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18 janvier 2003
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| >"Toutes les langues ne sont pas porteuses des mêmes valeurs"
(Jacques Legendre) |
L'assemblée parlementaire de la Francophonie, née d'une idée du Président
Léopold Senghor, regroupe plus de soixante parlements d'Etats
et de communautés de langue française d'Europe, d'Amérique, d'Afrique et d'Asie. Son bureau
s'est réuni ce mercredi 15 janvier dans les locaux du Conseil de l'Europe à Strasbourg. Au cours
de cette réunion, M. Pat Cox,
Président du Parlement européen est venu s'exprimer sur la place du français et sur la question
du multilinguisme au sein des institutions de l'Union européenne.
Lors de la conférence de presse qui a suivi, Mme Louise Harel, Présidente de l'APF et Présidente de l'Assemblée nationale
du Québec, et M. Jacques Legendre, Secrétaire général de l'APF, Sénateur français et membre
de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, se sont dits préoccupés par les menaces
qui pèsent sur le multilinguisme dans l'Union européenne.
En prétextant les coûts et la lourdeur des travaux de traduction, qui ne manqueront pas de s'accroître
encore avec l'élargissement, les institutions européennes ont tendance à imposer une langue
unique, l'anglais. Le français risque ainsi de ne plus être entendu dans l'hémicycle de Strasbourg,
et de ne plus être nécessaire pour la publication des directives européennes. Déjà,
la réforme le brevet européen ne rend plus obligatoire l'usage de la langue du pays où se
fait le dépôt. L'Assemblée parlementaire de la Francophonie pèsera de tout son poids
pour que ce texte ne soit pas ratifié par la France.
Si le français régresse dans les institutions européenne, il risque de perdre son statut de
langue internationale. Car cela aura indéniablement des répercussions sur les autres continents :
pourquoi continuer à étudier le français en Afrique ou en Asie, quand la seule langue de la
diplomatie reste l'anglais ?
Le monolinguisme porte en lui la "pensée unique". "Toutes
les langues ne sont pas porteuses des mêmes valeurs"
rappelle Jacques Legendre.
Si l'anglais devient la langue unique pour la rédaction des actes juridiques en Europe, c'est alors également
la conception anglaise du droit qui s'impose.
L'APF se mobilise donc en faveur du français, mais aussi plus généralement en faveur de la
diversité linguistique. Si le Conseil de l'Europe apparaît assez ouvert et sensible à ces questions,
les paroles de bonne volonté de M. Pat Cox n'ont pas suffi à convaincre qu'il en était de même pour l'Union
européenne. L'APF en appelle donc à l'Union européenne et à la Convention européenne
pour qu'elles se préoccupent de la question linguistique.
"Nous exigeons que le français garde toute sa place
dans l'Union européenne, tant comme langue de travail interne que comme langue de relatons internationales.
Comme ont su le faire les 43 pays du Conseil de l'Euope, il est possible pour l'Union européenne, en reconnaissant
le droit à chaque citoyen d'un pays d'Europe de s'exprimer et d'être informé dans sa langue,
et en recourant à un système de langues pivots et de langues de travail, de concilier diversité
et efficacité." (APF, Déclaration de Strasbourg) |
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