocrate et réformateur. |
 |
 |
| >Résumé |
L’adoption internationale doit permettre à un enfant de trouver un père
et une mère dans le respect de ses droits. Il ne saurait y avoir pour des parents étrangers un droit
à l’enfant à tout prix. L’Assemblée condamne la transformation actuelle de l’adoption internationale
en véritable marché régi par les lois capitalistes de l’offre et de la demande. Pour éviter
les dérives mercantiles, les Etats membres du Conseil de l’Europe doivent souscrire aux principes posés
par la Convention de La Haye sur l’adoption et les respecter. Le Conseil de l’Europe doit affirmer son rôle
dans la défense et la promotion des droits de l’enfant et le traduire dans le secteur de la coopération
intergouvernementale, tout particulièrement en direction des nouveaux Etats membres.
Il y avait 21 orateurs inscrits à ce débat. |
 |
 |
| >Amendements |
Le premier amendement
présenté par Mme Vermot-Mangold
au nom de la Commission des migrations, des réfugiés et de la démographie
tient à ajouter un alinéa au projet de recommandation, libellé comme suit :
“réviser la Convention européenne sur la nationalité du 6 novembre 1997 afin de faciliter
l’acquisition de la nationalité du pays d’accueil pour un enfant étranger en cas de faillite de l’adoption
ou de rupture de la procédure d’adoption.”
Cet amendement est voté à l’unanimité ;
Le deuxième amendement
présenté par Mme Renate Wohlwend
au nom de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme.
Propose d’ajouter après les mots : “candidats à l’adoption internationale”, d’insérer l’expression
suivante :
“y compris les couples homo-parentaux”.
Une deuxième révision de l’amendement précisera :
“y compris les couples homosexuels”.
Cet amendement ne sera pas voté.
La question va être rediscutée en séance plénière.
Le ministre néerlandais soutient cet amendement, car explique-t-il, c’est une question débattue dans
son pays, qui estime qu’un couple n’est pas nécessairement marié.
Monsieur About, se montre très défavorable, car dit-il : “il ne s’agit pas d’adoption, mais d’adoption
internationale !” |
 |
 |
| >De nombreux problèmes sont soulevés dans ce rapport |
Extraits :
I. Projet de recommandation :
....
3. “Les pays d’accueil véhiculent une vision souvent déformée de la situation des enfants
dans les pays d’origine et de préjugés tenaces sur les bienfaits pour un enfant étranger d’être
adopté et de vivre dans un pays riche.
...invitant instamment les Etats membres :
V. À s’assurer de la capacité adoptive des candidats à l’adoption internationale, à
leur offrir une préparation approfondie et obligatoire comme étape préalable à cette
démarche et assurer un suivi notamment psychologique des enfants étrangers adoptés ;
Vii. À assurer le droit de l’enfant adopté de connaître ses origines au plus tard à
sa majorité et à éliminer de leurs législations nationales toute disposition contraire.
II. Exposé des motifs par le rapporteur.
(Lire le résumé plus haut)
...
Quelques données :
...
10. D’après l’Unicef, il y aurait dans le monde, 50 demandeurs pour un enfant disponible. Parmi les pays,
dits d’origine, on compte un certain nombre de pays membres du Conseil de l’Europe.
...
Abus et dérives de l’adoption internationale.
...
12. Des pressions sont exercées sur les autorités et sur les familles vulnérables des pays
en développement pour répondre à une demande toujours croissante, alors qu’ils n’ont pas de
procédures et d’infrastructures nécessaires, d’où l’émergence d’intermédiaires
mercantiles et de réseaux parallèles de type criminel...
...
La convention de La Haye et ses limites.
...
24. La Convention dépend évidemment de l’efficacité des autorités centrales. La Convention
ne couvre pas les aspects criminels des abus contre les enfants ; ces questions n’étant pas du ressort de
la conférence de La Haye.
Les droits de l’enfant étranger adopté
...
25. ...connaître le plus possible son identité réelle afin de se construire une personnalité
équilibrée.
...
27. Savoir si l’adoption internationale répond à l’intérêt supérieur de l’enfant
demande une compréhension totale des questions culturelles et ethniques impliquées. L’adoption internationale
signifie dans la plupart des cas des différences culturelles marquées entre parents adoptifs et l’enfant.
...
28. En France, récemment, les médias se sont faits l’écho des problèmes spécifiques
rencontrés lors de la grande vague d’adoption des années 80 : usage de drogue, suicides... L’enfant
adopté à l’étranger arrive souvent sans préparation, sans savoir ce qu’est l’adoption,
et souffre d’un sentiment de rejet qui trouve sa traduction dans l’adolescence. Les familles bien souvent ne connaissent
rien du vécu de leur enfant. L’enfant doit être aidé dans la recherche de ses racines et, pour
ce faire, éventuellement accompagné dans son pays d’origine. Une aide psychologique est bien souvent
indispensable pour guérir certains traumatismes.
...
30. ...On peut citer la position extrême de
l’association des travailleurs sociaux noirs des Etats Unis (NABSW) qui dénonce l’adoption “transraciale”
comme étant un génocide, car les adoptés n’ont plus aucune conscience, ni de fierté
de leur héritage et, pour cette organisation, les enfants noirs ne doivent jamais être placés
dans des foyers blancs.
31. Les chercheurs Nord-Américains s’accordent pour penser qu’une adoption des parents de la même
race est certes préférable à une adoption “transraciale”, mais cette dernière est plus
favorable à l’enfant qu’un placement en institution, l’enfant ayant avant tout besoin d’une relation stable
et continue avec des parents.
