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14 décembre 1999
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| > Ils étaient venus, ils étaient tous là ! |
Gauche, droite et “non-inscrits”. Tous les parlementaires étaient présents
pour la Grand’messe franco-européano-strasbourgeoise qu’a été l’inauguration du Bâtiment Louise Weiss, aussi nommé IPE IV pour les intimes et Palais du Parlement Européen
pour les autres.
Quelques visiteurs européens, quelques élèves du primaire, les élus de la ville, quelques
représentant d’ONG, tout ce qui fait une inauguration présidentielle.
Nous n’avons pas échappé aux revendications contre le palais à Strasbourg. “Un pied à
terre à 120. 000. 000 euros”, ont édité les "Bonini", qui se verraient plus volontiers
à Aix en Provence et avec le TGV, s’il vous plaît (là on les comprend)! Le soleil compris dans
les primes.
Pas de cohue toutefois, et cela montre le peu d’intérêt accordé à une institution majeure
pour l’avenir. (Mais peut-être moins pour les élus au suffrage universel).
Après le mot de Nicole Fontaine, Présidente européenne, qui tel un coquelicot, se détachait
de la grisaille ambiante en ayant osé le tailleur rouge vif, ce fut au tour de notre Président national.
(On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec un couple politique proche, et dont la distribution
des rôles s’est opérée de manière presque similaire.)
Discours bien tourné, parfait d’intelligibilité. Ni trop long, ni trop bref, déclamé
sur un ton parfait de rythme, de tessiture, d’ampleur et de modestie.
Il a d’ailleurs était salué par la critique.
Même Pasqua interrogé a répondu : “Son discours était bon, surtout pour qui sait ce
qu’il pense de l’Europe.” Et, pan dans les dents.
Bayrou a applaudi des deux mains et “susurré” (selon ses propres termes), son départ proche.
On n’a pas échappé à la banderole : “mort aux vaches-Anarchiste-Georges Brassens”, tenu par
de respectueux italiens du groupe???, sur un air de biniou. Gag ou réalité ?
Harlem Désir était présent, talonné par Notre Vert-Rouge (Dany!).
Ils arboraient tous deux un brassard blanc: “Tchétchénia. S.O.S.” |
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| > Mais revenons aux termes du discours |
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Après avoir évoqué Louise Weiss : européenne, alsacienne et féministe
convaincue de la première heure. Jacques Chirac se réjouit de ce que le Parlement ait pu montrer
en juin 99, qu’il avait du pouvoir, en dissolvant la commission qui avait fauté !
Applaudi lorsqu’il clama : “adoptons un véritable statut des députés...” “Tout cela aiderait
nos concitoyens à mieux se reconnaître dans leurs représentants...”
Le message est clair : il faut éduquer les jeunes Européens à penser Europe et mobilité
au sein de l’Union.
“Nous emporterons l’adhésion en privilégiant ce qui nous rapproche. Une certaine idée de l’homme,
de sa liberté, de sa dignité, de ses droits. Un modèle social, ancré dans notre histoire
commune et fondé sur une tradition de négociation collective, une protection contre les aléas
de l’existence, un Etat garant de la cohésion sociale.
Voilà pourquoi la France souhaite que, sous sa présidence, soit adoptée la Charte des droits
fondamentaux de l’Union Européenne. Votre Parlement jouera un rôle essentiel dans son élaboration,
aux côtés des Etats et des Parlements nationaux. Et ce texte, avec ses droits et ses devoirs, donnera
son cadre, ses références, son “corpus” à la "citoyenneté européenne”.
Il reprend plus loin :
“Avant d’ouvrir sa porte, l’Union devra réformer ses institutions. Le chantier que nous avons commencé
à Helsinki est nécessaire” ;
Il poursuit :
“ L’Union est déjà le premier ensemble économique et commercial de la planète. Elle
s’est dotée de l’euro, l’autre grande monnaie, au côté du dollar. Elle a affiché sa
cohésion... et sa capacité à défendre ses intérêts et son modèle,
d’une seule voix, lors des discussions de l’OMC à Seattle.”
C’est la France qui présidera
l’Union l’an prochain, institution qui est plus particulièrement
en charge de la politique étrangère et de la défense.
Comme le précise plus tard jacques Chirac : “Même les plus audacieux des pères fondateurs n’avaient
pas imaginé l’Euro.”
Puis il nous rappelle que la Renaissance qui a duré cinq siècles, était déjà
l’union de l’Europe des esprits, que le choc des nationalismes a cassée en la précipitant dans deux
grandes guerres.
Plus concrètement, les citoyens comprendront l’Europe lorsqu’ils auront des “euros” dans leur porte-monnaie,
et cela ne fait aucun doute.
Il conclut :
“Ainsi, va l’Europe. Plus vite et plus loin qu’on ne le dit. Le XXIe siècle verra, j’en suis sûr,
l’affirmation d’une Europe humaniste et prospère, puissante et pacifique, au premier rang des acteurs sur
la scène mondiale. Oui, le XXIe siècle sera celui d’une renaissance européenne”.
On passe à l’instant solennel de la découverte de la stèle, au nom de Louise Weiss, sous “l’ode
à la joie” de Beethoven, joué par un orchestre de cuivre.
En mesurant le chemin parcouru depuis le “sommet des 40 chefs
d’Etats” en octobre 96, on se prend à espérer. Personne ne donnait cher de “ses Pompes” politico-médiatiques.
Boudées d’ailleurs par les médias.
Il est vrai que pour que Strasbourg parvienne à dorer son image, sans que sa grande (demie) soeur et capitale
n’en prenne ombrage, il va falloir du temps.
Aux Alsaciens de revendiquer leur appartenance à cette Europe qu’ils représentent au premier chef,
et d’enterrer les vieux complexes. Acceptant, une fois pour toute, de porter un regard critique et objectif sur
leur passé. A eux de trouver une nouvelle appartenance à un pays, une nation, un état. Une
nouvelle chance leur est donnée de montrer la voie ! |
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