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| > Grandes manoeuvres |
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Le premier coup de tonnerre a secoué le milieu politique autrichien en octobre 1999:
Le parti autrichien de la liberté (Freiheitliche Partei österreich) dirigé par un Jörg
Haider en pleine ascension obtenait 26.9% des suffrages à l’occasion des élections législatives.
Le parti social-démocrate (SPÖ) obtenait 33,2%, le parti populaire autrichien (ÖVP) (conservateur)
en obtenait 26,9% et les Verts 7.4% . Ce bouleversement grave de l’échiquier politique a été
fatal à la coalition gouvernementale réunissant les sociaux-démocrates et les conservateurs.
Pis encore, il a placé Jörg Haider en position d’arbitre. En l’état actuel, les accords de coalition
ont été dénoncés par les sociaux-démocrates qui sont encore au pouvoir mais
plus pour longtemps. Divers scénarios ont été envisagés : celui du gouvernement social-démocrate
minoritaire a rapidement été voué à l’échec. L’autre semble de plus en plus
probable : une alliance entre conservateurs et extrême droite. Les négociations visant à la
formation d’une coalition gouvernementale sont en cours et semblent se concrétiser.
Entre temps, toute l’Europe s’est mobilisée. Aux dernières nouvelles, elle menace de mettre l’Autriche
en quarantaine si Haider devait entrer au gouvernement. Voici la réaction de Hans-Gert Poettering , président
du groupe du parti populaire européen sur les négociations entre le parti ÖVP et le FPÖ
:
“ La considération la plus importante lorsqu’il s’agit de porter un jugement sur la possible formation d’un
gouvernement ÖVP et FPÖ est la pérennité d’une politique cohérente et convaincante
en faveur de l’intégration européenne. Le programme de gouvernement doit inclure un engagement sans
réserve à la dignité et à la tolérance envers tous les peuples. Je suis confiant
que Wolfgang Schüssel et son parti, le Parti populaire autrichien sauront garantir ces principes. L’Autriche
a besoin d’un gouvernement stable. Par conséquent, un accord de coalition clairement libellé est
de la plus grande importance ”.
Libre à chacun d’apprécier… |
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| > Mais, au fond, qui est ce fameux Jörg Haider? |
Qualifié par la presse germanophone de “populiste de droite”, Jörg Haider surfe
aujourd’hui sur une importante vague de popularité. Les derniers sondages le créditent de 33% des
suffrages ce qui place son parti en tête de toutes les formations politiques du pays. Il tire à la
fois bénéfice de l’usure des différents partis qui se sont succédés et sait
jouer sur les angoisses d’un peuple: crainte de l’immigration (alors que ce phénomène est relativement
marginal), crainte de l’Europe (pourtant, les Autrichiens se sont prononcés en faveur de l’adhésion
à l’Union à 60% il y a quelques années). Jörg Haider est un personnage qui séduit
: fringant quinquagénaire, dynamique, sportif, élégant, vêtu de costumes italiens mais
aussi toujours attaché aux bonnes vieilles traditions, il n’a pas la tête d’un pit-bull ni la manière
de faire des nazis. Il n’arbore pas d’airs paramilitaires et pourtant, le discours est là : démagogique,
injurieux, xénophobe, anti-européen, il ne cache pas son admiration pour le troisième Reich…
Rappelons que l’Autriche a aussi un passé assez peu reluisant sur le plan du nazisme et n’a pas fait un
travail de fond sur ces pages sombres de l’histoire comme l’Allemagne. Il est vrai que ce pays a été
le berceau d’un petit brun à moustache qui voulait élever la race des grands blonds aux yeux bleus...
Il faut certes respecter le choix démocratique d’un peuple, même s’il cède aux sirènes
populistes. Mais n’empêche, cela fait froid dans le dos. |
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