...
Conclusions.
...
40. Il convient de prêter assistance aux pays d’origine des enfants pour élaborer leur législation
sur l’adoption et les aider dans la formation du personnel de l’Etat et des agences et autres professionnels concernés
par l’adoption. Dans les pays d’accueil il faudrait assurer une préparation des parents à l’adoption
internationale et le suivi notamment psychologiques des adoptés étrangers
.... |
 |
 |
| >Commentaire et témoignage |
L’ intention de ce texte est très louable.
Il s’attache aux “droits de l’enfant”, dans le cadre de l’adoption internationale.
En effet :
- Une évaluation des futurs parents semble nécessaire, lors d’une démarche d’adoption. En
France, le Préfet délivre un agrément aux candidats, après constitution d’un dossier.
C’est loin d’être le cas dans tous les pays.
Une préparation à l’adoption, telle qu’elle est proposée ici est nécessaire, et pas
seulement pour une adoption internationale.
Il existe bien des préparations
à l’accouchement !
Et bientôt on en viendra à une école des parents obligatoire.
L’adoption, dans notre société capitaliste, lorsqu'elle transforme l’enfant en marchandise est une
dérive criminelle.
Néanmoins, une trop grande réticence à l’adoption internationale peut ressembler à
une peur pour les uns d’être colonisés, et pour les autres de voir un patrimoine génétique
s’infiltrer de façon incontrôlable. En un mot, cela relève du racisme.
Aucune “race” ne veut se mêler à l’autre, sous couvert de non-ingérence de la part des pays
ou ethnies riches, ou par peur de perdre son identité de la part des pays ou ethnies pauvres.
Il est dangereux de penser, qu'un enfant ne doit en aucun cas sortir de son milieu, même si on ne peut lui
offrir un avenir digne de ce nom.
Il n’empêche qu’une adoption, quelle qu'elle soit, commence par un abandon, une
rupture avec le milieu d’origine.
Les parents adoptifs, comme tous parents (et même bien plus!), ont à faire le deuil de l’enfant idéal.
Cela ne s’apprend pas. Il s’agit d’une expérience personnelle, qui demande un long cheminement... fait d'un
deuil et d'une acceptation. “N’est pire aveugle que celui qui ne veut voir, n’est pire sourd que celui qui ne veut
entendre ”.
Le parent adoptif est seul face à lui-même, à ses interrogations, à son passé,
conjugué à celui de "son" enfant, ainsi qu'à la pression des questions sans réponses
que lui posent les uns et les autres.
Un enfant n’est jamais issu du même milieu culturel que celui qui l’adopte, qu'il soit ou non de même
"race"...
Que dire à l'enfant "blanc", né sous “X”, qui recherche ses origines ? Il aimerait tant
croire qu'il est né d'une jeune fille de bonne société, séduite et abandonnée.
Mais qui osera lui “avouer” qu’il est le fruit d’un inceste ou d’un viol, qu'il a une mère droguée
et prostituée ?
Dans les pays, dits riches, c’est pourtant bien souvent le cas. L’enfant abandonné est toujours né
d’une histoire tragique.
On n’abandonne pas son enfant comme on jette un jouet, ni même comme on laisse un chien sur la route !!!
Qui se sent assez fort pour reconstruire une histoire cassée au départ ? Pourtant, cet enfant-là
a, lui aussi, le droit à la transparence sur ses origines.
Qui peut juger... de quoi ? L’entourage proche, n'étant pas préparé à l'adoption, doit-il,
lui aussi être éduqué ?
La dramatisation de l'adoption par les médias suscite, les éternelles questions, toujours blessantes
:
- On t’a trouvé dans une poubelle ?
- Tes parents t-ont payé combien ?
- Tu ne sais même pas d'où tu viens !
- On t’a volé à ta mère !!!
Les “professionnels de la profession”, qui eux, connaissent bien les familles d’origine, ne manquent pas de demander
aux parents adoptifs :
“Etes-vous vraiment satisfaits de vos adoptions ?”
“Pourquoi avez-vous adopté des enfants comme ça ???"
Comme quoi?: “A particularité”.
Une catégorie d’enfants, en somme... mais qui ne seront jamais considérés comme étant
les vôtres... ni tout à fait comme les autres...
Pour qui il faudra payer, aimer sans compter...
Il faut se garder de tout amalgame.
Certains enfants n’auront rien connu de mieux que l’adoption, même si des problèmes se posent...et
certains (pour ne pas dire, la plupart) des parents adoptifs, sont prêts à beaucoup donner d'eux-même
(souvent trop !)
Quelle est la solution miracle pour régler la misère dans le monde ?
Adopter un enfant privé de famille, n’est-ce pas moins grave que l'abandon, l'exploitation de l'individu
sous toutes ses formes, ou le racisme ?
Un être humain ne peut ni s’acheter, ni se vendre. Il s’agit donc, avant tout, de sensibiliser les candidats
à l’adoption à tous les pièges de cette “parentalité” pas comme les autres, qui ne
vous pardonne rien (et à qui “on” ne pardonne rien !) Et qui demande une énorme ouverture... sur
le Monde ! |
 |
 |
| > Les lecteurs ont la parole_! |
| Vous pouvez nous écrire, engagez vous dans le débat...
Vous pouvez nous écrire. N'oubliez pas de de préciser à quel article vous faites
référence. |
 |
..
|
| L'EUROPE A STRASBOURG |
| >Article |
 |
|