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7 juin 2003
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| >"Si vous ne faites pas la guerre à la pauvreté, celle-ci
vous la fera..." |
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Abdelaziz Bouteflika
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Ce
mardi 3 juin, M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne démocratique
et populaire s'est exprimé devant les députés européens réunis en session à
Strasbourg. C'est la première fois qu'un Président d'Algérie s'adresse ainsi au Parlement
de l'Union européenne. Et c'est dans des circonstances dramatiques, après le tremblement de terre
qui vient de frapper ce pays. Une minute de silence a été observée en l'honneur des défunts
et de leur famille.
Tout en remerciant les pays de l'Union européenne pour leur solidarité, M. Bouteflika a fait état
des attentes d'un pays du sud, confronté à la mondialisation et aux fractures économiques
et sociales qu'elle entraîne, et qui a connu, bien avant le 11 septembre 2001 et dans l'indifférence
générale, le cauchemar du terrorisme.
L'Algérie est un partenaire commercial important de l'Union, et M. Bouteflika a marqué son attachement
à la coopération entre son pays et le continent européen. L'Accord d'association signé
le 22 avril 2002 à Valence, en Espagne, constitue la base d'une relation nouvelle et durable.
Les facteurs d'instabilité sont nombreux, qui risquent de creuser la fracture entre les deux rives de la
Méditerranée, le projet euro-méditerranéen, qui a pour but d'assurer la stabilité
et la sécurité dans tous le bassin méditerranéen, a créé de grands espoirs.
Mais aujourd'hui l'Union européenne regarde vers l'Est. "Je
demeure persuadé, pour ma part, que l'élargissement de l'Europe devrait constituer une source d'inspiration
politique précieuse pour imaginer des concepts audacieux de coopération entre l'Europe et les pays
du sud de la Méditerranée, et apaiser les craintes légitimes d'un risque de "distanciation"
de l'Europe par rapport à ses voisins du sud" déclare
M. Bouteflika.
La mondialisation, rappelle M. Bouteflika, n'a pas permis à ce jour aux pays du sud de connaître la
croissance et le développement, et ce malgré les sacrifices consentis. "La
fracture entre pays riches et pays pauvres s'élargit de plus en plus. Elle est aujourd'hui source de misère,
de violence et d'intolérance, accompagnées d'autres fléaux sociaux tels que l'exode rural
et les migrations." Si l'Algérie est prête à
se lancer dans une mutation économique, elle ne pourra le faire sans l'apport, et notamment les flux d'investissement,
de l'Union européenne.
L'Algérie est depuis plus de dix ans confrontée au terrorisme. "Si
la solidarité internationale s'est spontanément et généreusement manifestée
lors des catastrophes naturelles, le peuple algérien a vécu en revanche avec le sentiment d'être
abandonné à son sort pendant tout le temps qu'il était soumis aux exactions, aux destructions
et aux massacres d'un terrorisme qui, pour comble de cruauté, entendait se parer de motivations religieuses", constate M. Bouteflika. Il a fallu attendre les attentats du 11 septembre 2001
aux Etat-Unis pour que le monde prenne conscience de la menace. Pour M. Bouteflika, il faut s'attaquer aux racines
du mal, c'est-à dire à la pauvreté qui génère la violence.
M. Bouteflika estime que l'amélioration de la situation en Algérie est liée à la volonté
de consolider le processus démocratique, de favoriser l'essor de la société algérienne,
et de réformer la Justice dans un souci de respect des droits de l'homme. |
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