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| > Des scandales et des inquiétudes |
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L'encéphalite spongiforme, la "maladie de la vache folle" n'aurait jamais
dû atteindre l'homme. Mais l'industrie agro-alimentaire, dans un souci de rentabilité, a pensé
pouvoir recycler des carcasses de moutons en farines servant d'aliment aux bovins, devenus malgré eux carnivores
! Et le prion put migrer du mouton atteint de la "tremblote" à la vache puis à l'amateur
de hamburgers...
Comment les poulets peuvent-ils être contaminés par la dioxine? Les élevages industriels utilisent
comme nourriture des huiles végétales. Là encore, c'est l'appât du gain qui a poussé
un fabriquant de ces aliments à y mélanger de l'huile de vidange et des boues d'épuration...
Le cas des Organismes Génétiquement Modifiés (pour un mailleur rendement,une meilleure résistance
aux maladies et aux parasites) est un peu différent : nous n'avons pas le recul nécessaire pour affirmer
avec certitude que ces produits sont sans danger. Et là encore des fortunes sont en jeu.
Le consommateur européen a donc toutes les raisons d'être perplexe et inquiet devant les étals
des marchés ou les linéaires des supermarchés. |
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| > Une dérive inévitable de l'économie de marché |
Dans une économie libre, c'est la perspective du profit qui guide les décisions.
On ne peut pas s'attendre à ce que des dirigeants d'entreprise, soumis à la pression de leurs actionnaires,
renoncent d'eux-mêmes à des opportunités de gains pour des raisons de santé publique.
Car si le marché est en général efficace, il est aussi amoral. Le décideur considérera
les cas de maladie engendrés par son activité comme des aléas évalués à
leur risque financier. Il faudra peut-être assumer des procès, verser des indemnités, mais
tout cela est sans importance tant que la rentabilité n'est pas compromise. Ainsi, malgré de nombreux
procès, les fabricants de cigarettes américains continuent-t-ils à gagner de l'argent... |
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| > De la nécessité des règles |
"Laissez faire, laissez passer", selon la formule d'Adam Smith..., mais nous avons
vu ce que devient un marché sans règles! Encadrer le marché suppose une volonté politique,
car seul le pouvoir politique peut s'opposer aux intérêts privés lorsque ceux-ci mettent en
danger la santé piblique. En démocratie, le pouvoir politique exprime la volonté de tous,
alors que le pouvoir économique ne reflète que celle des actionnaires signifiants (pas les"petits
porteurs"), appuyés éventuellement par des intérêts catégoriels (le planteur
de tabac ne veut pas entendre parler de cancer du poumon...).
Pour sécuriser davantage le marché alimentaire, deux possibilités existent :
- améliorer la transparence du marché, c'est-à-dire l'information du consommateur. Un étiquetage
complet, permettant le suivi du produit et le traçage de certaines substances comme les OGM, offre à
celui-ci la possibilité de faire ses choix en connaissance de cause. Un produit qui ne trouve pas d'acheteurs
disparaît rapidement des étalages... Ainsi les consommateurs américains marquent déjà
leur réticence face aux OGM (Le Monde, 2sept. 1999).
- soumettre la mise sur le marché à une autorisation préalable, comme c'est le cas pour les
médicaments. |
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| > Le rôle du Parlement Européen |
L'Union Européenne constitue un grand marché où les biens circulent
librement. Du moins en théorie, car dans bien des domaines subsistent des législations hétéroclites...
La Commission s'attache principalement à lever les obstacles à la libre circulation, au risque de
voir s'imposer et se généraliser la position des "moins-disants" en terme de qualité
et de sécurité alimentaire (quelle proportion de cacao doit contenir le produit que l'on va vendre
sous le nom de chocolat?).
Le Parlement Européen, seul organe de l'Union à être démocratiquement élu, exerce
sa pression sur la Commission de Bruxelles. Dans une résolution adoptée le 22 juillet 1999, le Parlement
invite la Commission à davantage de vigilance. Il faut renforcer les contrôles des aliments pour animaux,
car des résidus de boues d'épuration ont été utilisées bien que cela soit interdit!
Une autre proposition vise à la création d'une Agence pour la sécurité alimentaire
sur le modèle de la Food and Drugs Agency américaine. Ce souhait a été entendu par
la Commission, puisque le Président Prodi s'est exprimé récemment dans le même sens.
Le Parlement souhaite être étroitement associé à la mise en place de cet organisme.
Le Parlement a également été consulté sur une proposition d'étiquetage du boeuf
et de ses produits dérivés: il faut mettre en place un système d'information fiable, de manière
à rassurer le consommateur, en précisant pour chaque animal, son lieu de naissance, son sexe, la
méthode d'engraissement, la date d'abattage, le pedigree ainsi que les antibiotiques et stimulants administrés.
En ce qui concerne les OGM, un accord entre le Parlement et le Conseil a permis d'aller au-delà de la proposition
de la Commission et d'imposer des tests permettant de mettre en évidence les produits génétiquement
modifiés et de le mentionner clairement.
En mobilisant le Parlement Européen, les récents scandales alimentaires auront peut-être fait
avancer un (tout petit) peu la démocratie dans l'Union Européenne... |
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