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5 juillet 2000
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| >"L'engagement de Strasbourg"... |
Ce
mardi 4 juillet,
l'hémicycle du Parlement européen affiche complet.
Le nouveau Président du Conseil de l'Union européenne, Jacques Chirac est venu se présenter aux parlementaires, qu'il "s'était engagé à associer (...) pleinement aux travaux de (la ) Présidence
de l'Union". Car "désormais,
c'est en pleine lumière que doit se poursuivre la discussion au sein de L'Union. Et naturellement, ici,
au Parlement européen", a-t-il exprimé dans
son discours.
Des remous, cependant, avant même son arrivée, laissaient entendre que le consensus n'était
pas acquis. "Ce n'est pas au nouveau Président de nous dire où nous devons siéger!"
Mais dans le discours du "nouveau Président", point de mots qui fâchent. Les deux grands
tabous : "Strasbourg" et "Constitution" n'ont pas été prononcés.
Et, si le Président de la République française s'est montré résolument européen
et ambitieux pour l'Europe, "les questions de fond n'ont pas
été abordées", d'après Messieurs
François Bayrou
et Alain Madelin.
Le premier déplore l'imprécision du discours: "Pour
être maçon, il faut avoir un plan d'architecte. Nous avons besoin d'un architecte pour l'Europe", a-t-il expliqué aux journalistes dès sa sortie de l'hémicycle.
Quant au deuxième, il a évoqué un "esprit
de Samaritaine, ou de catalogue", en déplorant "que le Chef d'Etat soit passé à côté de l'essentiel."
Pourtant, Monsieur Jacques Chirac
a évoqué quatre grands points:
- Préparer l'Union à son élargissement.
- Mettre davantage l'Europe au service de la croissance, de l'emploi et du progrès social.
- Rapprocher l'Union des citoyens, pour faire vivre un projet commun dans les coeurs.
- Affirmer la place de l'Europe dans le monde.
Dans le cadre du premier axe de son discours, le nouveau Président de l'Union a énuméré
plusieurs principes essentiels à la constitution d'une Europe juridique.
Le principe de subsidiarité qui consiste à traiter à l'échelle de l'Europe ce qui ne peut pas être
traité à l'échelle nationale, en se gardant de se mêler des affaires internes aux pays.
Parmi les points incoutournables de la réforme des Institutions européennes qui "constitue, ...l'un des tout premiers enjeux"
de la nouvelle Présidence: la composition de la Commission, la
repondération des voix ( une nouvelle répartition
des voix par pays pour les votes du Conseil), avec l'extension du vote à la majorité qualifiée (plus
de droit de veto, susceptible de bloquer les décisions.)
Du concret, donc.
Au sujet du deuxième axe, il a rappelé que l'objectif de croissance de 3% fixé lors du Conseil
européen de Lisbonne en mars dernier, doit permettre de retrouver le plein-emploi dans l'Union.
Il faut, dit Jacques Chirac,
mettre "l'Europe au service des peuples"..." et un
engagement plus vigoureux dans la lutte contre toutes les formes d'exclusion, notamment face aux nouveaux défis
de l'économie de la connaissance." Il affirme à
nouveau son attachement à un "modèle social européen", ..."dans des domaines
aussi importants que la protection sociale, l'association des travailleurs aux décisions de l'entreprise,
la conciliation entre vie sociale et professionnelle, ou encore la formation tout au long de la vie."
Jacques Chirac a
ensuite évoqué l'Euro, ainsi que les nouvelles technologies, qu'il convient de rendre accessibles
à tous, pour "éviter que se creuse un fossé
numérique" en favorisant notamment le raccordement
de toutes les écoles européennes à l'Internet d'ici la fin 2001.
Aucun thème n'a été absent du discours: la biotechnologie, la Santé Publique, la protection
des consommateurs, l'agriculture, l'environnement, en terminant par le secteur de la justice et des affaires intérieures.
Monsieur Jacques Chirac
a développé en dernier lieu le quatrième axe de la Présidence qui est celui d'une Europe
forte et présente sur la scène internationale. |
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| >"Après les six mois de cette présidence, l'Union européenne
ne sera plus jamais la même"... |
C'est ce qu'à affirmé à pusieurs reprises le Chef d'Etat
français.
En répondant aux questions des orateurs, Jacques Chirac s'est montré résolument "social", en soutenant sa volonté
"d'adapter le service public par l'égalité des droits et des chances, mais pas dans un souci
de rentabilité". Il a précisé son point de vue en donnant l'exemple d'une population
rurale pauvre, qui "doit disposer des mêmes droits que les habitants des grandes avenues parisiennes."
"Nous ne regardons pas l'Europe avec les mêmes lunettes", a-t-il répondu à Charles
Pasqua.
Et en parlant de Monsieur de Gaulle (extrême
droite) : "il y a un seul droit que je ne lui reconnais pas,
c'est de parler au nom du Général de Gaulle."
Il est revenu sur la Charte des droits, en tant que Convention donnant des valeurs, des principes et des droits exprimés
clairement.
Plusieurs orateurs ont évoqué l'inclusion de la Charte dans les Traités.
Enfin, le Président Chirac
s'est expliqué sur le différent au sujet d'une "fédération européenne":
"Le mot allemand donne lieu a des malentendus en français, qui ont dégénéré
en polémique." Et citant Georges Pompidou: "il n'aimait pas les polémiques inutiles et avait coutume de dire
qu'une fédération était une confédération qui avait réussi". Avec
une sagesse cantalienne qui lui collait à la semelle", s'est-il senti obligé d'ajouter avec
humour.
Brillant, spirituel : du grand art, même dans l'improvisation. Le discours du nouveau Président de
l'Union européenne a été très applaudi, tout particulièrement par la Gauche.
Mais a soulevé la rage des "non inscrits", décriés par Monsieur Cohn-Bendit.
Si le Général de Gaulle n'avait pas lieu d' être fier de son neveu, il pouvait s'estimer superbement
"revisité" par sa descendance politique. |
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